The Fort Worth Press - Pour la rhubarbe forcée, qui pousse dans le noir, le printemps arrive en janvier

USD -
AED 3.672504
AFN 64.000368
ALL 80.878301
AMD 368.276037
ANG 1.789884
AOA 918.000367
ARS 1391.78814
AUD 1.37836
AWG 1.8025
AZN 1.70397
BAM 1.65809
BBD 2.008732
BDT 122.377178
BGN 1.668102
BHD 0.376584
BIF 2968.504938
BMD 1
BND 1.264635
BOB 6.891611
BRL 4.915095
BSD 0.997329
BTN 94.180832
BWP 13.389852
BYN 2.818448
BYR 19600
BZD 2.00585
CAD 1.36715
CDF 2265.000362
CHF 0.776755
CLF 0.022636
CLP 890.873638
CNY 6.80075
CNH 6.796265
COP 3727.014539
CRC 458.479929
CUC 1
CUP 26.5
CVE 93.480565
CZK 20.636704
DJF 177.601628
DKK 6.340404
DOP 59.310754
DZD 132.326735
EGP 52.579797
ERN 15
ETB 155.726591
EUR 0.84804
FJD 2.18304
FKP 0.733957
GBP 0.733272
GEL 2.67504
GGP 0.733957
GHS 11.234793
GIP 0.733957
GMD 73.503851
GNF 8750.794795
GTQ 7.614768
GYD 208.672799
HKD 7.83165
HNL 26.513501
HRK 6.393304
HTG 130.575219
HUF 300.190388
IDR 17377.45
ILS 2.901304
IMP 0.733957
INR 94.425504
IQD 1306.515196
IRR 1311500.000352
ISK 122.010386
JEP 0.733957
JMD 157.187063
JOD 0.70904
JPY 156.678504
KES 128.803357
KGS 87.420504
KHR 4001.526006
KMF 418.00035
KPW 899.983822
KRW 1461.810383
KWD 0.30766
KYD 0.831164
KZT 460.946971
LAK 21871.900301
LBP 89311.771438
LKR 321.097029
LRD 183.01047
LSL 16.361918
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.306642
MAD 9.121445
MDL 17.054809
MGA 4165.995507
MKD 52.257217
MMK 2099.83295
MNT 3581.379784
MOP 8.041456
MRU 39.863507
MUR 46.820378
MVR 15.403739
MWK 1729.049214
MXN 17.177604
MYR 3.921039
MZN 63.910377
NAD 16.361918
NGN 1365.000344
NIO 36.700437
NOK 9.209304
NPR 150.68967
NZD 1.682794
OMR 0.384681
PAB 0.997329
PEN 3.448264
PGK 4.404222
PHP 60.515038
PKR 277.958713
PLN 3.59545
PYG 6092.153787
QAR 3.645458
RON 4.426304
RSD 99.504048
RUB 74.053665
RWF 1462.082998
SAR 3.767486
SBD 8.019432
SCR 14.874401
SDG 600.503676
SEK 9.215704
SGD 1.267404
SHP 0.746601
SLE 24.650371
SLL 20969.496166
SOS 569.963122
SRD 37.399038
STD 20697.981008
STN 20.770633
SVC 8.727057
SYP 110.56358
SZL 16.351151
THB 32.203038
TJS 9.305159
TMT 3.5
TND 2.896867
TOP 2.40776
TRY 45.347504
TTD 6.759357
TWD 31.316038
TZS 2598.109449
UAH 43.809334
UGX 3737.018354
UYU 39.777881
UZS 12097.83392
VES 499.23597
VND 26308
VUV 118.45862
WST 2.707065
XAF 556.107838
XAG 0.012445
XAU 0.000212
XCD 2.70255
XCG 1.797465
XDR 0.69162
XOF 556.107838
XPF 101.106354
YER 238.625037
ZAR 16.38071
ZMK 9001.203584
ZMW 18.98775
ZWL 321.999592
  • AEX

    -1.9400

    1017.5

    -0.19%

  • BEL20

    -6.5600

    5463.32

    -0.12%

  • PX1

    -89.4000

    8112.57

    -1.09%

  • ISEQ

    -222.6400

    12721.67

    -1.72%

  • OSEBX

    -8.9100

    1970.28

    -0.45%

  • PSI20

    -66.6800

    9067.26

    -0.73%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -6.0000

    3992.65

    -0.15%

  • N150

    -9.6600

    4189.18

    -0.23%

Pour la rhubarbe forcée, qui pousse dans le noir, le printemps arrive en janvier
Pour la rhubarbe forcée, qui pousse dans le noir, le printemps arrive en janvier

Pour la rhubarbe forcée, qui pousse dans le noir, le printemps arrive en janvier

Dans la pénombre, Robert Tomlinson cueille des tiges de rhubarbe dite "forcée", à la lumière de la bougie. Depuis quatre générations, sa famille perpétue cette tradition dans le nord de l'Angleterre, malgré des menaces comme le réchauffement climatique.

Taille du texte:

Dans le hangar de la ferme familiale à Pudsey, près de Leeds, des centaines de plants d'un rose vif se dressent vers le plafond.

La température est d'environ 14 degrés et l'obscurité quasi totale.

Seul le craquement des pétioles (tiges) prélevés d'un geste expert et le vrombissement intermittent du chauffage viennent perturber le calme quasi religieux.

Avec cette douceur de l'air, "on leur fait croire que c'est le printemps" raconte Robert Tomlinson, 41 ans, slalomant entre ses plants de rhubarbe forcée qui bénéficient d'une appellation d'origine protégée (AOP).

L'obscurité a elle aussi une explication: "Comme il n'y a pas de lumière, la plante ne peut produire de chlorophylle et le sucre va dans la tige plutôt que dans la feuille donc vous avez des tiges plus tendres, plus sucrées".

Autre avantage: la rhubarbe forcée se récolte en hiver, à un moment où il y a peu de fruits et légumes frais.

Dans les étals, elle sera vendue plus cher que sa cousine poussée en plein air, qui ne sera pas cueillie avant le mois de mai.

Avant de passer quelques semaines à l'abri, la rhubarbe forcée est restée deux ans en plein champ.

Une fois à l'intérieur, les tiges grandissent en quelques semaines.

"On les entend littéralement pousser, ça fait comme des +pops+", décrit Robert Tomlinson, qui habite un coin du Yorkshire surnommé le "triangle de la rhubarbe" en raison de la concentration des producteurs.

- Redécouverte -

Son arrière-grand-père a commencé à faire pousser cette plante originaire d'Asie et de Russie à la fin des années 1880. Jusqu'aux années 1960, son goût acidulé était prisé des Britanniques. Puis elle est passée de mode et face à une faible demande, de nombreux producteurs ont jeté l'éponge.

Autrefois plus de 200, ils ne sont désormais plus qu'une dizaine.

Mais ces dernières années, des chefs ont redécouvert ce produit comme Tom Cenci, qui supervise l'approvisionnement à 26 Grains et Stoney street, deux restaurants londoniens.

"Le nombre de recettes est infini", décrit-il avant de faire revenir quelques morceaux dans le jus d'une orange, ajoutant du sucre et un peu de gingembre.

"Elle a un goût légèrement plus sucré" que la rhubarbe poussée en plein air qui peut être plus "filandreuse" compare ce chef. Il n'hésite pas à la marier avec du poisson ou du canard.

La rhubarbe forcée se décline aussi en boissons, du soda aromatisé au gin en passant par le vin effervescent ou le sirop.

Ce regain d'intérêt a permis à Robert Tomlinson de traverser la pandémie sans trop de dommages, malgré la fermeture un temps des restaurants.

Après l'avoir stockée dans des paquets rouge et jaune tamponnés du mot "Harbinger" (la variété cultivée), il envoie sa production "partout dans le pays" mais aussi à "Paris, Berlin, Zurich et même à New York", énumère le cultivateur avec fierté.

Si la demande a grimpé ces dernières années, le Brexit complique cependant ses exportations vers l'Europe, désormais plus chères.

La production demande par ailleurs "beaucoup de travail" et c'est "difficile de trouver des gens pour le faire", confie-t-il tout en empaquetant des tiges aidé seulement de son épouse Paula. Le weekend, leurs deux enfants de 13 et 14 ans leur donnent un coup de main.

Autre défi: le réchauffement climatique, cause d'hivers plus doux.

"Jadis, la saison commençait bien plus tôt qu'aujourd'hui. Le changement climatique l'a un peu décalé", explique Robert Tomlinson. C'est un problème "parce que (les plantes) ont besoin d'une période de froid à l'automne pour regagner en énergie avant que nous les mettions à l'abri".

Malgré ces aléas, le procédé reste le même depuis l'époque de son arrière-grand-père: "La manière de cultiver est quasi inchangée par rapport à cette époque car il n'y a pas d'autres façons de le faire. Donc je continuerai à cueillir à la lumière de la bougie, à la main".

A.Nunez--TFWP