The Fort Worth Press - L'Amazonie péruvienne consumée par l'exploitation aurifère illégale

USD -
AED 3.6725
AFN 63.999963
ALL 81.031648
AMD 363.339607
ANG 1.790365
AOA 917.999804
ARS 1524.705601
AUD 1.424309
AWG 1.8
AZN 1.682409
BAM 1.7198
BBD 2.014334
BDT 123.134148
BGN 1.683441
BHD 0.376974
BIF 2996.596875
BMD 1
BND 1.278343
BOB 12.245759
BRL 5.218835
BSD 1.000132
BTN 95.938305
BWP 13.673816
BYN 3.027326
BYR 19600
BZD 2.011326
CAD 1.41692
CDF 2339.999699
CHF 0.832115
CLF 0.024551
CLP 969.44992
CNY 6.71325
CNH 6.71309
COP 3360.3
CRC 454.20569
CUC 1
CUP 24.002462
CVE 96.96141
CZK 21.467901
DJF 178.084962
DKK 6.577425
DOP 59.542287
DZD 133.898952
EGP 52.099202
ERN 15
ETB 162.972098
EUR 0.879898
FJD 2.238201
FKP 0.754816
GBP 0.75475
GEL 2.615059
GGP 0.754816
GHS 11.635494
GIP 0.754816
GMD 73.487652
GNF 8795.170658
GTQ 7.637958
GYD 209.257745
HKD 7.84493
HNL 26.846287
HRK 6.632298
HTG 130.885748
HUF 323.53006
IDR 18049
ILS 3.079598
IMP 0.754816
INR 95.990103
IQD 1310.042516
IRR 1374837.497943
ISK 120.54049
JEP 0.754816
JMD 158.315197
JOD 0.708963
JPY 157.515498
KES 129.749784
KGS 87.448502
KHR 4059.056814
KMF 432.999961
KPW 900.000318
KRW 1360.974981
KWD 0.30885
KYD 0.833443
KZT 439.793707
LAK 22439.127338
LBP 89556.106612
LKR 331.022111
LRD 172.008688
LSL 16.434096
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.397263
MAD 9.630717
MDL 17.680991
MGA 4387.052523
MKD 54.140561
MMK 2099.83552
MNT 3596.071123
MOP 8.080829
MRU 40.062785
MUR 47.469804
MVR 15.449921
MWK 1734.1564
MXN 17.833685
MYR 4.082197
MZN 63.910181
NAD 16.434096
NGN 1328.439777
NIO 36.800429
NOK 9.52116
NPR 153.505837
NZD 1.765425
OMR 0.384482
PAB 1.000079
PEN 3.398334
PGK 4.52425
PHP 62.502968
PKR 277.095071
PLN 3.84667
PYG 5873.947548
QAR 3.645277
RON 4.645004
RSD 103.410375
RUB 84.497409
RWF 1476.596231
SAR 3.755913
SBD 8.000512
SCR 13.914605
SDG 601.502416
SEK 9.965625
SGD 1.278495
SHP 0.755002
SLE 24.650237
SLL 20969.491881
SOS 571.60445
SRD 37.685985
STD 20697.981008
STN 21.545091
SVC 8.750324
SYP 13002.000254
SZL 16.429972
THB 33.625502
TJS 9.225649
TMT 3.51
TND 2.961507
TOP 2.40776
TRY 48.982301
TTD 6.787754
TWD 31.804964
TZS 2635.003021
UAH 44.876871
UGX 3914.861437
UYU 40.089518
UZS 11815.811573
VES 852.43145
VND 25974.5
VUV 117.801098
WST 2.745718
XAF 577.175174
XAG 0.016375
XAU 0.000242541838
XCD 2.70255
XCG 1.802386
XDR 0.707052
XOF 577.175174
XPF 104.870231
YER 236.650243
ZAR 16.43214
ZMK 9001.205413
ZMW 19.476614
ZWL 321.999592
SSP 5712.591901
MXV 2.019619
  • AEX

    3.2000

    1105.55

    +0.29%

  • BEL20

    -25.9400

    5737.76

    -0.45%

  • PX1

    -7.3300

    8131.86

    -0.09%

  • ISEQ

    5.7300

    14337.15

    +0.04%

  • OSEBX

    1.2600

    2108.79

    +0.06%

  • PSI20

    21.1600

    9638.63

    +0.22%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -20.9400

    4631.6

    -0.45%

  • N150

    -6.4200

    4271.03

    -0.15%

L'Amazonie péruvienne consumée par l'exploitation aurifère illégale
L'Amazonie péruvienne consumée par l'exploitation aurifère illégale / Photo: © AFP

L'Amazonie péruvienne consumée par l'exploitation aurifère illégale

Sur les rives du fleuve Madre de Dios, des dragues aspirent jour et nuit les sédiments à la recherche d'or. L'exploitation illégale dévore la forêt amazonienne au Pérou, grand producteur mondial du précieux métal.

Taille du texte:

La région de Madre de Dios, dans le sud-est du pays, à la frontière avec le Brésil et la Bolivie, a perdu depuis 2017 en moyenne 21.000 hectares de forêt par an, soit deux fois la superficie de Paris.

Là où il y avait de la végétation, s'ouvrent désormais de vastes carrières inondées d'eau ocre où les dragues sont à l'oeuvre sans discontinuer.

"Les membres de la communauté ne peuvent plus planter ni maïs, ni bananes, ni yucca, car cette terre est pratiquement morte", déplore Jaime Vargas, un chef indigène de 47 ans, promoteur d'une reforestation des sites miniers abandonnés.

Bien que l'activité soit interdite sur leurs terres, les indigènes sont les premiers à subir les activités minières illégales, même si certains y prennent part.

"C'est l'État qui est responsable, à cause de son désordre" dans la gestion de l'exploitation minière, dénonce auprès de l'AFP le chef indigène du peuple Shipibo.

Trois types d'exploitations aurifères coexistent au Pérou: la légale, l'informelle qui tente d'achever le tortueux processus de légalisation, et l'illégale, dont l'activité finance le crime organisé.

- Cours de l'or -

"Les mineurs illégaux nous envahissent de toutes parts", peste Lucio Quispe, 40 ans, plus emprunt de résignation que de colère. Avec sa famille, il exploite une concession de 200 hectares située à deux heures environ de route de la capitale régionale Puerto Maldonado.

Ses deux frères ont tout récemment été attaqués à la machette, dans une région où les affrontements autour des sites miniers sont monnaie courante.

En 2022, le Pérou a produit officiellement 96 tonnes d'or, mais environ 180 ont été exportées, principalement vers le Canada, l'Inde, la Suisse et les États-Unis, selon les données officielles.

"Quarante-cinq pour cent des exportations n'ont pas de registre de production", souligne l'organisme qui supervise le secteur bancaire et collabore à la lutte contre le blanchiment d'argent.

Des études indépendantes placent le pays au premier rang des exportateurs d'or illégaux en Amérique du Sud, avec 44%, devant la Colombie (25%) et la Bolivie (12%), selon l'Institut péruvien d'économie, un centre de réflexion.

C'est que le cour de l'or a grimpé en flèche au cours des quatre dernières années pour atteindre un niveau record en mai. Le Pérou est le dixième producteur d'or au monde et le deuxième en Amérique latine, selon l'Institut de géophysique américain USGC.

En 2010, un corridor minier de 5.000 km2 a été délimité, afin notamment de protéger réserves et parcs nationaux de la région. Prévue pour l'exploitation minière légale, l'activité informelle y est exceptionnellement autorisée jusqu'à la fin de l'année. Depuis 2016, date du début du processus de légalisation, les autorités ont repoussé l'échéance à plusieurs reprises.

- "Or écologique" -

Sur les 9.000 inscrits en 2019 -date d'expiration de la période d'enregistrement- seuls 200 ont obtenu jusqu'à présent une licence, selon Augusto Villegas, directeur régional de l'énergie et des mines.

Dans le corridor, on exploite l'or alluvionnaire. Dans 100 mètres cubes de terre, on extrait environ 10 à 15 grammes d'or, dont la valeur au gramme peut atteindre les 63 dollars.

"Mais on ne peut pas faire d'omelettes sans casser des œufs, on ne peut pas extraire à Madre de Dios sans sacrifier la forêt", reconnaît-il.

Par ailleurs, de nombreux mineurs continuent d'utiliser du mercure, pour séparer l'or des sédiments, bien que le pays a signé un accord international visant a l'éliminer progressivement et depuis 2015 interdit son importation.

Face à l'explosion des prix de la substance toxique qui s'en est suivie, certains exploitants miniers se sont tournés vers "l'or écologique".

Lucila Huanco, 54 ans, n'utilise plus de mercure depuis trois ans dans sa concession de 3.000 hectares. Elle l'a remplacé par la technique de la séparation par gravité.

Si au départ elle a rencontré des difficultés pour écouler sa production, différente de celle extraite avec du mercure, elle assure avoir désormais un client à Lima qui lui paye 70 dollars le gramme d'or.

"Honnêtement, je ne veux plus qu'on nous montre du doigt comme étant des pollueurs", clame-t-elle.

L.Coleman--TFWP