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Les Etats-Unis vont frapper "fort" l'Iran cette nuit, a prévenu mercredi le président Donald Trump qui a estimé que le cessez-le-feu était terminé après de violents échanges de frappes, tout en laissant la porte ouverte à la poursuite des tractations avec Téhéran.
Comme fin juin, le stratégique détroit d'Ormuz est au cœur des affrontements, l'Iran revendiquant d'y imposer, malgré l'opposition américaine, des droits de passage et menaçant les navires contournant le seul itinéraire qu'il a autorisé, le long de ses côtes.
Le même scénario s'est répété: des tirs imputés à Téhéran sur trois navires commerciaux, puis des frappes des Etats-Unis contre plus de 80 cibles dans la nuit de mardi à mercredi en Iran, selon l'armée américaine.
En Iran, les médias ont fait état de détonations près du détroit et l'agence de presse Mehr a signalé des explosions dans la ville portuaire de Bouchehr, au large de l'île de Kharg, principal terminal pétrolier du pays.
En représailles, Téhéran a dit avoir frappé avec des missiles et des drones 85 installations sur des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn.
"En ce qui me concerne, c'est terminé (...) c'est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs", a lancé Donald Trump à l'ouverture d'un sommet de l'Otan à Ankara.
"Nous allons les frapper fort cette nuit", a-t-il ajouté ultérieurement.
S'il a dit ne plus vouloir "avoir affaire" avec les dirigeants iraniens, qualifiés de "malades", il a indiqué que ses négociateurs pouvaient malgré tout continuer leurs discussions.
Les propos du président, coutumier des volte-face, ont fait bondir les cours du pétrole de plus de 6%, à près de 79 dollars le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale.
- "Spectre de la guerre" -
Washington avait rétabli la veille ses sanctions sur le brut iranien, levées par le protocole d'accord signé le 17 juin qui a permis la réouverture du détroit d'Ormuz, par où transitent en temps normal 20% du brut et du gaz liquéfié (GNL) mondial.
Après avoir trouvé ce terrain d'entente, Washington et Téhéran avaient repris leurs difficiles négociations en vue d'un règlement durable du conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine.
"Tout soutien apporté à l'armée américaine" pour des attaques contre l'Iran "sera une cible légitime", a prévenu Téhéran, qui accuse régulièrement ses voisins du Golfe d'autoriser des frappes depuis leurs territoires.
Réveillée par les sirènes d'alerte aérienne, Nawal Saad, une fonctionnaire bahreïnie, fait part de son "angoisse". "Je ne veux pas revivre cette expérience de peur", dit cette quadragénaire à l'AFP, déplorant que "le spectre de la guerre plane de nouveau".
- Négocier par la "force" -
"Ces attaques ne font qu'exacerber la peur (...) et la détresse" des quelque 6.000 marins toujours bloqués dans le Golfe, a déploré l'Organisation maritime internationale (OMI).
Le Koweït a condamné "des attaques répétées et illicites de l'Iran", qui "compromettent" les efforts "de désescalade en cours". Tout comme le Qatar, l'un des pays médiateurs entre l'Iran et les Etats-Unis, qui a appelé "à poursuivre la voie du dialogue".
Sans désigner l'Iran, avec qui il mène des discussions sur la gestion d'Ormuz, Oman, situé de l'autre côté du détroit, a aussi condamné les frappes.
Mark Rutte, le secrétaire général de l'Otan, a lui jugé depuis Ankara la riposte américaine "absolument nécessaire" pour afficher une "fermeté" face à Téhéran.
La rhétorique de M. Trump "ne signifie pas nécessairement que le protocole d'accord s'est effondré", analyse Ali Vaez, du centre de réflexion International Crisis Group (ICG), qui ne voit pas à ce stade "un risque élevé de retour à une guerre totale".
Les deux parties essaient de négocier "par l'usage de la force" les questions laissées en suspens et les Iraniens n'entendent pas, selon l'analyste, renoncer au contrôle d'Ormuz, qu'ils considèrent "comme leur plus grande réussite dans cette guerre".
A la veille de son inhumation jeudi dans sa ville natale de Mashhad, en Iran, le cercueil de l'ayatollah fait une étape en Irak, pour des processions à Najaf et Kerbala, deux villes abritant les sanctuaires les plus vénérés des chiites.
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J.Ayala--TFWP