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Le 91e Mondial de l'Auto ouvre ses portes lundi à Paris, une édition inaugurée par Emmanuel Macron au cours de laquelle les constructeurs européens comptent faire de la résistance face à la concurrence grandissante des chinois.
Le chef de l'État va mettre l'accent sur trois priorités: l'électrification des véhicules, la préférence européenne et l'innovation, notamment sur le véhicule autonome, a annoncé dimanche l'Élysée.
Avant le dernier Mondial de son double quinquennat, Emmanuel Macron a reçu dimanche soir une soixantaine d'acteurs européens de la filière à l'Élysée lors d'un dîner, sans les constructeurs chinois.
Le président est en première ligne sur la défense de l'industrie automobile européenne face à l'afflux de véhicules hybrides chinois. Il plaide aussi pour des transferts de technologie chinois en Europe.
La Chine a accepté toutefois vendredi de freiner sensiblement ses exportations de voitures hybrides vers l'Union européenne (UE), ce qui devrait freiner l'arrivée de millions de ces véhicules ces prochaines années sur le Vieux-Continent.
Emmanuel Macron se rendra notamment sur les stands de Valeo, Renault, Stellantis et de la Plateforme de l'automobile (PFA) qui représente les constructeurs et co-organise le Mondial. Il présidera ensuite une table ronde consacrée au véhicule autonome.
- "Période chinoise" -
"Notre modèle industriel est confronté à un choc provenant de l'extérieur qui nous remet en question et qui nous interpelle", a souligné le ministre délégué chargé de l’Industrie Sébastien Martin dimanche.
Pour lui, ce salon doit être l'occasion, pour "toute la filière et tous les pouvoirs publics", de "montrer qu'elle a envie d'avancer, qu'elle a envie de répondre à ce défi".
L'industrie automobile européenne n'a jamais retrouvé le niveau des ventes d'avant-Covid. Elle est en effet d'un côté encadrée par la réglementation européenne, à la fois protectrice du "made in Europe", incitative pour développer l'électrique, et contraignante en termes d'objectifs environnementaux.
D'autre part, elle est concurrencée par l'afflux de marques chinoises, qui représentent désormais 10% des ventes de véhicules en Europe et constitueront plus du tiers des 60 exposants du Mondial.
"Il y a une période chinoise dans l'histoire de l'auto, c'est évident. Il y a eu une période américaine, il y a eu une période allemande", a commenté lundi François Roudier, secrétaire général de l'Organisation internationale de constructeurs automobiles, sur BFM Business, décrivant "des Chinois qui sont beaucoup plus offensifs à l'export".
Il existe "une position entre la forteresse America de l'administration Trump et la fête à neuneu européenne où tout le monde rentre", a estimé le dirigeant, soulignant que "l'accord sur l'hybride, qui n'est pas finalisé, montre bien que de toute façon, on est dans un système de négociation".
- 2CV électrique -
François Roudier a aussi salué les "partenariats. On voit de plus en plus la volonté des Chinois de produire en Europe, comme l'ont fait les Japonais, comme l'ont fait les Coréens. L'histoire se répète".
La France fait d'ailleurs partie des pays dans lesquels le constructeur chinois BYD pourrait implanter une nouvelle usine, a déclaré lundi matin la vice-présidente exécutive du groupe Stella Li, interrogée par BFM Business également, sur le salon.
"La France est dans la shortlist. (...) Nous regardons de très près la possibilité de mettre en place une usine en France", a-t-elle déclaré.
Sur le salon, les visiteurs vont pouvoir tester près de 90 modèles de 20 marques, parmi lesquels des citadines, berlines et SUV, électriques ou hybrides, avec plus de 5.000 créneaux d'essais proposés.
"Le monde bouge" et "c'est une vitrine de ce qui se passe dans l'industrie automobile à l'instant T.", a estimé pour l'AFP le directeur du salon, Serge Gachot.
Le salon, qui a lieu tous les deux ans dans la capitale, prévoit d'accueillir environ 500.000 visiteurs, comme en 2024.
"On aura aussi des essais de conduite entièrement automatique, supervisée", notamment avec Tesla, indique encore Serge Gachot.
Stellantis, qui sera présent avec huit marques, va dévoiler la version électrique de sa mythique Citroën 2CV, dont la production s'était arrêtée en 1990, et qui devrait coûter moins de 15.000 euros.
Toutes les marques du groupe Volkswagen sont également attendues, ainsi que Renault, mais aussi Mercedes, Hyundai, Volvo ou Smart, absentes en 2024.
C.M.Harper--TFWP