The Fort Worth Press - Une croissance plus faible mais pas de "décrochage" en 2026, selon la Banque de France

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Une croissance plus faible mais pas de "décrochage" en 2026, selon la Banque de France
Une croissance plus faible mais pas de "décrochage" en 2026, selon la Banque de France / Photo: © AFP

Une croissance plus faible mais pas de "décrochage" en 2026, selon la Banque de France

Un même chiffre, deux analyses qui divergent: comme l'Insee, la Banque de France prévoit désormais 0,4% de croissance en 2026, mais a insisté mardi sur la résilience de l'économie française, là où l'institut statistique voyait la semaine dernière un décrochage.

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"La croissance 2026 sera relativement modeste (...), mais ce n'est sûrement pas une année de décrochage de l'économie française", a affirmé mardi Xavier Debrun, économiste en chef de la Banque de France.

"Si on me parle de décrochage, moi, je songe à une économie qui subitement part à la dérive, et où, structurellement, il y a un problème. Je ne crois pas que la structure de l'économie française ait fondamentalement changé" par rapport au mois de juin, a-t-il assuré.

Cependant, cette croissance du produit intérieur brut (PIB) révisée en baisse de 0,1 point, à 0,4%, est une mauvaise nouvelle pour les finances publiques de la France, dont le gouvernement est confronté à la difficile tâche de confectionner un budget pour 2027, année d'élection présidentielle.

"La moindre croissance rend l'équation budgétaire plus compliquée. Elle a un effet mécanique sur la dégradation du déficit", a souligné le gouverneur de la Banque de France, Emmanuel Moulin, dans une interview à Ouest-France.

Mais "l'important pour les observateurs est d’avoir une trajectoire de réduction des déficits qui est crédible", a-t-il ajouté.

- Canicule -

La légère révision en baisse de la prévision de croissance 2026 tient d'abord à une croissance plus faible au premier trimestre que celle qui avait été initialement publiée, indique la banque centrale française dans un rapport.

Outre le choc énergétique lié à la guerre au Moyen-Orient, pèsent également sur l'activité "la faible progression de la consommation des ménages", un investissement privé "moins dynamique" et une faible contribution du commerce extérieur.

Enfin, selon la Banque de France, les sécheresses et canicules de l'été ont eu, "pour le moment", un impact de 0,05 point de pourcentage sur la croissance, a indiqué Xavier Debrun. Ce chiffre pourrait monter à 0,1 point sur l'année.

Il a toutefois tenu à souligner que l'économie française faisait "preuve de résilience".

Alors que l'Insee a jugé jeudi, dans ses prévisions de croissance, que l'économie française allait "à rebours de ses voisins" et avait "décroché" ces derniers mois par rapport au reste de l'Europe, les économistes de la Banque de France voient surtout des "mauvaises surprises" de nature conjoncturelle.

Ils notent également la forte croissance de l'Irlande, qui pèse à hauteur de 0,3 point sur les 0,6 point de croissance de la zone euro.

Autre élément à prendre en compte, une différence de méthodologie dans le traitement de l'agriculture entre l'Insee et les autres instituts statistiques nationaux, ce qui peut "induire une anticipation" plus rapide "de l'effet des vagues de chaleur" par rapport au reste de l'Europe, a précisé l'économiste Camille Thubin.

"A cela, j'ajouterais aussi un effet lié au secteur de la construction: en France, on vient de passer les élections municipales, ce qui fait qu'on se retrouve un petit peu au creux de l'investissement public", a-t-il expliqué.

- Gare à la "sinistrose" -

Surtout, Xavier Debrun met en garde contre la "sinistrose", avec laquelle "on risque vite de rentrer dans des situations de prophéties autoréalisatrices où plus personne n'investit, plus personne ne consomme".

Ensuite, la Banque de France attend toujours un "rebond" de la croissance à 0,9% en 2027, avant 1,2% en 2028.

Ce rebond devrait être porté par deux moteurs de la croissance française, la consommation et le commerce extérieur, à la faveur notamment d'un repli de l'inflation.

A 2,3% en 2026, l'augmentation des prix devrait repasser sous la barre de 2% l'année prochaine, à 1,9%, avant 1,6% en 2028.

L'inflation resterait plus faible en France que dans les autres pays de la zone euro, bénéficiant à sa compétitivité alors que la demande mondiale est attendue en hausse l'année prochaine.

Reste que ces prévisions demeurent suspendues à l'évolution de la situation au Moyen-Orient, principale source d'incertitude autour du scénario retenu par la Banque de France, qui repose sur des données arrêtées mi-août.

Dans le cas d'un scénario défavorable, la Banque de France prévoit une croissance de seulement 0,3% du PIB en 2026, et 0,4% en 2027.

B.Martinez--TFWP