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Sous pression après des défaites électorales dimanche face à l'extrême droite et la gauche radicale, l'impopulaire chancelier Friedrich Merz s'est engagé à poursuivre les réformes promises, fermant la porte à un départ prématuré, après des jours de spéculations à ce sujet.
Le dirigeant allemand ressort cependant très fragilisé de deux scrutins, les estimations voyant notamment son parti conservateur évincé d'un parlement régional pour la première fois de son histoire.
D'après les estimations vers 22H00 (20H00 GMT), la CDU n'obtient que 4,9% des voix en Mecklembourg-Poméranie occidentale (nord-est), sous le seuil des 5% nécessaire pour conserver des élus au parlement du Land.
De son côté, le parti d'extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) recueille plus de 38% des votes, faisant plus que doubler son score en cinq ans.
Plus tôt dans la soirée, avant que l'élimination de la CDU soit annoncée, le chancelier a reconnu un "désastre", mais s'est engagé à maintenir le cap de ses réformes, fermant la porte à un départ prématuré.
"Je prends cette responsabilité parce que je veux faire avancer notre pays", a-t-il dit, admettant que la "confiance dans les institutions de notre pays diminue" et estimant qu'elle était "activement sapée par des partis radicaux de gauche comme de droite".
La CDU avait déjà essuyé un premier camouflet dans le Land de Saxe-Anhalt deux semaines auparavant, où l'AfD a remporté la quasi-totalité des voix, nourrissant des spéculations autour d'une potentielle démission du chancelier.
En outre, dans la capitale-Etat de Berlin, la CDU est devancée dimanche par la gauche radicale Die Linke.
- Prendre ses responsabilités -
Le co-chef des sociaux-démocrates allemands et ministre des Finances, Lars Klingbeil, allié au niveau fédéral avec les conservateurs de M. Merz, a reconnu que les élections de dimanche démontraient que le gouvernement n'était pas parvenu à convaincre du bien-fondé des réformes prévues, notamment des retraites, alors que le pays connaît stagnation économique et crise du pouvoir d'achat.
"Je trouve que nous devons regarder ces résultats avec humilité et nous interroger sur ce que nous pouvons faire autrement et mieux", a-t-il dit.
Les seize mois de M. Merz à la chancellerie ont été marqués par la lenteur de la prise de décisions, notamment du fait de disputes à répétition entre conservateurs et sociaux-démocrates, donnant l'impression qu'il ne contrôlait pas sa fragile majorité.
Dimanche au Mecklembourg, l'AfD devance donc, avec environ 38%, de deux points les sociaux-démocrates. Sauf surprise, ces derniers devraient néanmoins conserver le contrôle de l'exécutif régional en s'alliant avec d'autres partis de gauche.
A Berlin, la liste conduite par la candidate de Die Linke, Elif Eralp, arrive en tête (25% environ) devançant la CDU du chancelier (20%), et pourra lui ravir la mairie si elle s'entend, là aussi, avec d'autres partis de gauche.
"Dans notre ville, la liberté et la justice ont triomphé de la haine", a-t-elle déclaré, en référence à l'extrême droite.
L'AfD signe cependant un bon score dans la capitale, réputée ouverte et tolérante, avec environ 15%, selon les estimations des chaînes allemandes, un bond par rapport aux 9% enregistrés en 2023.
Différentes figures du parti ont d'ailleurs tour à tour salué un "résultat sensationnel" au Mecklembourg et un "bon résultat" à Berlin.
- Pare-feu -
"Nous sommes la principale force politique" d'Allemagne, a proclamé la codirigeante de l'AfD, Alice Weidel qui a appelé à mettre "fin à la bêtise du pare-feu", c'est-à-dire le consensus au sein de la classe politique de ne pas s'allier avec l'AfD.
Au Mecklembourg, Thomas Pfetzner, un membre de l'AfD, jubile et espère que le score record de son parti ouvrira la voie à des responsabilités politiques.
"Il faut coopérer avec une force démocratique qui a près de 40% des suffrages", dit-il à l'AFP.
M. Merz avait promis de relancer l'économie nationale en stagnation, de réarmer le pays pour dissuader une Russie hostile et de contenir l'immigration irrégulière pour regagner les électeurs passés à l'AfD, devenue deuxième force politique du pays lors des législatives de 2025.
Mais la lenteur des réformes et une série de couacs ont nourri une percée de l'AfD. Le parti devance désormais la CDU dans les sondages nationaux.
Jusqu'ici, aucune formation n'a jamais voulu s'allier avec l'extrême droite, mais ses succès pourraient relancer le débat, notamment au sein du parti conservateur du chancelier.
D.Ford--TFWP