The Fort Worth Press - Indonésie: des entreprises soupçonnées de fraude ont fourni des producteurs européens de biocarburant

USD -
AED 3.672502
AFN 62.99991
ALL 83.847188
AMD 377.663361
ANG 1.790083
AOA 916.999566
ARS 1398.213497
AUD 1.417696
AWG 1.8
AZN 1.703637
BAM 1.708212
BBD 2.017486
BDT 122.914738
BGN 1.709309
BHD 0.377651
BIF 2973.692945
BMD 1
BND 1.281814
BOB 6.92176
BRL 5.265302
BSD 1.001712
BTN 92.461144
BWP 13.649683
BYN 2.963911
BYR 19600
BZD 2.014516
CAD 1.367675
CDF 2256.999987
CHF 0.78755
CLF 0.023195
CLP 915.860146
CNY 6.896604
CNH 6.89166
COP 3694.09
CRC 471.29313
CUC 1
CUP 26.5
CVE 96.306777
CZK 21.297601
DJF 178.376159
DKK 6.50885
DOP 61.540611
DZD 132.375034
EGP 52.358967
ERN 15
ETB 156.356736
EUR 0.87114
FJD 2.215903
FKP 0.754939
GBP 0.752865
GEL 2.729771
GGP 0.754939
GHS 10.878299
GIP 0.754939
GMD 73.445873
GNF 8781.936498
GTQ 7.681659
GYD 209.565567
HKD 7.830625
HNL 26.515042
HRK 6.563202
HTG 131.339112
HUF 339.557056
IDR 16999
ILS 3.123685
IMP 0.754939
INR 92.2685
IQD 1312.214231
IRR 1321724.999909
ISK 125.1098
JEP 0.754939
JMD 157.170494
JOD 0.709023
JPY 159.113025
KES 129.498985
KGS 87.450098
KHR 4016.786833
KMF 431.000302
KPW 899.999993
KRW 1490.24498
KWD 0.30674
KYD 0.83472
KZT 490.385917
LAK 21464.006848
LBP 89699.372893
LKR 311.744232
LRD 183.302982
LSL 16.823764
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.391601
MAD 9.434294
MDL 17.474278
MGA 4159.188076
MKD 53.71692
MMK 2099.642329
MNT 3571.28497
MOP 8.074956
MRU 40.077209
MUR 46.740091
MVR 15.449849
MWK 1736.867158
MXN 17.805045
MYR 3.930504
MZN 63.909615
NAD 16.823837
NGN 1380.030291
NIO 36.857988
NOK 9.70619
NPR 147.937656
NZD 1.71158
OMR 0.3845
PAB 1.001625
PEN 3.454329
PGK 4.380142
PHP 59.696976
PKR 279.690813
PLN 3.718505
PYG 6462.347372
QAR 3.641255
RON 4.437799
RSD 102.272826
RUB 81.450381
RWF 1461.74237
SAR 3.752614
SBD 8.051718
SCR 13.688485
SDG 600.99956
SEK 9.375185
SGD 1.278935
SHP 0.750259
SLE 24.550073
SLL 20969.510825
SOS 571.47349
SRD 37.547978
STD 20697.981008
STN 21.398501
SVC 8.76469
SYP 110.524985
SZL 16.818349
THB 32.415975
TJS 9.601069
TMT 3.5
TND 2.962352
TOP 2.40776
TRY 44.187974
TTD 6.793399
TWD 31.984946
TZS 2605.000414
UAH 44.172726
UGX 3766.136217
UYU 40.238092
UZS 12094.904122
VES 442.704625
VND 26290
VUV 119.565255
WST 2.735215
XAF 572.920733
XAG 0.012652
XAU 0.0002
XCD 2.70255
XCG 1.805255
XDR 0.71253
XOF 572.918232
XPF 104.162209
YER 238.550019
ZAR 16.789401
ZMK 9001.1894
ZMW 19.497092
ZWL 321.999592
  • AEX

    9.7200

    1011.42

    +0.97%

  • BEL20

    37.3000

    5146.62

    +0.73%

  • PX1

    46.6800

    7958.18

    +0.59%

  • ISEQ

    45.8600

    12440.18

    +0.37%

  • OSEBX

    18.1000

    1964.03

    +0.93%

  • PSI20

    43.8900

    9187.19

    +0.48%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -21.0100

    3730.06

    -0.56%

  • N150

    22.7000

    3870.89

    +0.59%

Indonésie: des entreprises soupçonnées de fraude ont fourni des producteurs européens de biocarburant

Indonésie: des entreprises soupçonnées de fraude ont fourni des producteurs européens de biocarburant

Des entreprises indonésiennes visées par une enquête pour fraude sur l'huile de palme ont fourni des producteurs européens de biocarburant dont le géant italien de l'énergie Eni et le finlandais Neste, a révélé une enquête menée par l'AFP et SourceMaterial.

Taille du texte:

Ces révélations soulèvent de nouvelles questions sur les chaînes d'approvisionnement du secteur des biocarburants, estiment des experts, et font suite à des allégations persistantes de fraude concernant les produits à base d'huile de palme utilisés comme matières premières pour les carburants.

Rien ne laisse cependant supposer qu'Eni, Neste, leader finlandais des carburants d'aviation durables, ou d'autres sociétés clientes des entreprises indonésiennes impliquées dans l'enquête aient eu connaissance de fraudes ou y aient participé.

Selon la justice indonésienne, des entreprises locales et des responsables gouvernementaux se sont mis d'accord, contre versement de pots-de-vin, pour faire passer l'huile de palme pour un sous-produit appelé Palm Oil Mill Effluent (POME), soit des effluents d'usine de production d'huile de palme.

Pour l'Indonésie, le préjudice en termes de recettes fiscales se chiffre en millions de dollars, car la taxe sur les produits étiquetés POME est moins élevée que sur l'huile de palme.

Pour les consommateurs, cela remet en cause les engagements en matière de développement durable, car l'huile de palme est depuis longtemps associée à la déforestation.

Eni et Neste qui ont officiellement retiré l'huile de palme de leurs chaînes d'approvisionnement, ont toutes deux reçu plusieurs livraisons provenant d'entreprises indonésiennes accusées d'avoir étiqueté de l'huile de palme comme POME.

Pour des experts, cette fraude présumée illustre les problèmes de surveillance du secteur, alors que l'Union européenne (UE) interdira l'utilisation d'huile de palme dans les biocarburants à partir de 2030.

"L'UE a décidé à juste titre de supprimer progressivement les biocarburants à base d'huile de palme en 2019 en raison de leurs liens avec la déforestation", souligne Cian Delaney, de l'ONG environnementale Transport and Environment (T&E).

"Mais dissimuler l'huile de palme sous l'appellation POME (…) a été beaucoup trop facile pour les fournisseurs et les négociants. La vérification et la certification de ces importations sont manifestement défaillantes", ajoute M. Delaney.

- Soupçon de fraude de longue date -

Eni a indiqué n'avoir aucun contrat direct avec les sociétés incriminées et avoir reçu ses livraisons par l'intermédiaire d'un fournisseur agréé qui a "immédiatement suspendu toutes ses opérations avec les sociétés impliquées dans l'enquête".

Sollicité par l'AFP, le fournisseur en question Enviq, n'a pas répondu.

Neste de son côté a indiqué avoir demandé à son fournisseur d'exclure les entreprises impliquées de sa chaîne d'approvisionnement.

Toutes les livraisons liées aux fournisseurs impliqués dans l'enquête indonésienne ont été préalablement échantillonnées par des experts indépendants qui ont confirmé qu'elles "répondaient aux spécifications relatives aux matières premières issues des déchets de palmiers", a ajouté Neste.

L'Indonésie soupçonne depuis longtemps une fraude liée aux produits POME et a temporairement limité ses exportations l'an dernier après que des données commerciales ont enregistré des volumes dépassant largement l'offre disponible estimée.

Le mois dernier, 11 personnes, dont des douaniers, ont été arrêtées, accusées d'avoir escroqué les douanes de millions de dollars de recettes entre 2022 et 2024.

Si le bureau du procureur général n'a pas précisé les noms des personnes arrêtées et de leurs entreprises, l'AFP et SourceMaterial, un média d'investigation indépendant, ont réussi à déterminer l'identité de trois personnes impliquées. Les conclusions ont été confirmées par une source au sein du bureau du procureur.

Parmi eux figure TNY, actionnaire de Green Product International et directeur d'une société identifiée uniquement par le sigle TEO.

Il s'agit en fait d'un suspect nommé Tony, directeur de Tanimas Edible Oil et actionnaire de Green Product International et qui, comme beaucoup d'Indonésiens, ne porte qu’un seul nom.

Green Product International a été à l'origine de plusieurs envois d'un produit étiqueté POME à Eni et Neste entre 2023 et 2024. Mais il n'existe aucune preuve quant à la nature exacte de ces envois.

Sollicité par l’AFP, Green Product International n'a pas répondu.

Deux autres sociétés ont été identifiées: Surya Inti Primakarya, dont le directeur Van Ricardo a été arrêté, et Bumi Mulia Makmur, dont le directeur Erwin a lui aussi été interpellé.

Les trois suspects interpellés sont toujours en détention, a précisé le bureau du procureur.

- Soupçons d'étiquetage erroné -

Selon Eni, la société qui a géré ses expéditions était certifiée par l'International Sustainability and Carbon Certification (ISCC), organisme certifié par l'UE pour les importations de produits à base d'huile de palme.

Selon un porte-parole de l'ISCC, Surya Inti Primakarya est "actuellement exclue de la re-certification" et Bumi Mulia Makmur avait été "précédemment exclue".

Quant à Green Product International, elle détient toujours un certificat valide, selon le registre de l'ISCC.

Parmi les autres entreprises indirectement alimentées par Green Product International figurent le négociant suisse Kolmar, qui n'a pas réagi officiellement, ainsi que le groupe pétrolier espagnol Repsol et l'américain Cargill. Ces deux derniers groupes n'ont pas répondu aux demandes de commentaires.

Certaines analyses suggèrent que la quantité de produits POME utilisée dans l'UE et en Grande-Bretagne dépasse l'offre mondiale disponible, ce qui laisse supposer un étiquetage erroné généralisé, même si certains groupes industriels ont contesté ces calculs.

L'Irlande a mis fin aux incitations à leur utilisation dans les biocarburants et l'Allemagne en fera de même l'année prochaine.

Pour James Cogan, responsable des politiques publiques chez Clonbio, un fabricant irlandais de biocarburants qui s'approvisionne exclusivement auprès de l'UE, la vérification est tellement problématique qu'acheteurs et organismes de réglementation devraient se méfier de toute cargaison étiquetée POME.

"Je mets au défi tout transformateur de POME ou de biocarburants à base de POME de publier ses volumes, ses sources et sa documentation, afin de permettre un examen public et indépendant", a-t-il déclaré.

J.Ayala--TFWP