The Fort Worth Press - Menacé de censure, Barnier juge le moment "très grave"

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Menacé de censure, Barnier juge le moment "très grave"
Menacé de censure, Barnier juge le moment "très grave" / Photo: © AFP

Menacé de censure, Barnier juge le moment "très grave"

Michel Barnier a prévenu mardi que la chute de son gouvernement pourrait provoquer des "turbulences graves" sur les marchés financiers, alors que les Français ont envie de "stabilité" a-t-il assuré.

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Menacé de censure par la gauche et l'extrême droite, le Premier ministre a redit sur TF1 qu'il aurait recours "assurément" au 49.3 pour faire adopter son budget qui vise à réduire le lourd déficit du pays.

"Le moment est très grave" avec une dette "incroyable", un déficit "record" et "pas de majorité" à l'Assemblée nationale, selon lui.

Si le gouvernement tombe, "il y aura une tempête probablement assez grave et des turbulences graves sur les marchés financiers", a-t-il prévenu.

Les Français "que je rencontre me disent (...) on a besoin de stabilité, c'est ça qui compte", a-t-il ajouté en fustigeant "dans le microcosme parisien", des "gens qui font des manoeuvres, des petites phrases".

"Barnier menace du déluge après lui" mais "qu'il le veuille ou non, il sera pourtant censuré", a réagi la cheffe de file des députés de la France insoumise, Mathilde Panot, qui prévoit de déposer une motion de censure avec ses alliés du Nouveau Front populaire. "Les Français ne veulent pas une instabilité austéritaire mais une démocratie qui réponde à leurs besoins", a-t-elle dit.

- Réunion à hauts risques -

Les investisseurs sur les marchés montraient mardi des signes de nervosité: l'écart entre les taux d'intérêt de l'emprunt de référence sur dix ans entre la France et l'Allemagne a atteint son plus haut niveau depuis 2012.

Une réunion à hauts risques se tiendra mercredi sur le projet de financement de la Sécurité sociale, avant une possible activation par le Premier ministre d'un premier 49.3 sur ce texte le 2 décembre.

Le Rassemblement national pourrait voter la censure dès le projet de budget sur la Sécurité sociale, sans attendre celui du budget de l'Etat mi-décembre, a laissé entendre mardi le député RN Jean-Philippe Tanguy, en pointant des "lignes rouges" comme les retraites.

"Le gouvernement va tomber", aurait dit le président Emmanuel Macron en marge d'une cérémonie lundi, a rapporté le Parisien. L'Elysée a officiellement démenti ces propos, maintenus par le journal.

Les groupes de la coalition gouvernementale sont de leur côté divisés sur les hausses d'impôts.

- Alerte -

Le Sénat a largement adopté le budget de la Sécurité sociale pour 2025, malgré l'abstention des macronistes qui continuent d'engager un bras de fer avec le gouvernement sur les efforts demandés aux entreprises.

Sans surprise, les troupes du camp gouvernemental, largement majoritaires dans l'hémicycle, ont approuvé le texte à 202 voix contre 109, avec les voix de la droite et des centristes.

Mais le petit groupe macroniste s'est majoritairement abstenu, adressant un signal d'alerte au gouvernement, à la veille de la réunion cruciale, mercredi à 14H00, entre députés et sénateurs, chargés de trouver un compromis lors d'une commission mixte paritaire (CMP).

"Notre groupe ne peut se satisfaire des mesures d'économies sur le travail retenues par le gouvernement", a lancé Dominique Théophile, le représentant de ce groupe à la Haute assemblée.

La divergence porte sur la réduction des allègements de cotisations patronales.

Le gouvernement proposait un effort de quatre milliards d'euros sur les entreprises, le Sénat l'a réduit à trois milliards. Or les parlementaires Renaissance continuent de demander la suppression totale de la mesure, au risque de faire capoter la CMP.

- "Pression" -

Mardi matin en réunion de groupe, les députés macronistes n'ont pas tranché et prévu de se retrouver à nouveau mercredi. "Le groupe souhaite poursuivre les échanges", a fait savoir un participant. "On continue de faire monter la pression", assume un autre.

Un échec de la CMP à cause des députés macronistes porte un "risque politique", "c'est l'existence du +socle commun+ qui est en jeu", a mis en garde le ministre du Budget Laurent Saint-Martin, selon son entourage.

"Si nous arrivons tous avec nos lignes rouges infranchissables, il n'y aura jamais d'accord. A ce moment-là il ne fallait pas monter dans la même barque", a alerté Marc Fesneau, président des députés MoDem.

Pour Laurent Saint-Martin, un "bon consensus" en CMP serait de réduire l'effort "d'un peu plus de la moitié", soit 1,5 milliard contre quatre initialement demandés aux entreprises.

La droite a aussi voulu défendre ceux "qui travaillent". Laurent Wauquiez a annoncé un accord entre ses députés et les sénateurs LR pour renoncer à une mesure visant à faire travailler les actifs sans rémunération pendant sept heures de plus par an, et qui devait rapporter 2,5 milliards d'euros chaque année au secteur de l'autonomie.

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C.M.Harper--TFWP