The Fort Worth Press - L'inaction en matière climatique risque d'avoir un coût majeur sur le PIB, prévient Bercy

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L'inaction en matière climatique risque d'avoir un coût majeur sur le PIB, prévient Bercy
L'inaction en matière climatique risque d'avoir un coût majeur sur le PIB, prévient Bercy / Photo: © AFP

L'inaction en matière climatique risque d'avoir un coût majeur sur le PIB, prévient Bercy

Et si l'argument économique devenait plus audible que l'argument écologique? A l'heure de la croissance atone et des finances publiques exsangues en France, le ministère de l'Economie a prévenu vendredi du risque majeur de l'inaction climatique sur l'économie, évalué à 3,6% du PIB en 2050.

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"L'inaction n'est pas une option", a affirmé le ministre de l'Economie Roland Lescure cité par Bercy lors d'un événement sur l'adaptation au changement climatique au ministère de l'Economie, suite à la demande du Premier ministre d'accélérer le travail sur ce sujet.

Car cette inaction aurait un coût "significatif pour l'économie", est-il écrit sur une note du ministère français de l'Economie présentée par le ministre.

Au sortir de l'été le plus chaud jamais enregistré en France, le gouvernement a d'ores et déjà concédé début septembre que la canicule et la sécheresse en 2026 coûteront à la France 0,1 point de croissance cette année, en raison de la baisse de la production agricole. Il a aussi abaissé vendredi sa prévision de croissance en 2026 à 0,5%.

Mais d'ici 2050, le réchauffement climatique et une potentielle inaction française pourraient cette fois amputer le PIB de 3,6%, précise ce document de la Direction générale du Trésor, citant notamment la baisse de la productivité au travail.

En l'absence de mesures supplémentaires d'adaptation au dérèglement climatique et de mesures de réduction des rejets de gaz à effet de serre, le changement climatique pourrait aussi par conséquent dégrader le déficit public, de 1,8 point de PIB en 2050.

- Coût bien supérieur -

"L'inadaptation, l'attentisme, l'immobilisme auraient un coût bien supérieur à l'adaptation", a abondé le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, également présent vendredi, à l'occasion d'un événement où des groupes de travail sur le financement et les entreprises ont été lancés.

Jeudi, le patron de l'ONU Climat avait déjà à Bruxelles encouragé les Européens à continuer les efforts en matière de transition vers des énergies propres "dans l'intérêt du continent".

"Selon une étude, les phénomènes extrêmes de cet été coûteront à l'Europe 180 milliards d'euros en perte de productivité du travail et en perturbations dans les secteurs de l'alimentation, de l'énergie et des transports. Cela équivaut à une baisse d'un point de pourcentage du PIB européen, soit exactement le taux de croissance prévu pour l'économie de l'UE", a dit Simon Stiell en référence à 2026.

Les failles dans l'adaptation au changement climatiques ont entraîné de nombreuses critiques du gouvernement durant l'été, lorsqu'il est apparu clair que certains secteurs comme les écoles et les hôpitaux étaient mal préparés aux fortes chaleurs.

Le fonds Vert pour le climat, destiné à développer des projets dans les collectivités, a notamment été renforcé.

Mais face aux difficultés budgétaires importantes le gouvernement semble tergiverser, à l'instar de la diminution à la rentrée d'un plan dédié à la rénovation thermique des écoles.

"Alors que les débats budgétaires vont bientôt débuter, nous invitons le gouvernement et les parlementaires à renforcer ces investissements afin de ne pas laisser une dette climatique intenable pour les années à venir", a réagi Anne Bringault, directrice des programmes au Réseau Action Climat, interrogée par l'AFP.

L'ampleur du coût pour les finances publiques "sera conditionnée à plusieurs facteurs selon la note de Bercy : la trajectoire de réchauffement climatique, les politiques d'adaptation mises en œuvre et les choix futurs de prise en charge publique des impacts climatiques".

La Direction du Trésor précise s'être appuyée, pour les hypothèses retenues, sur les estimations du NGFS (Network of Central Banks and Supervisors for Greening the Financial System), réseau international de banques centrales et de superviseurs financiers qui élabore des scénarios climatiques servant de cadre de référence commun.

A.Nunez--TFWP