The Fort Worth Press - Russie: la réinsertion balbutiante des ex-Wagner et militaires revenus du front

USD -
AED 3.672497
AFN 63.499117
ALL 79.869835
AMD 363.459803
ANG 1.790365
AOA 916.999954
ARS 1514.257398
AUD 1.40651
AWG 1.80125
AZN 1.701383
BAM 1.706252
BBD 2.014735
BDT 122.843521
BGN 1.683441
BHD 0.376975
BIF 3000
BMD 1
BND 1.274916
BOB 11.003708
BRL 5.101301
BSD 1.000301
BTN 95.56554
BWP 13.547596
BYN 3.03039
BYR 19600
BZD 2.011865
CAD 1.40693
CDF 2310.999992
CHF 0.821125
CLF 0.02399
CLP 947.249912
CNY 6.699803
CNH 6.69654
COP 3210.67
CRC 446.324973
CUC 1
CUP 26.5
CVE 96.197131
CZK 21.271797
DJF 177.719842
DKK 6.53145
DOP 59.25017
DZD 133.876781
EGP 51.629701
ERN 15
ETB 161.774656
EUR 0.873697
FJD 2.237198
FKP 0.747949
GBP 0.74955
GEL 2.59497
GGP 0.747949
GHS 11.570234
GIP 0.747949
GMD 73.517591
GNF 8757.495212
GTQ 7.633554
GYD 209.220461
HKD 7.843035
HNL 26.851323
HRK 6.581098
HTG 130.739368
HUF 316.344001
IDR 17821.25
ILS 3.014604
IMP 0.747949
INR 95.69185
IQD 1310.441394
IRR 1374650.000077
ISK 120.920415
JEP 0.747949
JMD 157.757218
JOD 0.708975
JPY 157.5345
KES 129.480139
KGS 87.450247
KHR 4051.999738
KMF 430.000103
KPW 900.000318
KRW 1350.25026
KWD 0.30857
KYD 0.833584
KZT 447.358319
LAK 22408.7241
LBP 89579.323882
LKR 329.228662
LRD 173.059223
LSL 16.226232
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.376417
MAD 9.55311
MDL 17.590327
MGA 4381.243184
MKD 53.73644
MMK 2099.019807
MNT 3596.806502
MOP 8.081186
MRU 40.053042
MUR 47.659917
MVR 15.459878
MWK 1734.612868
MXN 17.301325
MYR 4.080601
MZN 63.905152
NAD 16.225949
NGN 1323.799265
NIO 36.815543
NOK 9.44695
NPR 152.891351
NZD 1.748605
OMR 0.384502
PAB 1.000305
PEN 3.379266
PGK 4.456251
PHP 62.476031
PKR 277.214494
PLN 3.79919
PYG 5952.427688
QAR 3.636364
RON 4.609902
RSD 102.573512
RUB 84.248188
RWF 1476.460299
SAR 3.755168
SBD 8.026013
SCR 13.851793
SDG 601.499188
SEK 9.835705
SGD 1.27517
SHP 0.74758
SLE 24.650222
SLL 20969.491881
SOS 571.640424
SRD 37.739747
STD 20697.981008
STN 21.373953
SVC 8.752852
SYP 13002.000254
SZL 16.221592
THB 33.110238
TJS 9.227964
TMT 3.5
TND 2.947861
TOP 2.40776
TRY 48.840298
TTD 6.797006
TWD 31.690899
TZS 2645.00299
UAH 44.815682
UGX 3901.400648
UYU 40.165583
UZS 11818.48716
VES 851.341303
VND 26015
VUV 118.301728
WST 2.751033
XAF 573.107697
XAG 0.014846
XAU 0.000229
XCD 2.70255
XCG 1.802851
XDR 0.707052
XOF 573.107697
XPF 104.043167
YER 236.549794
ZAR 16.18001
ZMK 9001.201714
ZMW 19.481788
ZWL 321.999592
SSP 5712.529845
MXV 1.96099
  • AEX

    3.2000

    1105.55

    +0.29%

  • BEL20

    -25.9400

    5737.76

    -0.45%

  • PX1

    -7.3300

    8131.86

    -0.09%

  • ISEQ

    5.7300

    14337.15

    +0.04%

  • OSEBX

    1.2600

    2108.79

    +0.06%

  • PSI20

    21.1600

    9638.63

    +0.22%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -20.9400

    4631.6

    -0.45%

  • N150

    -6.4200

    4271.03

    -0.15%

Russie: la réinsertion balbutiante des ex-Wagner et militaires revenus du front
Russie: la réinsertion balbutiante des ex-Wagner et militaires revenus du front / Photo: © AFP

Russie: la réinsertion balbutiante des ex-Wagner et militaires revenus du front

L'essentiel de son existence, Alexandre Fiodorov l'a passé dans les prisons russes. Il purgeait une énième peine quand une chance de liberté inespérée est apparue: partir combattre en Ukraine pour le groupe Wagner.

Taille du texte:

Pendant six mois, il a participé et survécu à l'infernale bataille pour la ville de Bakhmout. Et, comme promis, il a été amnistié, médaillé et libéré.

"Tout était impeccable, j'ai aimé, mais pour l'instant je ne veux plus combattre", dit l'ex-taulard à l'AFP.

Il est désormais aidé par "l'Union des vétérans de l'opération militaire spéciale" en Ukraine, qui milite pour un suivi social et psychologique des soldats revenus du front.

Cette organisation, indépendante du ministère de la Défense mais dans la ligne du Kremlin, souligne que la réinsertion de ces militaires souvent traumatisés est un enjeu primordial pour la société, mais qu'elle est balbutiante en Russie.

Alexandre Fiodorov, lui, a eu droit fin août à la première consultation psychologique de sa vie, organisée à Joukovski, près de Moscou, à laquelle l'AFP a assisté.

Toiles d'araignées tatouées sur les mains, crâne rasé, blouson noir frappé de l'écusson du groupe Wagner - une tête de mort – cet homme robuste de 46 ans se confie calmement.

- "Qu'est-ce que tu aimerais faire désormais ?", demande la thérapeute, Anna Kossyreva.

- "Devenir une personne normale", répond Alexandre Fiodorov, dans une salle servant habituellement à des consultations avec des enfants.

- "Et si tu étais sur un vaisseau spatial, par exemple, quel rôle aimerais-tu avoir ?", demande la psy.

- "Apprendre aux jeunes à vivre sur Terre", dit Alexandre Fiodorov.

Il raconte avoir grandi dans un orphelinat, être tombé dans le banditisme et avoir fait 25 ans de prison pour divers crimes.

- Manque de psychiatres –

Alexandre Fiodorov dit "aimer très fort le peuple russe" et vénérer le défunt chef de Wagner, Evguéni Prigojine, qui avait visité en 2022 des colonies pénitentiaires pour enrôler des détenus.

Lors de la conquête de Bakhmout, Alexandre Fiodorov était éclaireur: son unité devait infiltrer les positions adverses avant l'attaque des groupes d'assaut.

Dans le dortoir d'un modeste hôtel de Moscou où il est hébergé temporairement, il montre des photos des deux médailles qu'il a reçues. L'une du groupe Wagner, l'autre au nom du président Vladimir Poutine.

S'il affirme "vivre dans le présent sans regarder vers l'avenir", il veut aussi "une famille et un travail". D'après lui, la réinsertion des ex-soldats est "vitale" pour ne pas "qu'ils se perdent et se bourrent la gueule".

Ces derniers mois, la presse russe a déjà rapporté des incidents impliquant des militaires revenus des combats.

"Un individu problématique sera un problème dans nos rues avec de possible crimes. Il peut commencer à violer les principes de notre vie et c'est pour ça qu'il faut encadrer chaque personne", prône Oleg Pantchourine, 32 ans, président de "l'Union des vétérans de l'opération militaire spéciale".

Commandant adjoint du 71e régiment de fusiliers motorisés de la Garde, M. Pantchourine participe lui-même aux opérations en Ukraine. Début juillet, il a été blessé à la jambe à Robotyné, à la pointe de la contre-offensive ukrainienne dans le sud. En convalescence, il se déplace avec des béquilles.

"Si on ne prend pas en estime un (ancien combattant), il commence à se sentir offensé par le système. Il faut donc montrer de l'estime et dire qu'il a fait ce que beaucoup d'autres ne peuvent pas faire", insiste-t-il.

Selon lui, l'Etat russe fournit des avantages financiers et matériels aux vétérans, mais il y a des lourdeurs administratives et une pénurie de "spécialistes" pour la prise en charge: psychiatres, juristes, assistants sociaux.

Avec deux autres ONG -- le fonds "Dobryie Lioudi" et l'organisation "Officiers de Russie" -- l'Union des vétérans a lancé son propre programme pour traiter les troubles psychologiques et réintroduire les anciens combattants dans la vie active.

- Blessé abandonné –

Responsable de l'Union des vétérans à Moscou, Elnour Khismatoulline, 30 ans, est un ancien des forces spéciales, devenu ensuite policier. En 2022, il a rejoint Wagner et combattu à Bakhmout.

Ce gaillard originaire de la région de Bachkirie affirme avoir subi six commotions successives après s'être retrouvé sous les obus ukrainiens.

Evacué de la zone de conflit, il a perdu la parole à cause du choc et dit souffrir d'un syndrome de stress post-traumatique. A son retour en Russie, il a recommencé à s'exprimer normalement après deux mois de consultations avec des psychologues.

Depuis, aider d'autres vétérans est devenu "le sens de (sa) vie". Il regrette toutefois le manque de considération de beaucoup de ses concitoyens désintéressés du conflit et vivant "dans leur petit monde".

Il se mobilise actuellement pour financer les soins d'un soldat russe retrouvé à moitié mort en 2022 sur le champ de bataille, victime de graves lésions cérébrales puis abandonné, alité et muet, dans un hospice près de Moscou.

Les vétérans interrogés par l'AFP veulent éviter les ornières ayant suivi la guerre soviétique en Afghanistan et celles russes en Tchétchénie, quand des dizaines de milliers d'ex-soldats s'étaient retrouvés sans aide.

Surtout que l'intensité exceptionnelle des combats en Ukraine risque d'entraîner des traumatismes dévastateurs.

"Faut comparer ça à 1941 (date de l'attaque nazie contre l'URSS) quand nos grands-pères étaient dans les tranchées, sans eau, sans nourriture", pointe Alexandre Bossenov, 25 ans, qui a aussi combattu pour Wagner à Bakhmout.

Lui se verrait bien travailler dans la sécurité ou la formation des recrues. "Je sais tirer avec tous les types d'armes à feu, jusqu'au mortier", lance-t-il d'une voix nerveuse, avec une étrange lueur dans le regard.

Sur le dessus de son crâne, il dévoile une longue cicatrice blanche, celle laissée par une balle de sniper qui lui a effleuré la tête.

J.M.Ellis--TFWP