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Les pays de l'UE doivent se réunir vendredi pour tenter d'offrir une réponse unie à la flambée des prix du diesel et aux pressions de Washington, qui accuse le continent de ne pas en faire assez.
La rencontre d'urgence est prévue en début de journée entre la Commission européenne et les pays membres de l'UE, a indiqué jeudi soir une porte-parole de la Commission, ajoutant que Bruxelles cherche à "remédier" aux prix élevés des carburants.
Selon une compilation de données nationales de l'institution, le prix à la pompe du gazole dans l'Union européenne a atteint un nouveau sommet historique avec une moyenne hebdomadaire de 2,24 euros le litre.
Les États-Unis estiment que la solution pour Bruxelles est toute trouvée: les pays de l'Union doivent puiser dans leurs réserves de gazole pour aider un marché en souffrance.
"Nos partenaires européens devraient accélérer la mise en œuvre de leurs engagements existants et mettre immédiatement à disposition des volumes supplémentaires afin de remédier aux perturbations actuelles", a écrit sur X le ministre américain des Finances Scott Bessent.
Son collègue de l'Énergie, Chris Wright, a estimé auprès de Fox News que "l'Europe peut elle aussi contribuer à améliorer la situation". "Il est temps de procéder à une mise sur le marché coordonnée des stocks de diesel" à l'approche de l'hiver, a-t-il ajouté.
Le ton est plus pressant que celui employé par Donald Trump. Lors d'un déplacement au Texas, le président américain a dit jeudi qu'il "pourrait" demander aux Européens de puiser dans leurs réserves de gazole.
- "Mesures brutales" -
D'après des informations de presse, le gouvernement américain voudrait que des pays européens, notamment la France et l'Allemagne, mettent sur le marché du gazole prélevé sur leurs réserves stratégiques, à l'instar de ce qui a déjà été fait avec le pétrole brut.
Il menacerait d'interdire l'exportation de diesel américain dans le cas contraire.
Barrer la route aux livraisons de ce carburant utilisé dans le transport et l'agriculture serait une "mauvaise surprise", a réagi le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic.
Présent sur le sol américain dans le cadre du G20 Commerce, il a prévenu des "conséquences très lourdes" pour l'économie européenne qu'aurait une telle interdiction, sans toutefois confirmer que Washington avait bien formulé cette menace.
Il y a entre les Etats-Unis et leurs partenaires européens une "volonté des deux côtés de travailler ensemble" pour résoudre la crise, a estimé le représentant américain au commerce Jamieson Greer, lui aussi présent au G20.
"Ce qui est certain c'est qu'on ne peut pas prétendre avoir un dialogue et ensuite avoir des décisions ou des mesures qui soient brutales ou en tout cas ne reposent pas sur un consensus issu d'un dialogue", a affirmé auprès de l'AFP le ministre français du Commerce extérieur Nicolas Forissier, qui a également fait le déplacement aux Etats-Unis.
L'Elysée a souligné qu'Emmanuel Macron doit organiser "prochainement" une réunion des dirigeants du G7 pour évoquer notamment "la coordination sur la libération des stocks au niveau du G7 en lien avec l'Agence internationale de l'énergie".
Les attaques ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques russes et le verrouillage du détroit d'Ormuz par l'Iran pénalisent grandement la production de diesel, bien que les raffineries situées ailleurs dans le monde tournent à plein régime pour transformer le pétrole brut en carburant.
Aux Etats-Unis, le gazole a atteint le niveau record de 6,53 dollars le gallon (3,78 litres) fin septembre, selon l'association automobile américaine.
"Les agriculteurs, les transporteurs routiers et les entreprises américains ne devraient pas avoir à supporter seuls le poids d'une pénurie mondiale de diesel", a jugé jeudi Scott Bessent.
W.Matthews--TFWP