The Fort Worth Press - La Belgique veut prendre le contrôle de ses centrales nucléaires, et va négocier avec Engie

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La Belgique veut prendre le contrôle de ses centrales nucléaires, et va négocier avec Engie
La Belgique veut prendre le contrôle de ses centrales nucléaires, et va négocier avec Engie / Photo: © AFP

La Belgique veut prendre le contrôle de ses centrales nucléaires, et va négocier avec Engie

Le gouvernement belge et Engie ont annoncé jeudi entamer des négociations en vue d'une possible cession par l'énergéticien français de ses activités nucléaires en Belgique, l'Etat fédéral souhaitant en assumer la "propriété directe".

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L'accord entre Engie et l'Etat belge prend à ce stade la forme d'"une lettre d'intention" posant le cadre de ces négociations.

Il prévoit un gel immédiat du calendrier de démantèlement des réacteurs déjà à l'arrêt, a précisé le Premier ministre belge Bart De Wever. Avec l'objectif d'"une reprise complète du parc nucléaire belge" par l'Etat.

Engie exploitait en Belgique sept réacteurs via sa filiale belge, à Tihange, en région liégeoise (est), et Doel, près d'Anvers (nord).

Mais seuls deux d'entre eux ont été prolongés au-delà de 2025, pour une durée de dix ans, au terme d'un accord conclu en 2023 sous le précédent gouvernement belge.

Il s'agit des réacteurs Doel 4 et Tihange 3, les cinq autres (Doel 1, 2 et 3, Tihange 1 et 2) ayant progressivement été déconnectés du réseau depuis trois ans.

Mais à son arrivée au pouvoir, début 2025, le conservateur flamand Bart De Wever n'avait pas caché son intention de vouloir relancer le nucléaire au-delà de cette double prolongation, y compris en développant de nouvelles capacités.

"Ce gouvernement opte pour une énergie sûre, abordable et durable. Avec moins de dépendance aux importations fossiles et davantage de contrôle sur notre propre approvisionnement", a-t-il affirmé jeudi sur le réseau X.

Selon le communiqué cosigné par son cabinet et le groupe français, "la transaction envisagée couvre l'ensemble des activités nucléaires actuellement détenues et exploitées par Engie (...) incluant l'intégralité du parc nucléaire composé de sept réacteurs".

Il concerne le personnel d'Engie et de toutes ses filiales en Belgique, "ainsi que tous les actifs et passifs associés, y compris les obligations de démantèlement et de déclassement".

"Cette initiative reflète la décision stratégique du gouvernement belge d'assumer la propriété directe des actifs nucléaires du pays", est-il précisé.

- "Une décision profondément inquiétante" -

L'objectif est de conclure d'ici au 1er octobre un protocole d'accord définissant les principales modalités et conditions de la transaction, soulignent encore les deux parties, sans mentionner aucun montant.

En mai 2025, le Parlement belge avait acté officiellement, par le vote d'une loi, le renoncement du pays à sortir du nucléaire, abrogeant un précédent texte emblématique de 2003.

Concrètement la nouvelle loi supprimait toute référence à une sortie de l'atome en 2025, ainsi que l'interdiction qui était faite à la Belgique de construire de nouvelles capacités de production nucléaire.

Malgré ce revirement, le groupe Engie avait réaffirmé qu'il comptait tourner le dos au nucléaire en Belgique.

"Développer des centrales nucléaires ne fait pas partie de notre stratégie ", avait répété en décembre le PDG d'Engie Belgique, Vincent Verbeke, devant des journalistes.

Le nucléaire compte pour environ un tiers de l'électricité produite en Belgique, et la coalition De Wever souhaite qu'il conserve un rôle de pilier, parallèlement au développement des énergies renouvelables (solaire, éolien en mer).

La loi belge sur la sortie du nucléaire avait été votée en 2003 lors de la première participation des Verts au gouvernement fédéral.

Sur fond de guerre en Ukraine et d'envolée des prix de l'énergie, les écologistes qui participaient à la précédente coalition De Croo (2020-2024) avaient été contraints d'accepter la prolongation de deux réacteurs. Puis ils ont été repoussés dans l'opposition aux élections de 2024.

Jeudi, le parti belge Ecolo a jugé "profondément inquiétante" cette annonce d'une possible reprise intégrale des réacteurs par l'Etat.

"Que rachète réellement l’État? Des centrales en fin de vie, certes, mais surtout des coûts considérables et des risques financiers à long terme", a-t-il dénoncé.

De son côté, l'eurodéputé Vert allemand Daniel Freund a reproché à la Belgique de "mettre en péril la confiance" avec l'Allemagne, rappelant les craintes suscitées dans son pays par la proximité de la centrale de Tihange.

J.M.Ellis--TFWP