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L'Ukraine "répondra" si la Russie ne respecte pas une trêve énergétique cet hiver, a déclaré lundi le président Volodymyr Zelensky, Moscou refusant pour sa part de confirmer l'entrée en vigueur d'une telle trêve, comme annoncé par Donald Trump.
Le président américain a annoncé dimanche un "cessez-le-feu énergétique" entre la Russie et l'Ukraine, deux jours après l'annonce d'un accord avec Moscou pour la livraison de quantités massives de diesel russe aux marchés américain et mondial.
Mais le président Volodymyr Zelensky a affirmé qu'elle n'était pas effective, déplorant dans la nuit de dimanche à lundi des attaques russes contre un site gazier et "une station service ordinaire".
S'exprimant par visioconférence lors d'un forum sur la sécurité organisé à Varsovie, il a assuré que l'Ukraine n'avait frappé aucun site énergétique en Russie pendant la nuit écoulée et a prévenu que Kiev continuera à mener, cet hiver, des frappes sur la Russie si elle "n'accepte pas un cessez-le-feu énergétique".
"Si la Russie veut que nous arrêtions nos frappes de longue portée contre ses raffineries pétrolières et ses exportations de pétrole, alors la Russie doit cesser ses frappes contre notre système énergétique et nos infrastructures critiques. Et arrêter de tuer notre peuple", a-t-il ajouté.
L'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine, conflit le plus meurtrier en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, fait un nombre croissant de victimes civiles en raison d'une escalade des frappes depuis des mois.
De son côté, le Kremlin a refusé de dire lundi si une trêve énergétique avec Kiev, annoncée par Donald Trump, avait bien été convenue.
- "Contacts" -
"Les contacts se poursuivent. Dès que nous aurons quelque chose à dire à ce sujet, nous ne manquerons pas de vous en informer", a déclaré le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, lors de son point presse.
Les frappes ukrainiennes menées sur des raffineries russes ces derniers mois ont suscité la colère du président Trump qui est allé jusqu'à "suggérer" samedi aux Ukrainiens de se doter "d'un nouveau dirigeant" pour trouver un accord avec Moscou.
En réaction, M. Zelensky a proposé un cessez-le-feu avec la Russie de "60 jours", ce qui permettrait, selon lui, d'organiser des élections.
Mais le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé lundi que Moscou n'observerait un cessez-le-feu que le jour même d'un potentiel scrutin.
"Si Kiev veut vraiment organiser des élections, alors le président russe, le commandant en chef, sera prêt à donner l'ordre de ne pas porter de frappes contre l'Ukraine le jour des élections", a-t-il affirmé dans un message audio diffusé par le Kremlin sur la plateforme russe MAX.
Quelques minutes plus tôt, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, avait lui clairement balayé cette option, estimant que M. Zelensky ne "mérite pas" de cessez-le-feu pour des élections en Ukraine.
Par le passé, Kiev et ses alliés ont demandé à plusieurs reprises l'instauration d'une trêve prolongée pour favoriser des négociations sur un hypothétique accord de paix. Mais Moscou a rejeté ces propositions, estimant notamment qu'un cessez-le-feu permettrait à l'armée ukrainienne de se renforcer.
- Ne pas "céder" -
Depuis cet été, la Russie a nettement intensifié ses attaques contre l'Ukraine, visant en particulier la capitale.
Elle lance des nuées de drones à réaction, plus difficiles à intercepter que des drones classiques, ainsi que des missiles balistiques, également plus difficiles à détruire en vol.
Ces deux dernières semaines, l'armée russe a repris ses bombardements sur des infrastructures énergétiques ukrainiennes, entraînant d'importantes coupures de courant et faisant craindre à nouveau un hiver très dur pour la population.
L'hiver dernier, des millions de foyers ukrainiens ont été privés de chauffage et d'électricité pendant des semaines, par des températures glaciales.
Donald Trump avait annoncé vendredi avoir négocié la livraison de quantités massives de diesel russe aux marchés américain et mondial, levant pour ce faire des sanctions qui pèsent sur Moscou.
A la suite du bond des prix des carburants aux États-Unis depuis le déclenchement en février par Donald Trump et Israël de la guerre contre l'Iran, cet accord est vu comme un moyen de soulager en partie les consommateurs américains juste avant des élections législatives cruciales et difficiles pour le milliardaire américain.
Face à ce nouveau revirement du dirigeant américain, le Premier ministre polonais Donald Tusk a appelé lundi "l'ensemble de l'Occident" à être plus ferme envers la Russie du président Vladimir Poutine qui "se bat pour la domination".
Le président français Emmanuel Macron a lui affirmé lundi qu'il ne fallait pas "céder" à "la menace russe".
K.Ibarra--TFWP