The Fort Worth Press - Changement climatique: les surfaces brûlées en Europe vont augmenter, préviennent des chercheurs

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Changement climatique: les surfaces brûlées en Europe vont augmenter, préviennent des chercheurs
Changement climatique: les surfaces brûlées en Europe vont augmenter, préviennent des chercheurs / Photo: © AFP/Archives

Changement climatique: les surfaces brûlées en Europe vont augmenter, préviennent des chercheurs

Les surfaces brûlées lors des incendies en Europe augmenteront vraisemblablement avec le changement climatique, mais cette hausse dépendra du niveau de l'augmentation des températures et peut en partie être compensée par de meilleurs moyens de lutte, estiment des chercheurs dans une étude publiée jeudi.

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"Nos résultats indiquent qu'il pourrait y avoir des augmentations généralisées des superficies brûlées même en cas de réchauffement relativement bas d'environ 1,8°C" à l'échelle mondiale, indique Maik Billing, chercheur à l'Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique (PIK) et auteur principal de l'étude.

Cette étude est publiée alors que l'Europe est touchée par des feux dévastateurs cet été, alimentés par la chaleur et la sécheresse, en Belgique, en Espagne, en France ou encore en Grèce.

Ainsi, environ 39% de surfaces supplémentaires seraient brûlées chaque année d'ici la fin du siècle dans un scénario "bas" d'augmentation des gaz à effet de serre et de réchauffement, calculent les chercheurs.

Plus précisément, ce résultat est obtenu avec l'un des deux modèles d'évolution des feux testés par les chercheurs, le second suggérant un possible recul des surfaces brûlées à ce niveau de réchauffement grâce à une meilleure gestion des feux. Mais les scientifiques préfèrent prendre avec des pincettes ce second résultat, fondé sur des données historiques pas forcément extrapolables à l'avenir.

"Dans des conditions météorologiques d'incendie de plus en plus extrêmes, le comportement des feux peut devenir plus imprévisible, et les incendies peuvent dépasser les capacités de lutte contre les incendies, même les plus développées", souligne auprès de l'AFP Maik Billing.

Les résultats sont sans ambigüité en cas de hausse plus marquée des émissions de gaz à effet de serre.

"Si nous émettons plus et que les températures mondiales augmentent d'environ 3,6°C, nous constatons que les incendies deviennent beaucoup plus fréquents, en particulier autour de la Méditerranée et dans une grande partie de l'Europe centrale et occidentale, y compris dans des régions qui n'ont pas connu beaucoup d'incendies jusqu'à présent", ajoute-t-il.

Dans ce scénario "haut", la surface brûlées augmenterait ainsi de quelque 192% - soit un quasi triplement - d'ici 2100.

Toutefois, les auteurs estiment que les améliorations dans les capacités de gestion des feux pourraient "substantiellement modérer" ces augmentations, en réduisant la surface brûlée de 72 à 92% par rapport aux scénarios établis sans prendre en compte ces améliorations. Mais le potentiel de celles-ci resterait limité en cas de fort réchauffement.

"Les conditions propices aux incendies s'intensifient, donc nous devons investir davantage. Si l'Europe augmente ses investissements dans la gestion des feux de forêt: formation des équipes de pompiers, équipement adapté, bonne coordination, etc., nos projections montrent que cela peut faire une différence significative", souligne Thomas Hickler, co-auteur de l'étude.

"Mais si les incendies deviennent vraiment extrêmes, notre capacité à les contenir pourrait s'effondrer, et nous ne savons pas encore où se situe ce point de bascule. Les récents incendies records en France montrent clairement que nous ne pouvons pas simplement extrapoler à partir des expériences passées", met-il en garde.

G.Dominguez--TFWP