The Fort Worth Press - PMA: le diagnostic pré-implantatoire, un débat toujours vif en France

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PMA: le diagnostic pré-implantatoire, un débat toujours vif en France
PMA: le diagnostic pré-implantatoire, un débat toujours vif en France / Photo: © AFP

PMA: le diagnostic pré-implantatoire, un débat toujours vif en France

Faut-il autoriser le diagnostic des embryons avant de les implanter dans le cadre de toutes les PMA? Le débat reste vif en France où se tiennent des Etats généraux de bioéthique, prélude à une possible révision législative.

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La question a ressurgi avec l'annonce lundi soir de la grossesse de Marine Tondelier, cheffe des Ecologistes et candidate à la présidentielle, qui s'est dite favorable "dans un cadre bien défini" au diagnostic pré-implantatoire des aneuploïdies (DPI-A).

Cet examen génétique sur une cellule d'un embryon obtenu par une fécondation in vitro (FIV) dans le cadre d'une procréation médicalement assistée (PMA) consiste à vérifier que l'embryon n'a pas un nombre anormal de chromosomes avant de l'implanter dans l'utérus.

"Les embryons avec un nombre anormal de chromosomes soit ne s'implantent pas et donnent des faux espoirs, soit sont sources de fausses couches", a exposé le Dr Joëlle Belaïsch-Allart lors du lancement des Etats généraux de bioéthique, en janvier, évoquant une demande de DPI-A "très importante dans la société".

Pour Virginie Rio, co-fondatrice du collectif Bamp qui rassemble des personnes infertiles ou en cours de PMA, cette technique limiterait "les échecs qu'on connait depuis des années", avec la souffrance associée, et améliorerait la "prise en charge" en "évitant de transférer des embryons pour rien".

Un avis partagé par des spécialistes, comme le président de la Fédération française d'étude de la reproduction Samir Hamamah ou l'endocrinologue de la reproduction Nathalie Massin, au regard d'"une médecine hasardeuse et (d)es drames vécus par les arrêts de grossesse".

S'il "n'augmente pas les chances pour un couple d’avoir un enfant, car il ne +répare+ pas les embryons porteurs d'anomalies", le DPI-A réduirait "le délai pour obtenir une naissance viable, diminuerait le nombre de fausses couches, les grossesses multiples et les transferts d'embryons non viables", ont-ils plaidé dans une tribune en 2023.

- "Enfant sain" -

Parmi les opposants, si la souffrance des personnes en PMA est jugée "tout à fait évidente", on invite à "être prudent et se garder de décisions trop rapides" pouvant "ouvrir des brèches", déclare à l'AFP Blanche Streb de l'association Alliance Vita.

Le DPI-A est "une forme d'acclimatation à un eugénisme technologique", considère-t-elle.

Cette position rejoint celle, début 2020, du Sénat à majorité de droite, qui avait rejeté l'expérimentation d'un tel dépistage, décrit comme une "démarche d'eugénisme" par le patron des sénateurs LR de l'époque, Bruno Retailleau.

En 2019, Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé, s'était, elle, inquiétée d'une "société qui triera[it] les embryons".

"Si on autorise cela, tous les couples qui font des enfants par voie naturelle se diront +moi aussi j'ai droit à un enfant sain+ et s'engageront dans une démarche de PMA de façon à disposer de tests génétiques à la recherche d'anomalies", avait-elle estimé.

Actuellement, un diagnostic préimplantatoire existe mais seulement pour des couples présentant "une forte probabilité de donner naissance à un enfant atteint d'une maladie génétique d'une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic".

Faute de DPI-A autorisé, certaines femmes et couples en ayant les moyens se tournent vers des pays où il se pratique, Espagne en tête.

- "Montagnes russes" -

A 37 ans, Juliette a franchi le cap fin 2025 avec son conjoint. Cette mère d'une petite fille de cinq ans s'est lancée dans une PMA après une grossesse extra-utérine et une grossesse arrêtée. Les transferts des huit embryons ont échoué.

"Il n'y en avait probablement que 2 ou 3 viables, la France a dépensé de l'argent, moi de l'énergie... pour rien. On est dans un système de soins qui mène les femmes droit dans le mur", estime-t-elle.

"C'est un acte de cruauté vis-à-vis des femmes", abonde Marine, 34 ans, engagée avec son compagnon dans un parcours PMA. "Faire subir ça alors qu'il existe des techniques pour limiter cette souffrance, c'est vraiment inutile".

Lassée des "transferts à l'aveugle" et éprouvée par "les montagnes russes émotionnelles" associées, elle s'est renseignée auprès d'établissements en Espagne. Elle fait une dernière tentative de procréation en France avant d'éventuellement traverser les Pyrénées.

S.Jordan--TFWP