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Bientôt père (fin juillet), le biathlète Quentin Fillon Maillet, devenu à 33 ans le Français le plus médaillé des Jeux olympiques d'hiver (9 dont 5 titres), rêve de devenir champion olympique une sixième fois en 2030 pour égaler le record de Martin Fourcade.
"J'ai montré que j'étais toujours très en forme à Milan Cortina, alors pourquoi pas à 37 ans" dans les Alpes françaises, affirme le Jurassien dans un entretien accordé à l'AFP.
QUESTION: Quel mot posez-vous sur votre saison ?
REPONSE: "Revanchard. Après mes cinq médailles à Pékin en 2022, mon gros globe de cristal à la fin de la saison, on ne nous a jamais expliqué ce qu’il fallait faire derrière ni comment. C’était l’inconnu. Il y a eu des moments difficiles, beaucoup d’échecs. Malgré les critiques, des statistiques qui ne tournaient pas en ma faveur, j’ai réussi à créer quelque chose d’exceptionnel à Milan Cortina."
Q: Dans quelques mois (fin juillet) votre vie va changer en devenant père. Comment allez-vous concilier votre vie d'athlète de haut niveau et votre paternité, vu l'intensité que vous mettez dans tout ce que vous faites ?
R: "Je vais essayer de ne pas avoir de compromis, j'aime Lydie (sa compagne), j'aime mon sport et je n'ai pas envie de choisir entre l'un ou l'autre. C'est possible. D'autres biathlètes l'ont fait, comme Justine Braisaz-Bouchet, Johannes Boe, Martin Fourcade. C'est une mission qui va m'apporter. C'est plus commun de devenir parent, c'est moins commun de devenir champion olympique, mais les deux en même temps, ce n’est vraiment pas commun."
Q: Vous avez un autre projet: celui de participer aux prochains Jeux olympiques dans les Alpes françaises en 2030. Vous aurez 37 ans. Comment allez-vous l'aborder ?
R: "C'est devenu mon prochain objectif. Si j'ai envie de partir sur une période de quatre ans, ce n'est pas seulement pour deux semaines avec une chance de réussite assez mince, mais c'est pour l'ensemble du projet. A Pékin j'avais 29 ans. Je me demandais si je serais toujours performant sur les skis dans quatre ans. J'ai montré que j'étais toujours très en forme, et même parmi les plus performants sur les skis aux JO de Milan Cortina. Alors pourquoi pas à 37 ans ?"
Q: Le Norvégien Ole Einar Bjorndalen a décroché l'or à Sotchi en 2014 (sprint) à 40 ans. Vous avez pu échanger avec des sportifs plus âgés sur comment ils préparaient ces grands événements ?
R: "Oui, un peu avec Bjorndalen et le Slovène Jakov Fak (38 ans). Ole Einar m'a dit qu'il avait une motivation sans bornes pour son sport. Ce qu'il a limité à la fin c'était les contraintes de sélection et les contraintes physiques. Mais il aurait pu continuer. Jakov Fak m'a raconté qu'il adaptait la préparation mais que la priorité restait sa famille. Il ne s'entraîne pas du tout avec son équipe nationale. Je m'inspire un peu de tout ce qui se fait et j'adapterai."
Q: Vous voulez donc jouer les premiers rôles. Ça veut dire que vous pourriez chasser le gros globe ?
R: "Le premier gros objectif que je me suis fixé, c'est de reconquérir le tir et d'en refaire une vraie force. Si j'arrive à atteindre cet objectif-là, il y aura beaucoup de choses que je pourrais aller chercher, le globe de cristal et d'autres succès."
Q: Avez-vous identifié ce que vous vouliez mettre en place sur votre tir justement ?
R: "Sur la fin de saison, j'ai surtout essayé de comprendre mon tir, ce qui me permettait de mettre des balles et pourquoi j'en loupais. J'ai eu pas mal de réponses. t Ça ne s'est pas vu en termes de résultats (rires). A partir de ce constat, je ne vais pas forcément faire uniquement des entraînements derrière la carabine mais ce sera une démarche mentale et de recherche sur d'autres aspects de l'entraînement."
Propos recueillis par Arthur Connan
J.M.Ellis--TFWP