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Le pape Léon XIV est arrivé vendredi en France, pour une visite de quatre jours très attendue par les fidèles catholiques, durant laquelle il abordera de multiples thèmes, dont l'intelligence artificielle, la question migratoire ou la lutte contre les violences sexuelles.
L'avion du pape de 71 ans - dont la grand-mère a émigré de France aux Etats-Unis - a atterri peu avant 10H00 (08H00 GMT) à l'aéroport d'Orly, où il est accueilli par le président Emmanuel Macron.
Pour célébrer son arrivée, les cloches des églises du pays ont commencé à sonner à la volée pour sept minutes.
"Je voyage en France comme ailleurs dans le monde en tant que disciple de Jésus-Christ, souhaitant proclamer la paix, la paix du Christ dans le monde entier", a déclaré le pape à bord de l'avion papal.
Pour Andrée Estienne, retraitée de 76 ans, cette venue "procure de l'apaisement dans le monde perturbé". "On va pouvoir être ensemble, réunis autour de lui", a témoigné cette catholique auprès de l'AFP, devant l'église parisienne de Saint-Eustache.
De l'aéroport, Léon XIV se rend directement au palais de l'Élysée, où il tiendra un premier discours vers 11H45 au palais de l'Élysée devant les autorités et le corps diplomatique. Il se verra offrir plusieurs cadeaux, dont une reproduction partielle d'un des nouveaux vitraux de Notre-Dame de Paris et un "morceau d'ADN synthétique" sur lequel a été apposé "un exemplaire unique" de l'Evangile.
Lors de cette première journée marathon, le pape s'exprimera aussi dans l'après-midi (15H00) au siège de l'Unesco où il devrait renouveler son appel à réguler l'IA, dans un contexte d'inquiétude croissante sur les dérives possibles des algorithmes.
"Nous pouvons penser que la dignité de la personne humaine, la paix, l'éducation et la responsabilité face aux nouvelles technologies occuperont une place importante dans son discours", a affirmé à l'AFP Mgr Roberto Campisi, observateur permanent du Saint-Siège auprès de l'Unesco.
Suivra un bain de foule sous des températures estivales avec une grande déambulation en papamobile de 2,5 km dans le centre de la capitale depuis l'église Notre-Dame-des-Champs, dans le 6e arrondissement, jusqu'à la cathédrale Notre-Dame.
- Sécurité draconienne -
Léon XIV célébrera ensuite à 17H15 des vêpres devant des prêtres, diacres et séminaristes à Notre-Dame, où il sera le premier pape à se rendre depuis la réouverture de la cathédrale en décembre 2024. Son prédécesseur François avait décliné l'invitation à la cérémonie organisée cinq ans après l'incendie qui avait ravagé l'édifice gothique.
Dernière étape de la journée: une grande veillée de prière au Stade de France de Saint-Denis, au nord de Paris, devrait réunir 80.000 jeunes de 17 à 35 ans pour un programme mêlant pop-louange, échanges avec le pape et exposition de la "sainte tunique du Christ", relique conservée à Argenteuil.
Cette visite en trois étapes - Paris, Lourdes et Metz - mobilise une sécurité draconienne, avec des chiffres éloquents: 17.000 bénévoles, 15.000 policiers et gendarmes, 2.500 journalistes accrédités et un budget de 27 millions d'euros.
"La vigilance des forces de l'Intérieur est maximale", a déclaré le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez sur TF1, ajoutant que, pour le moment, "quelques dizaines" de personnes avaient été interdites d'accès, mais qu'il n'y avait "pas de menace identifiée".
De la crise migratoire à la paix en Europe, le voyage du pape abordera un large éventail de thèmes, à sept mois d'une élection présidentielle française très ouverte où l'extrême droite apparaît en position de force.
"Le pape, c'est un homme de dialogue et peut-être que ce qu'il dit aux candidats sans leur dire directement c'est +soyez des artisans de dialogue, de paix, d'unité et non pas des va-t'en-guerre", a estimé sur franceinfo Mgr Pierre-Antoine Bozo, porte-parole de l'épiscopat français.
- "Visée pastorale" -
Placée sous la devise "Pour que le monde ait la vie", la visite, dont la visée est "pastorale", a "deux objectifs importants" que sont "l'unité dans l'Eglise" et "la fraternité dans le monde", a souligné le cardinal Jean-Marc Aveline, président de la Conférence des évêques.
Cette visite, à laquelle la Grande mosquée de Paris consacrera son prêche de vendredi, intervient aussi à un moment charnière pour l'Eglise de France, tiraillée entre baisse de la pratique religieuse à l'heure de la sécularisation, et hausse des baptêmes de jeunes depuis cinq ans, un phénomène qui suscite la curiosité du pape.
La séquence parisienne, vendredi et samedi, devrait drainer à elle seule un million de personnes, dont 600.000 rien que pour la messe géante qui aura lieu samedi sur la place de la Concorde et les Champs-Élysées.
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S.Palmer--TFWP