The Fort Worth Press - Au Panama, une migration inversée et désordonnée face à la politique de Trump

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Au Panama, une migration inversée et désordonnée face à la politique de Trump
Au Panama, une migration inversée et désordonnée face à la politique de Trump / Photo: © AFP

Au Panama, une migration inversée et désordonnée face à la politique de Trump

Plus de 2.000 migrants sont arrivés ces dernières semaines au Panama, beaucoup tentant de poursuivre leur route vers la Colombie puis le Venezuela, un mouvement croissant de migration inversée -du nord vers le sud- provoqué par le durcissement de la politique américaine et que le pays d'Amérique centrale peine à maîtriser

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Darwin Gonzalez, Vénézuélien de 46 ans, évoque une nouvelle "déception". "J'avais l'espoir d'offrir une vie meilleure à mes filles, mais bon, ça n'a pas marché", constate-t-il, amer, depuis le quai du petit village de Miramar, dans la province de Colon.

"A nouveau, notre voyage est difficile. On nous extorque, on nous vole. Quitter le Mexique pour venir ici, ça a été la même histoire que quitter le Venezuela", raconte à l'AFP son compatriote Francisco, 31 ans et qui préfère taire son nom de famille pour des raisons de sécurité.

Miramar est devenu un nouveau point de départ vers l'Amérique du Sud pour les migrants arrivés au Panama après avoir quitté le Mexique, qu'ils avaient rejoint après des semaines d'un périple dangereux et éprouvant, et où ils étaient parfois restés des mois dans l'espoir d'obtenir un rendez-vous pour obtenir l'asile aux Etats-Unis.

Depuis son retour au pouvoir le 20 janvier, Donald Trump a mis en place une vaste offensive anti-immigration, conformément à ses promesses de campagne.

L'administration américaine organise des expulsions très médiatisées, avec des vols militaires transportant des personnes menottées vers des pays d'Amérique latine. Elle a également supprimé l'application mobile CBP One, qui permettait aux migrants de prendre rendez-vous pour demander l'asile.

Face à ce barrage, des migrants choisissent de rebrousser chemin. Décidés à ne pas revivre l'expérience de la difficile traversée à pied de la jungle du Darien, située à cheval sur la Colombie et le Panama et où sévissent des groupes criminels, hommes, femmes et enfants optent pour la voie maritime pour continuer leur voyage de retour.

-La mer, pas la jungle-

"Nous avons dépensé environ 2.000 dollars pour rentrer, en économisant, c'est-à-dire en mangeant un seul repas par jour, en mangeant du pain, une petite boisson, des biscuits", témoigne Milagros Rubio, Vénézuélienne de 44 ans qui voyage avec trois membres de sa famille.

Le seul trajet en bateau du Panama jusqu'à la côte colombienne, dans la mer des Caraïbes, coûte environ 250 dollars, selon les personnes interrogées par l'AFP.

Une traversée coûteuse et qui n'est pas sans danger. Récemment, une fillette vénézuélienne de huit ans est morte dans le naufrage au large du Panama d'un bateau de migrants qui se rendaient en Colombie.

Ce drame a incité les autorités indigènes de l'île panaméenne de Carti, d'où partaient de nombreux bateaux, à demander au gouvernement et aux organismes internationaux d'organiser le flux de migrants.

Lors d'une conférence de presse, le président José Raul Mulino a admis jeudi que le nombre de migrants revenant du nord, principalement des Vénézuéliens, était "en hausse", citant le chiffre de 2.200 personnes.

Il a affirmé que son pays cherchait à collaborer avec ses partenaires, en particulier le Costa Rica voisin, pour gérer le flux migratoire inverse tout en respectant les droits des migrants.

Le Panama fait également des "efforts concrets" pour négocier avec Bogota afin de permettre aux migrants vénézuéliens d'atteindre la ville colombienne de Cucuta (nord-est), d'où ces derniers pourraient regagner le Venezuela, a déclaré M. Mulino.

Faute de relations diplomatiques avec le Venezuela depuis la réélection contestée du président Nicolas Maduro en juillet, le Panama ne peut pas expulser les migrants vénézuéliens vers Caracas.

En 2024, plus de 300.000 migrants, principalement vénézuéliens, ont traversé la jungle du Darien dans leur périple vers le nord. Depuis le début de l'année, seulement 2.600 personnes environ l'ont franchie dans ce sens, soit 96% de moins que sur la même période en 2024, selon les chiffres officiels panaméens.

J.Ayala--TFWP