The Fort Worth Press - Equateur: le "canal de la mort", décharge à cadavres à Guayaquil

USD -
AED 3.672498
AFN 63.999843
ALL 82.028552
AMD 366.91072
ANG 1.790403
AOA 917.50255
ARS 1485.772296
AUD 1.441379
AWG 1.8
AZN 1.701531
BAM 1.709802
BBD 2.010718
BDT 123.046662
BGN 1.69088
BHD 0.376352
BIF 2972.527593
BMD 1
BND 1.29151
BOB 6.923833
BRL 5.126103
BSD 0.998365
BTN 95.181729
BWP 13.485798
BYN 2.891307
BYR 19600
BZD 2.007833
CAD 1.42177
CDF 2254.999931
CHF 0.806541
CLF 0.02352
CLP 925.689506
CNY 6.796397
CNH 6.80216
COP 3356.08
CRC 454.857393
CUC 1
CUP 26.5
CVE 96.39518
CZK 21.15435
DJF 177.78244
DKK 6.54101
DOP 59.053655
DZD 133.181971
EGP 48.894203
ERN 15
ETB 161.135439
EUR 0.87509
FJD 2.2392
FKP 0.748952
GBP 0.747485
GEL 2.634995
GGP 0.748952
GHS 11.376243
GIP 0.748952
GMD 73.503834
GNF 8756.278057
GTQ 7.617965
GYD 208.834007
HKD 7.84295
HNL 26.721451
HRK 6.592799
HTG 130.46234
HUF 309.693498
IDR 17988
ILS 2.99955
IMP 0.748952
INR 95.301896
IQD 1307.818059
IRR 1375700.000035
ISK 126.009616
JEP 0.748952
JMD 157.893126
JOD 0.709016
JPY 161.933497
KES 129.249703
KGS 87.450269
KHR 4005.752477
KMF 431.502326
KPW 900.00035
KRW 1528.420025
KWD 0.31025
KYD 0.831986
KZT 471.900093
LAK 22511.878379
LBP 89399.458862
LKR 334.386761
LRD 181.199869
LSL 16.198219
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.405448
MAD 9.347
MDL 17.600546
MGA 4239.973773
MKD 53.934285
MMK 2099.754651
MNT 3582.367601
MOP 8.065373
MRU 39.845263
MUR 47.080258
MVR 15.450071
MWK 1730.76839
MXN 17.40595
MYR 4.07797
MZN 63.919621
NAD 16.198502
NGN 1368.259407
NIO 36.735425
NOK 9.802985
NPR 152.291116
NZD 1.758135
OMR 0.384498
PAB 0.998361
PEN 3.399497
PGK 4.386881
PHP 61.432499
PKR 277.561349
PLN 3.754185
PYG 6055.758084
QAR 3.649699
RON 4.577103
RSD 102.701023
RUB 77.106742
RWF 1462.996717
SAR 3.75746
SBD 8.097426
SCR 14.122238
SDG 600.499188
SEK 9.645296
SGD 1.29271
SHP 0.746601
SLE 24.374939
SLL 20969.503664
SOS 570.516883
SRD 37.693043
STD 20697.981008
STN 21.418611
SVC 8.735106
SYP 110.532098
SZL 16.195022
THB 33.357994
TJS 9.234575
TMT 3.5
TND 2.953295
TOP 2.40776
TRY 46.839802
TTD 6.760413
TWD 32.126297
TZS 2624.998051
UAH 44.516276
UGX 3647.251666
UYU 40.161731
UZS 12025.020435
VES 666.216185
VND 26301
VUV 118.993979
WST 2.773187
XAF 573.446631
XAG 0.016456
XAU 0.000243
XCD 2.70255
XCG 1.799211
XDR 0.71319
XOF 573.454151
XPF 104.259644
YER 237.074972
ZAR 16.253301
ZMK 9001.193849
ZMW 18.394573
ZWL 321.999592
  • AEX

    3.1400

    1085.45

    +0.29%

  • BEL20

    13.7600

    5746.4

    +0.24%

  • PX1

    55.9600

    8535.5

    +0.66%

  • ISEQ

    115.8700

    14076.46

    +0.83%

  • OSEBX

    11.0500

    1949.15

    +0.57%

  • PSI20

    65.4500

    9283.06

    +0.71%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -115.3000

    4688.99

    -2.4%

  • N150

    20.7700

    4258.69

    +0.49%

Equateur: le "canal de la mort", décharge à cadavres à Guayaquil
Equateur: le "canal de la mort", décharge à cadavres à Guayaquil / Photo: © AFP

Equateur: le "canal de la mort", décharge à cadavres à Guayaquil

Quand une personne disparaît en Equateur, sa famille contacte généralement police, hôpitaux et morgue. Mais à Guayaquil (ouest) ravagé par la violence criminelle, on cherche d'abord dans le "canal de la mort", où les cadavres sont balancés par centaines.

Taille du texte:

Ce canal long de 45 kilomètres traverse Nueva Prosperina, considéré comme le district le plus violent du principal port commercial d'Equateur d'où part la cocaïne par centaines de tonnes vers l'Europe et les Etats-Unis.

Il avait été construit voilà une dizaine d'années pour l'irrigation agricole. Les riverains affirment que c'est depuis la pandémie et la hausse soudaine de la criminalité que le canal a commencé à se remplir de cadavres.

Un chemin de terre le longe, entre ordures, chiens errants et urubus, ces charognards noirs d'Amérique latine.

Ici ni éclairage, ni caméras de surveillance. Des hommes armés à moto contrôlent les accès, selon les habitants, qui dénoncent l'abandon des autorités. Les taxis rechignent à y entrer et les services essentiels manquent.

Depuis une colline, on voit des maisons sans fenêtres du quartier occupées par des groupes criminels.

"De là, ils nous mettent en joue avec des fusils", raconte sous couvert d'anonymat un policier qui a accompagné l'AFP jusqu'à ce repaire. "Rien ici ne se fait sans leur permission", affirme-t-il.

- "La mort nous rend visite" -

"On vit dans la peur, portes closes, impossible de les ouvrir car sinon la mort nous rend visite", décrit Juan Ordoñez, un habitant du quartier depuis 40 ans, qui raconte avoir vu des cadavres coincés dans les vannes à l'extrémité du canal.

Depuis 2023, la police médico-légale a retiré plus de 100 cadavres jetés dans le faible courant, certains dans des sacs en toile de jute ou dénudés.

En novembre, elle a aussi découvert dans la zone du Canal de la mort une fosse contenant neuf corps démembrés.

"C'est là qu'ils jettent les cadavres. Certains sont exécutés sur les rives en amont, puis sont entraînés par le courant", explique à l'AFP le lieutenant Christian Echeverria, de l'unité de police chargée d'enquêter sur les morts violentes.

Il dit ne plus savoir combien de cadavres il a vu sortir des eaux depuis trois ans qu'il est affecté à Guayaquil.

En 2025 en Equateur, selon les chiffres officiels, une personne était en moyenne assassinée chaque heure.

Georgina Bermeo, 38 ans, était immergée à plat ventre dans l'eau sale, lorsque ses proches ont trouvé son corps au mois de mai.

Avec son époux, José Cedeño, 43 ans, lui aussi retrouvé dans le canal, ils ont été victimes d'un vol avant d'être abattus.

"Le seul péché que nous ayons commis c'est d'être noirs", déclare par téléphone à l'AFP la sœur de Georgina Bermeo, qui préfère taire son nom d'épouse par peur de représailles.

Elle ne cherche pas à obtenir justice et porter plainte car, selon elle, "les policiers sont achetés par les délinquants".

- De mèche -

Jonathan Villon venait de servir le petit-déjeuner à ses trois enfants lorsqu'il a été arrêté lors d'une opération militaire à Guayaquil en 2024. Il est depuis porté disparu.

Dans son rapport sur l’Équateur publié en mars, le Comité des disparitions forcées (CED) du Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l'Homme (HCDH), composé d'experts indépendants, a indiqué avoir recueilli depuis 2024 quelque 51 plaintes visant des policiers et militaires.

Elles se sont multipliées depuis l'Etat d'urgence quasi permanent décrété par le président de droite Daniel Noboa dans sa stratégie de lutte contre contre le crime organisé, soutenue par les États-Unis.

Le chauffeur du véhicule de transport de troupes qui ont arrêté Jonathan Villon a témoigné que M. Villon avait été abandonné vivant sur les rives du "canal de la mort".

La sœur de la victime, qui a demandé à ne pas être identifiée, a parcouru deux fois le canal tout du long.

Depuis qu'elle a dénoncé publiquement la disparition de son frère, l'accès au canal lui a été interdit. La dernière fois, elle a été chassée "par des tirs", affirme celle qui a également perdu son compagnon, assassiné l'année dernière.

Elle a reçu des menaces de mort et a décidé, avec sa mère, de fuir Guayaquil. "Les bandes criminelles travaillent avec les militaires", affirme-t-elle.

Les taux d'homicides restent désespérément hauts à Guayaquil, trois millions d'habitants, où plus de 900 assassinats ont été enregistrés entre janvier et mai, selon les chiffres officiels.

K.Ibarra--TFWP