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Le Parlement roumain doit se prononcer mardi sur le gouvernement proposé par le Premier ministre désigné, le pro-européen Luca Niculescu, dans l'espoir de mettre un terme à une crise politique qui paralyse le pays depuis des mois.
Âgé de 55 ans, cet ancien diplomate et ex-journaliste est le quatrième responsable chargé, par le président Nicusor Dan, de former un gouvernement depuis la chute en mai de la coalition au pouvoir.
Trois partis pro-européens se sont engagés à soutenir son cabinet, lui assurant en principe une majorité parlementaire.
Sans appartenance politique, Luca Niculescu a proposé une équipe composée de ministres issus du Parti social-démocrate (PSD), principale formation du pays, ainsi que de technocrates.
"C'est une formule peu courante en Roumanie, mais qui est appropriée à la situation dans laquelle nous nous trouvons", a-t-il déclaré sur Facebook, estimant que le pays avait besoin d'un gouvernement capable de "prendre rapidement des décisions" après des mois de turbulences.
La Roumanie traverse une crise politique depuis la chute, il y a cinq mois, d'une coalition pro-européenne de quatre partis, dirigée par le Premier ministre libéral Ilie Bolojan.
Depuis lors, le parti d'extrême droite Alliance pour l'union des Roumains (AUR) domine les sondages avec près de 40 % des intentions de vote et réclame des élections anticipées.
Une perspective écartée par le président centriste Nicusor Dan, qui estime qu'un nouveau scrutin ne ferait que prolonger l'instabilité politique tout en aggravant la situation des finances publiques. Il a également exclu toute participation de l'extrême droite au gouvernement.
Le chef de l'État a choisi Luca Niculescu début octobre, jugeant que son expérience diplomatique lui permettrait de réduire les divisions politiques et de rassembler une majorité parlementaire.
- "Éteindre les incendies" -
Actuel secrétaire d'État au ministère des Affaires étrangères, où il supervise le processus d'adhésion de la Roumanie à l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), Luca Niculescu a auparavant occupé plusieurs postes diplomatiques, notamment en France.
Ancien journaliste, il a été rédacteur en chef de Radio France internationale (RFI) Roumanie et correspondant pour plusieurs médias français.
Membre de l'Union européenne (UE) et de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), la Roumanie, qui partage une frontière avec l'Ukraine, connaît une forte instabilité politique depuis l'annulation de l'élection présidentielle de décembre 2024, sur fond d'accusations d'ingérence russe.
Les élections législatives organisées le même mois ont débouché sur un Parlement fragmenté, les partis d'extrême droite remportant environ un tiers des sièges.
En mai 2026, le PSD a quitté la coalition au pouvoir à la suite de désaccords avec Ilie Bolojan sur la politique budgétaire et les mesures d'austérité. Il s'est ensuite allié à l'extrême droite pour faire adopter une motion de censure qui a entraîné la chute du gouvernement.
Bien que passés dans l'opposition, les libéraux de l'ancien Premier ministre ont annoncé qu'ils voteraient en faveur du gouvernement de Luca Niculescu.
"La Roumanie a besoin d'un gouvernement opérationnel pour éviter l'effondrement de certaines institutions publiques et de services de base", a déclaré Ilie Bolojan durant le week-end.
Outre le PSD et les libéraux, Luca Niculescu bénéficie également du soutien du parti de la minorité hongroise, l'UDMR.
Reste à savoir combien de temps ce cabinet de circonstance pourra tenir. Le PSD a indiqué qu'il réévaluerait la situation dans six mois, tandis que les libéraux se sont pour l'instant engagés à l'appuyer le temps de faire adopter le budget 2027.
Pour l'analyste politique Sergiu Miscoiu, des tensions pourraient rapidement apparaître entre les ministres social-démocrates et les technocrates. "Nous risquons d'assister à une nouvelle série d'hostilités dès ce printemps", a-t-il estimé auprès de l'AFP.
"Le Premier ministre devra en grande partie jouer les pompiers, éteindre les incendies et tenter de faire avancer les choses dans les circonstances actuelles", a-t-il ajouté.
S.Rocha--TFWP