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Avions de combat, drones, blindés : le moindre équipement militaire embarque désormais quantité de données numériques, plus ou moins sensibles. Pour éviter qu'un secret défense se retrouve sur un réseau non protégé, Airbus fournira aux forces françaises des "passerelles" pour contrôler les échanges de données.
Le géant de l'aéronautique et de la défense, via sa filiale Airbus Cybersecurity France, a été choisi mercredi par la direction générale de l’armement (DGA) pour doter l'armée française de ces équipements.
Ces "passerelles" doivent notamment empêcher qu’une information classifiée ne circule vers un réseau moins protégé, tout en permettant certains échanges indispensables au fonctionnement des forces.
Le contrat d'une durée de 25 ans, dont le montant n'a pas été dévoilé, couvre la conception de prototypes, leur production et leur maintenance en conditions opérationnelles.
"L’armée a besoin de cette passerelle pour pouvoir à la fois protéger ses systèmes qui contiennent des informations secrètes et permettre, dans des conditions très maîtrisées, d’échanger des données entre des réseaux de niveau secret et des réseaux de niveau moins secret", explique à l'AFP Nicolas Razy, directeur des activités de cybersécurité d'Airbus France.
Les réseaux du ministère des Armées sont cloisonnés selon la sensibilité des informations qu’ils contiennent. Mais certaines données doivent passer de l'un à l'autre.
"Quand le général envoie son ordre à un colonel qui envoie son ordre à un commandant qui envoie son ordre à un capitaine, à un moment, on va passer du niveau secret au niveau restreint", explique M. Razy.
La passerelle doit alors vérifier que les informations transmises à un réseau moins confidentiel ne sont plus secrètes.
Cette vérification peut être automatisée mais un opérateur humain intervient encore souvent. Les passerelles enregistrent également les échanges afin de pouvoir retracer les opérations a posteriori.
Elles peuvent aussi imposer une circulation des données dans un seul sens, afin d’empêcher qu’une information parvienne à un réseau qui n’est pas autorisé à la recevoir.
- "De la donnée partout" -
Le programme baptisé Paracom prévoit plusieurs formats, destinés aux centres informatiques mais aussi aux postes de commandement et à des équipements embarqués sur des avions, navires, sous-marins, drones ou véhicules terrestres.
L’installation doit s’adapter aux contraintes propres à chaque équipement militaire, qu'il s'agisse d'un avion, d'un hélicoptère, d'un sous-marin ou d'un blindé en fonction de vibrations, température, espace disponible ou puissance électrique.
"Quand on installe quelque chose dans un hélicoptère où il y a très peu de place disponible, ou dans un datacenter, cela n’a rien à voir", souligne Nicolas Razy.
La généralisation du numérique multiplie les échanges de données de niveaux de confidentialité différents à bord des équipements militaires.
"Le moindre système a de la donnée numérique", explique Nicolas Razy.
Dans un véhicule ou un avion peuvent ainsi circuler dans le même temps des données "de niveau secret, restreint ou non protégé", ajoute-t-il.
Dans un avion de combat, les données de pilotage peuvent côtoyer celles de systèmes de missions sensibles notamment liées à la dissuasion nucléaire.
"Il ne faut pas qu’on ait des informations de dissuasion nucléaire qui passent sur le réseau qui n'est pas censé les héberger", souligne Nicolas Razy.
M.McCoy--TFWP