The Fort Worth Press - Ebola en RDC: une épidémie sans vaccin, des groupes armés et une défiance populaire

USD -
AED 3.672501
AFN 64.000152
ALL 82.64958
AMD 368.190044
ANG 1.790403
AOA 918.000282
ARS 1451.021502
AUD 1.425151
AWG 1.8025
AZN 1.694136
BAM 1.707161
BBD 2.0149
BDT 122.802041
BGN 1.69088
BHD 0.377099
BIF 2981.5
BMD 1
BND 1.291418
BOB 6.913076
BRL 5.159394
BSD 1.00038
BTN 94.317225
BWP 13.58542
BYN 2.769718
BYR 19600
BZD 2.012037
CAD 1.414105
CDF 2299.999963
CHF 0.805985
CLF 0.022887
CLP 900.770275
CNY 6.769297
CNH 6.788885
COP 3444.06
CRC 453.281776
CUC 1
CUP 26.5
CVE 96.44992
CZK 21.12795
DJF 177.7201
DKK 6.52257
DOP 58.450282
DZD 133.391791
EGP 49.928444
ERN 15
ETB 158.40191
EUR 0.87263
FJD 2.24625
FKP 0.755912
GBP 0.75595
GEL 2.655027
GGP 0.755912
GHS 11.193995
GIP 0.755912
GMD 72.49971
GNF 8774.999689
GTQ 7.624493
GYD 209.303848
HKD 7.838615
HNL 26.679749
HRK 6.572897
HTG 130.782794
HUF 307.949837
IDR 17797
ILS 2.957605
IMP 0.755912
INR 94.453105
IQD 1310
IRR 1375249.999944
ISK 125.840108
JEP 0.755912
JMD 158.02314
JOD 0.708987
JPY 161.307998
KES 129.394952
KGS 87.450264
KHR 4010.000168
KMF 430.999915
KPW 900.00035
KRW 1530.310066
KWD 0.30802
KYD 0.833672
KZT 488.416955
LAK 22065.000501
LBP 89549.999764
LKR 333.681027
LRD 182.000295
LSL 16.480024
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.374945
MAD 9.31875
MDL 17.512482
MGA 4199.999994
MKD 53.776432
MMK 2099.523204
MNT 3579.573337
MOP 8.076114
MRU 40.049996
MUR 47.869807
MVR 15.397632
MWK 1737.000105
MXN 17.3491
MYR 4.13201
MZN 63.909541
NAD 16.480079
NGN 1361.088769
NIO 36.630188
NOK 9.70165
NPR 150.908218
NZD 1.74215
OMR 0.384498
PAB 1.000388
PEN 3.383007
PGK 4.387997
PHP 60.762987
PKR 278.350383
PLN 3.71785
PYG 6092.611181
QAR 3.642499
RON 4.571397
RSD 102.42699
RUB 73.728229
RWF 1463.5
SAR 3.752194
SBD 8.058296
SCR 13.64719
SDG 600.495264
SEK 9.579375
SGD 1.29166
SHP 0.746601
SLE 24.749765
SLL 20969.503664
SOS 571.495264
SRD 37.369041
STD 20697.981008
STN 21.45
SVC 8.754097
SYP 110.532098
SZL 16.489788
THB 32.845504
TJS 9.283859
TMT 3.5
TND 2.942499
TOP 2.40776
TRY 46.412499
TTD 6.793553
TWD 31.630703
TZS 2625.494795
UAH 44.960241
UGX 3651.186439
UYU 40.204426
UZS 11549.999886
VES 606.63266
VND 26320
VUV 118.645306
WST 2.751804
XAF 572.560675
XAG 0.01536
XAU 0.00024
XCD 2.70255
XCG 1.802986
XDR 0.703697
XOF 569.500612
XPF 104.625035
YER 237.124983
ZAR 16.483802
ZMK 9001.198534
ZMW 17.894567
ZWL 321.999592
  • AEX

    -4.0000

    1077.36

    -0.37%

  • BEL20

    6.2100

    5654.83

    +0.11%

  • PX1

    0.8500

    8469.16

    +0.01%

  • ISEQ

    -27.5700

    13758.35

    -0.2%

  • OSEBX

    16.7700

    1944.11

    +0.87%

  • PSI20

    -0.9000

    9039.92

    -0.01%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -88.3500

    4200.66

    -2.06%

  • N150

    4.6600

    4237.06

    +0.11%

Ebola en RDC: une épidémie sans vaccin, des groupes armés et une défiance populaire
Ebola en RDC: une épidémie sans vaccin, des groupes armés et une défiance populaire / Photo: © AFP

Ebola en RDC: une épidémie sans vaccin, des groupes armés et une défiance populaire

Un virus mais pas de vaccin, un territoire en proie aux groupes armés et une défiance populaire: Ebola a refait surface mi-mai aux confins de la RDC, de l'Ouganda et du Soudan du Sud. Depuis, les autorités sanitaires sont engagées dans une course pour rattraper l'épidémie.

Taille du texte:

Le 15 mai, la République démocratique du Congo (RDC) déclare la 17e épidémie de maladie Ebola dans le vaste pays d'Afrique centrale. La veille, des tests menés dans un laboratoire de la capitale Kinshasa ont confirmé la présence du virus.

L'épicentre de la crise se situe en Ituri, province troublée du nord-est congolais et marquée par une forte mobilité des populations liée à l'activité minière. Déjà 246 cas suspects dont 80 décès sont signalés à ce moment-là.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) déclare une urgence de santé publique de portée internationale et met en garde contre "l'ampleur et la rapidité" d'une épidémie qui durera sans doute des mois. L'Africa CDC, l'agence sanitaire de l'Union africaine, estime que dix pays africains de la zone sont menacés.

"Au début, on pensait que c'était une épidémie hors-norme", dit à l'AFP le virologue congolais et co-découvreur du virus Ebola, Jean-Jacques Muyembe.

Ebola, qui provoque une fièvre hémorragique et se transmet par contact avec les fluides corporels, a tué plus de 15.000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années. L'épidémie la plus meurtrière en RDC avait fait près de 2.300 morts pour 3.500 malades recensés, entre 2018 et 2020.

- "Bundibugyo" -

Lors d'une conférence de presse, le ministre de la Santé congolais Samuel Roger Kamba prévient: "Bundibugyo n'a pas de vaccin et n'a pas de traitement spécifique".

Les vaccins existants ne sont en effet efficaces que pour le virus Zaïre, qui a causé les plus grandes épidémies d'Ebola par le passé. La riposte sanitaire reposera donc principalement sur les mesures d'isolement des malades et le traçage des cas contacts.

L'annonce inquiète au-delà des frontières. Washington restreint l'attribution de visas pour les étrangers ayant voyagé dans les zones à risques.

Dans un message publié sur X, le président congolais Félix Tshisekedi appelle "au calme" et assure avoir ordonné la mise en place de "toutes les mesures nécessaires pour renforcer la riposte sanitaire".

Une semaine après la déclaration de l'épidémie, le nombre de décès probablement causés par le virus est de 204 sur 867 cas suspects.

Les autorités congolaises suspendent temporairement les vols vers et depuis Bunia, capitale de l'Ituri. Son aéroport est pourtant essentiel pour acheminer matériel et personnels humanitaires jusqu'au foyer de l'épidémie.

Le patron de l'Africa CDC, Jean Kaseya, promet un vaccin contre Bundibugyo d'ici à la fin de l'année. Des tests cliniques sont à l'étude.

A l'approche de la Coupe du monde de foot qui se tient aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique, Washington demande aux pays européens ayant des liaisons aériennes avec les pays africains à risques, comme la France, la Belgique et l'Italie, de suspendre également l'octroi de visas. Ces derniers refusent.

Le Canada, les Bahamas, le Bahreïn, la Jordanie et Maurice imposent des restrictions.

- "Médecins déroutés" -

Le virus se propage rapidement et les capacités de tests de la RDC sont faibles. Deux semaines après la déclaration de l'épidémie, près de 1.140 cas suspects sont signalés dont 246 décès vraisemblablement causés par la maladie.

A Bunia, capitale de l'Ituri, les journalistes de l'AFP sont témoins de scènes alarmantes. Des malades souffrant d'hémorragie arrivent en catastrophe, dans les centres de santé, à l'arrière de taxis motos. Le plus souvent, ni les passagers, ni les chauffeurs ne sont munis de protection.

En Ituri, la riposte sanitaire tarde à s'organiser, alors que certains habitants interrogés par l'AFP évoquent des décès inexpliqués en cascade depuis mars. Au sein des communautés, la rumeur que courait "une maladie mystique" s'était répandue.

Humanitaires et scientifiques affirment que les autorités sanitaires ont pris du retard pour détecter le virus et expriment leur inquiétude sur la lenteur de la riposte.

Les signes hémorragiques apparaissent tard avec Bundibugyo, qui se manifeste d'abord par des symptômes s'apparentant à un simple paludisme. "Les médecins ont été déroutés", explique le Pr Muyembe.

L'OMS avait pourtant reçu une alerte dès le 5 mai concernant une maladie inconnue à forte mortalité apparue à Mongbwalu, cité minière d'environ 130.000 habitants, où quatre agents de santé étaient décédés en quatre jours.

Mais des tests menés à Bunia s'étaient révélés négatifs pour Ebola: le laboratoire local disposait de réactifs pour le virus Zaïre mais pas pour Bundibugyo, expliquera le ministre de la Santé Samuel Roger Kamba.

- "Arrêter cette chose" -

En Ituri, où une partie de la population est abandonnée aux violences de groupes armés qui commettent régulièrement des massacres, l'Etat congolais est absent depuis des années et les soignants se heurtent à la méfiance des communautés.

Des incidents sont signalés dans certains hôpitaux, notamment causés par des habitants en colère venus réclamer la dépouille de proches décédés des causes du virus.

Fin mai, le chef de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus se rend à Kinshasa puis à Bunia: "Même si la situation est complexe, je pense qu'on peut arrêter cette chose", assure-t-il.

Le gouvernement congolais dénonce des "cris alarmistes", assurant que la situation n'est pas "telle qu'on la ressent au niveau international".

L'ONG Médecins sans frontières, présente sur le terrain, affirme que les bilans officiels "ne reflètent probablement qu'une partie de la réalité". Plusieurs autres ONG également sur place disent s'inquiéter de graves manquements dans l'organisation de la riposte.

Scientifiques, humanitaires et autorités sanitaires internationales estiment qu'à ce stade, l'ampleur réelle de la crise, qui s'est étendue à trois provinces de la RDC et en Ouganda, n'est pas encore connue.

L'épidémie a contaminé 875 personnes et fait 202 morts jusqu'ici, selon le dernier bilan officiel.

S.Jones--TFWP