The Fort Worth Press - Salaires, carburants, mobilisations... le pouvoir d'achat s'impose dans la campagne

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Salaires, carburants, mobilisations... le pouvoir d'achat s'impose dans la campagne
Salaires, carburants, mobilisations... le pouvoir d'achat s'impose dans la campagne / Photo: © AFP/Archives

Salaires, carburants, mobilisations... le pouvoir d'achat s'impose dans la campagne

Face à la hausse des prix, notamment de l'énergie, et aux appels à la mobilisation contre la vie chère, le pouvoir d'achat s'impose comme une priorité pour les candidats à l'élection présidentielle, ce qui met encore davantage la pression sur le gouvernement.

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Surtout, ne pas se laisser déborder. Pour l'exécutif d'abord, soucieux de se retrouver confronté à des accès de colère incontrôlés, réminiscences d'un mouvement des gilets jaunes que le pouvoir macroniste n'avait pas vu venir en 2018.

"Je suis un peu inquiète", souffle une ministre, qui a constaté au retour d'un week-end privé des prix à la pompe flirtant parfois avec la barre des trois euros le litre.

"Les gens sont en attente d'aide. Là clairement je pense qu'il faut faire plus. Mais une fois qu'on a dit ça... On n'a plus les moyens de faire ce qu'on a pu faire à d'autres moments", se gratte-t-elle la tête.

En quête de 30 milliards d'économies pour son prochain budget et se serrant au maximum la ceinture pour boucler celui de 2026, le gouvernement n'a en effet guère de marge de manœuvre. Et ne peut que faire le dos rond alors qu'un dépôt pétrolier a été brièvement bloqué par les pêcheurs à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) mardi matin.

Pas de pétrole, certes, mais les candidats à la présidentielle ont des idées face à la flambée des prix des carburants qui percute la campagne.

Pour le patron de LR Bruno Retailleau, on pourrait réduire les prix à la pompe de "15 à 17 centimes par litre" en supprimant les certificats d'économie d'énergie (CEE) - une mesure également défendue par le libéral David Lisnard. Une idée portée depuis plusieurs mois et visant à mettre à bas ce dispositif qui contraint les fournisseurs d'énergie à financer des actions de réduction de la consommation d'énergie ou d'amélioration de l'efficacité énergétique .

- Mobilisation à venir ? -

Si LFI demande un blocage des prix à 1,70 euros le litre, Marine Le Pen exige une baisse de la TVA sur l'énergie de 20 à 5,5%, au cœur de son programme.

Il faut "prendre garde aux bonimenteurs", a répliqué mardi en conférence de presse Bruno Retailleau en pointant l'état des finances du pays.

Côté gauche, on craint d'abord de manquer le train de la contestation sociale.

Le PCF Fabien Roussel appelle depuis plusieurs jours les Français à "se mobiliser sur les ronds-points" si le gouvernement n'agit pas "dans les jours qui viennent" sur les prix de l'énergie.

Si les Français "se soulèvent", le Premier secrétaire du PS Olivier Faure sera "à leurs côtés".

"La mobilisation du 17 octobre, si elle se confirme, évidemment on la soutiendra", a assuré Manuel Bompard (LFI), évoquant une date qui circule sur les réseaux sociaux.

"Si on veut éviter les blocages, il faut que le gouvernement aille très vite", a plaidé François Hollande en appelant des mesures "au bénéfice d'abord des professionnels" mais aussi à un "chèque" pour les particuliers.

- Augmenter les salaires -

Plus généralement, les candidats investissent la thématique du travail pour améliorer le pouvoir d'achat. "Travailler plus pour gagner plus", recette gagnante de Nicolas Sarkozy en 2007, est ainsi remise au goût du jour par Bruno Retailleau qui propose une meilleure rémunération pour ceux disposés à travailler "30 minutes de plus chaque jour".

Selon lui, ces salariés pourraient gagner "quasiment deux mois de plus" via une exonération des cotisations salariales et patronales.

Ce rapprochement entre brut et net (le net est aujourd'hui inférieur d'un peu plus de 20% pour un salaire de 2.700 euros brut) est une revendication à droite et au centre. "Droit au brut", martèle Gabriel Attal (Renaissance) qui promet une augmentation de 250 euros pour un salarié qui gagne 2.200 euros net via une baisse des cotisations financée "par des économies sur la sphère sociale".

Cette baisse de cotisations ou de la Cotisation sociale généralisée (CSG) est aussi soutenue par certains candidats à gauche comme Raphaël Glucksmann (Place publique), mais lui la financera par une taxation accrue des "méga-héritages".

En revanche, elle est rejetée à gauche par Olivier Faure (PS), Marine Tondelier (Ecologistes), Fabien Roussel (PCF) ou Jean-Luc Mélenchon (LFI).

Eux défendent une hausse des salaires via des conférences salariales ou une hausse du Smic. Jean-Luc Mélenchon veut ainsi porter le Smic à 1.700 euros.

Marine Le Pen veut de son côté inciter les entreprises à augmenter les salaires de 10% en exonérant cette hausse de cotisations patronales.

S.Jones--TFWP