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Depuis que le litre de gazole a franchi la barre des 2 euros en mars, les Français ont tendance à délaisser leur voiture et trouvent d'autres solutions pour se déplacer. Ceux qui le peuvent achètent une voiture électrique, choisissent les transports en commun lorsqu'ils sont disponibles, ou le covoiturage.
Q: Y-a-t-il un lien entre la flambée des prix des carburants automobiles et les ventes de voitures électriques ?
R: Les voitures électriques bénéficient certes d'aides à l'achat pour encourager la décarbonation, mais leurs ventes s'envolent littéralement depuis mars. En septembre, elles représentaient 42% des voitures neuves vendues en France contre 27% en février avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient et la flambée des prix pétroliers qui a suivi.
A condition de recharger à la maison, rouler en voiture électrique revient deux à trois fois moins cher qu'un plein de gasoil, selon le site spécialisé Sipa automobiles.
Avant l'annonce le 2 octobre par les pays du G7 qu'ils allaient libérer jusqu'à 100 millions de barils de gazole et brut pour tenter de réduire la pression sur les prix des carburants, le prix du gazole a atteint le record de 2,40 euros le litre le 20 septembre. Le même mois, les ventes de voitures à essence ont reculé de 39% par rapport à 2025. Celles de voitures diesel ont chuté de 62%.
Sur les neuf premiers mois de 2026, les voitures électriques représentent 31% du marché français, contre 20% l'an passé, selon la plateforme automobile (PFA).
Q: Y-a-t-il moins de voitures sur les autoroutes ?
R: Oui. Depuis le début de l'année, "on a peu près 3% de trafic en moins" sur les autoroutes Vinci, répond Nicolas Notebaert, directeur général Concessions du groupe. En août, le trafic global a reculé de 5,6%, et de 6,2% pour les véhicules légers.
"C'est une évolution qui apparaît toujours quand il y a une hausse violente du prix de l'essence" comme après l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, explique-t-il.
Q: Trouve-t-on plus de voyageurs dans les trains ?
R: Oui.
"Depuis quelques mois la fréquentation des trains augmente assez fortement, simplement parce que nos concitoyens voyant les prix du carburant augmenter, font le choix du transport collectif, c'est très net, et on observe ce phénomène partout en France", déclare à l'AFP Franck Leroy, président de la région Grand Est et de l'Agence de Financement des infrastructures de transport (AFIT).
En septembre, le nombre de passagers dans les trains régionaux de la SNCF a augmenté de 4% par rapport à 2025, à 39,9 millions, indique SNCF Voyageurs. Le nombre d'abonnés mensuels des TER reste stable par rapport à 2025, mais les usagers occasionnels augmentent de 6% et les abonnements annuels aussi.
En été, le nombre de passagers sur les TER a aussi gonflé de 4,8% par rapport à juillet et août 2025.
Dans les bus longue distance, Blablabus a noté une augmentation de ses taux de remplissage corrélée aux prix à la pompe (+13% en mars lors de la première flambée du carburant, et +8% en septembre).
Q: Quel lien entre hausse du prix des carburants et fréquentation des métros, tram, RER et bus en ville ?
R: C'est encore difficile à dire car les chiffres sont consolidés en fin d'année. Et certains réseaux voient leur fréquentation baisser en été en raison notamment de travaux lourds de maintenance durant la période estivale.
Néanmoins, à fin août, pour la seule Ile-de-France, Transilien qui exploite trains de banlieue et RER a vu sa fréquentation progresser de 4,2% à 618,4 millions de voyages par rapport aux huit premiers mois de 2025.
En Ile-de-France où vivent 12 millions de personnes, le nombre d'abonnements Navigo annuel a augmenté de 3% au premier semestre par rapport à 2025, indique l'autorité organisatrice des transports, Ile-de-France Mobilités.
Q: Et le covoiturage ?
La tendance est haussière aussi.
Blablacar qui met en relation aBlablacarutomobilistes et passagers a vu le nombre de ses conducteurs inscrits faire un bond de 20% entre le 1er mars et le 1er octobre par rapport à la même période l'an passé.
"Nous notons un nouveau comportement depuis la rentrée, les distances moyennes baissent, nous avons de plus en plus de trajets compris entre 50 et 100 kilomètres alors qu'en moyenne chez Blablacar le trajet partagé est de 300 kilomètres", indique une porte-parole à l'AFP.
"Les conducteurs proposent plus de petits trajets du genre Lyon-Saint-Etienne, en espérant que la rémunération aidera à remplir le réservoir de la voiture" ajoute-t-elle.
Le 24 septembre, quatre jours après le record du gazole à 2,40 euros le litre, Blablacar a enregistré son pic historique d'inscriptions de conducteurs pour un seul jour: 2.200 contre 700 en moyenne.
La région Occitanie a augmenté en octobre ses tarifs incitatifs sur les trains et a doublé l'aide au covoiturage.
T.M.Dan--TFWP