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Insatiable et sans rival en l'absence de Carlos Alcaraz, blessé, le N.1 mondial Jannik Sinner se présente en grandissime favori à Rome où il peut continuer à 24 ans de réécrire l'histoire du tennis mondial et du sport italien.
Sur l'affiche des Internationaux d'Italie 2026 qui débutent mardi pour le tournoi féminin, mercredi pour le tournoi masculin, il apparait sous les traits d'une statue de marbre blanc tel un empereur romain. Ce n'est peut-être qu'une question de temps avant que Sinner n'ait sa statue dans les allées du monumental Foro Italico et ne devienne un dieu vivant dans son pays.
Un an après sa finale perdue contre Carlos Alcaraz pour son retour de sa suspension de trois mois pour dopage, il peut mettre fin à une longue disette: il faut remonter à 1976, soit tout juste 50 ans, pour trouver trace du dernier Italien, Adriano Panatta, à avoir remporté côté masculin les Internationaux d'Italie.
Et rien ni personne ne semble pouvoir l'empêcher d'ajouter le tournoi romain à son palmarès qui comprend 28 titres, dont quatre conquis cette année.
Le natif du Haut-Adige, cette région germanophone du nord-est de l'Italie, a désormais étendu son empire jusque sur terre battue, la surface où il était a priori le moins à l'aise. Il vient de remporter les Masters 1000 de Monte-Carlo et de Madrid, en concédant seulement deux sets et en écoeurant ses adversaires, comme l'Allemand Alexander Zverev, balayé en 57 minutes 6-1, 6-2 dimanche en finale.
- "Pas pour les records" -
Vainqueur à Indian Wells et Miami, il est devenu le premier joueur à collectionner les quatre premiers Masters 1000 de l'année, le premier aussi à enchaîner cinq titres de suite dans des tournois de ce calibre, en incluant son sacre à Paris fin 2025.
S'il devait remporter le titre à domicile le 17 mai, Sinner écrirait une nouvelle page de l'histoire du tennis, puisqu'il aurait remporté les neuf Masters 1000 au calendrier, comme un seul joueur jusque là, Novak Djokovic. Dans ce cas, l'Italien, qui a enchaîné 28 succès consécutifs à ce niveau, améliorerait aussi le record de 31 victoires de suite en Masters 1000 du Serbe qui date de 2011.
En attendant le Graal qui lui tend les bras ? Le mois prochain sur la terre battue de Roland-Garros, il sera en effet là aussi le grand favori pour s'offrir le seul titre du Grand Chelem qui manque à son palmarès.
"Je ne joue pas pour les records, je joue pour moi, pour mon équipe, pour ma famille", a pourtant insisté Sinner après son triomphe madrilène, en prévenant que ses 23 matches en 57 jours avaient laissé des traces.
Pour son entrée en lice au 2e tour, vendredi ou samedi, le phénomène italien sera opposé au vainqueur du duel entre l'Américain Alex Michelsen (42e) et l'Autrichien Sebastian Offner (82e).
- Paolini en plein doute -
Il pourrait ensuite croiser au 3e tour le Tchèque Jakub Mensik (28e) qui lui a infligé, à Doha, l'une de ses deux défaites de l'année, puis en 8e de finale Arthur Fils, revenu dans le top 20 mondial et 4e à The Race (le classement depuis le début de l'année) après sa longue absence pour soigner son dos. Mais le Français, vainqueur à Barcelone, n'a pas pesé lourd en demi-finale à Madrid contre l'ogre italien (défaite 6-2, 6-4).
Absent du circuit depuis Indian Wells, Novak Djokovic, 4e mondial et sextuple vainqueur à Rome, évitera lui Sinner, à moins qu'ils ne se retrouvent en finale.
Dans le tournoi féminin, un an après son sacre romain, Jasmine Paolini fait grise mine. L’Italienne, 8e mondiale, reste sur des éliminations précoces à Indian Wells (8e de finale), Miami (3e tour), Stuttgart (1er tour) et Madrid (3e tour).
Après son début de saison presque parfait (trois titres et une finale en quatre tournois), la N.1 mondiale Aryna Sabalenka pouvait enfin espérer s'imposer à Rome, mais elle vient de chuter en quarts de finale à Madrid.
S.Jones--TFWP