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D'abord emballant, puis à nouveau réduit à dix, le FC Barcelone a laissé filer l'opportunité de signer une nouvelle "remontada" mardi face à l'Atlético Madrid d'Antoine Griezmann (2-1), de retour en demi-finale de la Ligue des champions avec l'espoir d'aller plus loin.
Le Barça n'avait "pas besoin d'un miracle", selon son entraîneur Hansi Flick, simplement d'un "match parfait".
Il fut, au final, seulement bon, puis carrément gâché par un 13e carton rouge sur les dix dernières années en C1, pour Eric Garcia cette fois (79e), venu anéantir les espoirs barcelonais.
Le champion d'Espagne en titre pourra bien se targuer, comme à l'aller, d'avoir sûrement été meilleur que son adversaire du soir, encore glaçant d'efficacité. Mais cela n'a pas suffi, comme en 2014, comme en 2016, et comme début mars, en demi-finale de Coupe du Roi (défaite 4-0 à l'aller, victoire 3-0 au retour).
Il faut croire que cet Atlético, de retour dans le dernier carré pour la première fois depuis 2017, est la kryptonite du géant catalan, l'équipe qui parvient le mieux à sanctionner son approche ultra-offensive.
- Nouvelle punition -
La même approche qui aurait pourtant pu payer dès la 32e seconde de jeu, sans une première parade du gardien argentin Juan Musso devant le prodige catalan Lamine Yamal, brillant puis pas assez accompagné pour réaliser l'exploit (1e).
Pas impressionné par l'enjeu, ni par la pression qui pesait sur ses épaules, l'ailier de 18 ans avait lancé sa mission seulement trois minutes plus tard avec un but qu'il est allé chercher tout seul, comme un grand, dans les pieds du défenseur français Clément Lenglet, après un relais avec Ferran Torres (4e, 1-0).
Un départ rêvé pour le jeune gaucher, passé tout proche de se muer en passeur décisif pour Dani Olmo, sans une bonne sortie de Juan Musso (9e), avant que Griezmann ne réplique, une première fois, d'une reprise du bout du pied gauche contrée par Gerard Martin (22e).
Les quelques milliers de supporters catalans ayant fait le déplacement ont sûrement cru toucher l'exploit du doigt, quelques secondes plus tard, lorsqu'Olmo a parfaitement lancé Ferran Torres, qui a remis les deux équipes à égalité d'une superbe finition du gauche (24e, 2-0).
Tout était alors relancé, et les Colchoneros, tout près du K.O dès l'action suivante, ont été sauvés une nouvelle fois par Musso, qui a privé Fermin Lopez d'un troisième but, et Yamal d'un autre geste décisif de l'extérieur du pied gauche, devenu sa signature (25e).
Touché au visage après le coup involontaire du portier rojiblanco, le jeune milieu espagnol est resté au sol plusieurs minutes, le nez en sang, avant de reprendre sa place, ce qui a un peu coupé l'élan barcelonais.
Alors qu'ils pensaient avoir fait le plus dur, les hommes d'Hansi Flick, pourtant prévenus pour cette sixième confrontation de la saison avec ceux de Diego Simeone, ont été, encore une fois, transpercés en deux passes par la vista Griezmann et la vitesse de Marcos Llorente et Ademola Lookman, clinique pour réduire l'écart et redonner l'avantage aux siens (30e, 2-1).
Les Catalans, qui ont réclamé en vain un pénalty sur Olmo (40e), n'ont ensuite pas su confirmer leur très bon début de match et ont connu une fausse joie au retour des vestiaires, sur une volée opportuniste de Torres, finalement signalé hors-jeu (55e) après avoir buté sur Musso sur l'action précédente (54e).
Leurs espoirs de "remontada" ont fini par s'envoler sur une situation venue symboliser la tactique - et la saison - barcelonaise, avec une défense toujours sur un fil et Eric Garcia dans le mauvais rôle, logiquement exclu après une faute sur Alexander Sorloth qui filait au but (79e).
Une nouvelle punition pour les hommes d'Hansi Flick, qui doit cette fois provoquer une réaction, ou à minima, une adaptation, pour rêver d'Europe à nouveau la saison prochaine.
J.P.Estrada--TFWP