The Fort Worth Press - Le Nobel à deux Américains pour leurs modèles permettant de stabiliser l'économie

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Le Nobel à deux Américains pour leurs modèles permettant de stabiliser l'économie
Le Nobel à deux Américains pour leurs modèles permettant de stabiliser l'économie / Photo: © AFP

Le Nobel à deux Américains pour leurs modèles permettant de stabiliser l'économie

Le prix Nobel d'économie a récompensé lundi le duo d'Américains Michael Woodford et Robert Hall pour des modèles visant à stabiliser les fluctuations économiques.

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Stimuler ou ralentir l'économie au bon moment peut apporter de la stabilité et nous permettre d'éviter des récessions prolongées ou une inflation hors de contrôle, a expliqué le comité Nobel.

Grâce aux modèles élaborés par les deux lauréats, "des mesures budgétaires et monétaires prises au bon moment peuvent atténuer les hauts et les bas de l'activité économique", a-t-il indiqué.

Les travaux des deux chercheurs, effectués séparément, "ont provoqué un changement de paradigme dans la politique de stabilisation".

Dès les années 1970, les crises pétrolières ont révélé l'instabilité des liens entre inflation, chômage, revenu et consommation, rendant les politiques de stabilisation issues du modèle keynesien inopérantes.

Les lauréats ont développé des modèles permettant de gérer des récessions et d'autres crises auxquelles les outils traditionnels n'ont su répondre.

Plutôt que de fonder leurs modèles sur des liens statistiques entre des variables macroéconomiques, telles que l'inflation, la production et la consommation, ils ont choisi de "les construire sur une base microéconomique", c'est à dire sur la compréhension de la manière dont l'ensemble des ménages et des entreprises influencent l'économie, explique le jury.

- "Révélation" -

"Mes travaux ont mis en évidence que la perception des acteurs présents sur les marchés et chargés de prendre des décisions en matière de dépenses, entre autres, ainsi que leurs attentes et leur compréhension de ce à quoi pourrait ressembler la politique à l'avenir, sont en réalité déterminantes", a expliqué Michael Woodford, joint par téléphone au moment de l'annonce.

Né en 1955, l'économiste s'est dit "ravi" de cette récompense.

"C'est un immense honneur. C'est une surprise, mais ça me fait vraiment plaisir", a-t-il réagi.

Son co-lauréat, Robert Hall, âgé de 83 ans et professeur à Stanford, a considéré que les variations de la consommation ne pouvaient être prédites, car dépendantes de nouvelles informations et donc par nature imprévisibles.

Il a publié les résultats de ses recherches dans un article en 1978. Cela a "constitué une véritable révélation pour la recherche", a expliqué le comité Nobel.

Plus tard, en 2003, M. Woodford a présenté un modèle macroéconomique néo-keynésien complet.

"Les modèles néokeynésiens, issus de leurs travaux, nous permettent d'expliquer et de quantifier la façon dont la politique de stabilisation influence les cycles économiques, et sont désormais utilisés par les banques centrales et les ministères des finances du monde entier", a souligné le comité Nobel.

Parmi leurs applications concrètes, M. Woodford a cité la crise financière de 2008, lorsque les instruments traditionnels de la politique monétaire étaient insuffisants pour résoudre le problème de la reprise de l'activité économique.

"La recette classique, dans ce cas, serait de baisser les taux d'intérêt (…) afin de stimuler la demande".

Mais fin 2008, début 2009, les taux d'intérêt étaient déjà tombés à zéro et il était difficile de les faire baisser davantage, a-t-il dit. "Et pourtant le chômage restait très élevé, et la dépense globale dans les économies était manifestement trop faible, elle l'est restée pendant encore plusieurs années", a ajouté le professeur à l'Université de Columbia.

Par conséquent, de nombreuses banques centrales ont fini par "formuler des déclarations plus explicites sur la trajectoire probable future de leur politique de taux d'intérêt, plutôt que de compter simplement sur la possibilité de baisser immédiatement les taux davantage".

"Je pense que cela a contribué à une meilleure stabilisation", a-t-il assuré.

Actuellement, dans le contexte d'une économie américaine fragilisée, le président américain Donald Trump multiplie les pressions sur la Fed pour qu'elle baisse les taux, qu'elle a relevé pour lutter contre l'inflation.

Officiellement "prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel", la récompense a été créée en 1968 et décernée pour la première fois l'année suivante. C'est le dernier à être annoncé dans la saison des Nobel.

En 2025, le prix avait été remis à un trio, l'Américano-Israélien Joel Mokyr, le Français Philippe Aghion et le Canadien Peter Howitt, primés pour leurs travaux sur l'impact de l'innovation sur la croissance économique.

Le Nobel, qui est aussi assorti d'un diplôme et d'un chèque de 12 millions de couronnes suédoises (un peu plus d'un million d'euros) cette année, sera remis le 10 décembre.

T.M.Dan--TFWP