The Fort Worth Press - Face aux canicules, des solutions "low-tech" pour combattre la chaleur en ville

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Face aux canicules, des solutions "low-tech" pour combattre la chaleur en ville
Face aux canicules, des solutions "low-tech" pour combattre la chaleur en ville / Photo: © AFP/Archives

Face aux canicules, des solutions "low-tech" pour combattre la chaleur en ville

Ombrières, arrosage des rues, plantes grimpantes: au-delà des plantations d'arbres et des grands projets de rénovation, des solutions simples, rapides et économiques existent pour combattre la chaleur en ville, soulignent plusieurs experts.

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Selon l'urbaniste Clément Gaillard, spécialiste de l'adaptation au changement climatique, l'enjeu pour les villes est de "rendre l'espace public plus confortable et praticable" en cas de fortes chaleurs.

Cela passe selon lui par la multiplication des zones d'ombre.

"Soit le sol le permet, et dans ce cas il faut privilégier les plantations d'arbres, soit on peut installer des voiles d'ombrage en s'accrochant sur les façades existantes", explique-t-il à l'AFP.

Remise au goût du jour, cette solution déjà utilisée au XIXe siècle s'est développée à Toulouse, où elle a permis, selon la municipalité, de faire baisser la température "de un à cinq degrés".

Ces voiles présentent toutefois quelques contraintes, entre risque d'arrachage en cas de tempête, limitation de l'accès des pompiers aux façades et frein au refroidissement nocturne si elles ne sont pas ajourées.

Certaines villes innovent avec des solutions hybrides. A Cuers (Var), la commune s'est lancée dans une démarche de "ville basse température l'été", avec une panoplie de dispositifs, dont les ombrières simples pour freiner le rayonnement du soleil, et une ombrière photovoltaïque qui doit produire de l'électricité pour un centre culturel.

L'usage de plantes grimpantes, comme le houblon ou la vigne vierge, permet aussi de former de l'ombre sur de larges surfaces, que ce soit en façade ou sur des câbles entre des bâtiments.

"De plus en plus de collectivités font le choix de variétés comme le houblon, qu'elles associent à une ombre rapide car c'est une plante qui pousse vite", explique Loéna Trouvé, cheffe de projet au Centre d'études et d'expertise sur les risques (Cerema).

La gestion de l'eau est aussi un levier essentiel.

A Lyon, le projet des arbres de pluie entend favoriser l'infiltration des eaux pluviales là où elles tombent, afin de créer des îlots de fraîcheur.

- Bancs rafraîchis -

Pour y parvenir, la ville agrandit les fosses entourant les arbres existants, tandis que la voirie a été repensée pour retenir l'eau vers l'arbre grâce à des tranchées d'infiltration et autres noues (des fossés larges et peu profonds) plantées, plutôt que de l'évacuer vers les réseaux d'assainissement.

"Le premier sujet de l'adaptation, c'est l'eau, parce que sans eau, pas de végétal. Or, il reste encore des progrès à faire pour considérer que l'eau pluviale n'est plus un déchet, mais une ressource essentielle pour préserver les espaces verts et, avec l'effet d'évapotranspiration, contribuer au rafraîchissement de la ville", observe Sébastien Maire, délégué général de l'association France villes et territoires durables.

Parmi les dispositifs ponctuels, figurent également les brumisateurs et les bancs rafraîchis, qui restent froids en captant l'air du sous-sol, comme celui de carrières, pour ensuite le rediffuser.

Testé à Paris, le simple arrosage des rues a également démontré qu'il pouvait significativement réduire la chaleur des surfaces, notamment s'il intervient en fin de journée pour maximiser l'effet d'évaporation.

"On va le pratiquer dans les rues étroites car plus une rue est étroite et plus elle est confortable en journée mais a du mal à évacuer la chaleur la nuit", souligne Clément Gaillard.

Parmi les solutions "low-tech", les patios sont en bonne place, assure l'urbaniste.

"Ces cours intérieures très ombragées fonctionnent comme des pièges à air froid. Plus un patio est étroit, plus il est rafraîchi en journée, avec des températures allant jusqu'à 9°C de moins qu'à l’extérieur", souligne M. Gaillard, même si la densification urbaine a réduit leur présence.

Reste que ces solutions trouvent aussi leurs limites face à des canicules de plus en plus fréquentes, longues, intenses, et qui plongent les arbres dans une situation de stress hydrique.

Certains experts plaident pour une approche globale qui mobiliserait à la fois les espaces publics et privés.

"Après des stratégies d'adaptation sur le domaine public, qui représente environ 20% du territoire des villes, l'étape suivante est une démarche de coopération avec les autres 80%, à savoir les entreprises qui ont du foncier, les bailleurs sociaux, les copropriétés, le clergé", plaide ainsi Sébastien Maire.

F.Carrillo--TFWP