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Une "riposte rapide et douloureuse": les Houthis du Yémen ont lancé lundi un avertissement aux États-Unis, dont Ryad a réclamé le soutien, jusqu'à présent sans succès, face aux combattants pro-iraniens qui multiplient les frappes sur le royaume.
Les hostilités ont repris en juillet entre les Houthis et les forces gouvernementales yéménites, ainsi que l'Arabie saoudite qui appuie militairement ces dernières au Yémen, et se sont intensifiées en septembre.
Mais l'ampleur des attaques sur la pétromonarchie du Golfe a atteint ces derniers jours un niveau sans précédent, et révélé selon les experts les fragilités défensives du pays qui investit pourtant des sommes considérables dans des équipements militaires de pointe.
Lundi soir, de fortes explosions ont encore secoué la capitale saoudienne, et les habitants ont reçu sur leur téléphone un message des autorités les appelant à se réfugier "dans un endroit sûr, à l'écart des fenêtres et portes" - pour la première fois depuis des semaines.
Ryad a de son côté annoncé avoir intercepté un missile balistique tiré par les Houthis.
- "Mis à l'épreuve" -
"Si les États-Unis s'impliquent dans l'agression contre le Yémen, nous ne tergiverserons pas (...). La riposte sera rapide et douloureuse à l'encontre des États-Unis et de tous leurs intérêts dans la région", a déclaré un haut responsable houthi, Mohammed Al Bukhaiti, interrogé par l'AFP dans la capitale yéménite Sanaa.
Face à "l'entêtement (de Ryad) à privilégier l'option militaire", il a menacé d'une destruction "de l'ensemble des infrastructures saoudiennes" et a appelé les employés des sites pétroliers et des aéroports saoudiens à ne pas s'en approcher.
Le ministère saoudien de l'Énergie a reconnu lundi que le royaume était "mis à l'épreuve" après la série d'attaques meurtrières de ces derniers jours, en particulier contre l'aéroport de la capitale, et a promis une "réponse ferme".
"Ces circonstances ont mis à l'épreuve nos infrastructures, nos institutions, nos équipes et notre résilience", a déclaré Abdulaziz ben Salmane, alors que l'Arabie saoudite est le premier exportateur mondial de pétrole.
- Boule de feu à l'aéroport -
Sur les images, on voit des passagers vêtus de la traditionnelle tenue blanche de pèlerinage avancer en ligne pour franchir un contrôle, avant qu'une boule de feu ne fasse voler le toit en éclats, les plongeant dans un nuage de fumée et de débris.
"Il s'agit d'une tentative visant à délégitimer les Houthis, qui ont bénéficié d'un soutien considérable de la part des populations arabes et musulmanes" du fait de leurs frappes contre Israël, commente pour l'AFP Andreas Krieg, du King's College de Londres.
Pour les pèlerins, octobre marque généralement, avec la fin des chaleurs estivales, le début de la haute saison, quand des millions de musulmans du monde entier affluent vers la Mecque et parfois Médine.
La clémence des températures lance aussi habituellement la saison des grands événements - conventions, divertissements - attirant des hauts dirigeants et grands patrons.
La fermeture de l'aéroport de Ryad a ainsi bloqué la ministre allemande de l'Economie, Katherina Reiche, qui était finalement lundi soir "en route vers Berlin", selon une porte-parole du gouvernement.
- "Faciliter le dialogue" -
Dimanche, au lendemain de l'attaque la plus meurtrière sur le territoire depuis 10 ans, les Houthis ont revendiqué une nouvelle attaque contre l'aéroport, qui a fait au moins un mort et 11 blessés.
L'aéroport de Dammam a également été visé, ainsi que deux sites énergétiques d'Aramco, tous dans l'est du pays, et l'ensemble de l'espace aérien saoudien reste perturbé.
L'Iran, qui soutient les Houthis, s'est redit lundi "vivement préoccupé par l'évolution de la situation", et disposé à "faciliter le dialogue entre les parties".
Au Yémen, les hostilités se poursuivaient après l'offensive éclair lancée en septembre par les Houthis, qui ont pris le contrôle du détroit stratégique de Bab el-Mandeb sur la mer Rouge, déclenchant une contre-offensive gouvernementale.
Malgré les frappes de l'aviation saoudienne en appui des troupes gouvernementales - 119 ont été recensées ces dernières 24 heures selon les Houthis -, les combattants pro-iraniens ont resserré leur étau sur Taëz, troisième ville du pays, où les combats ont fait plus de 60 morts au cours des 24 dernières heures, selon des sources militaires dans les deux camps.
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T.M.Dan--TFWP