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Téhéran a menacé dimanche de frapper des infrastructures clés du Moyen-Orient, répliquant immédiatement à l'ultimatum lancé par Donald Trump de rouvrir le détroit d'Ormuz sous 48 heures, après des frappes iraniennes particulièrement destructrices dans le sud d'Israël.
Sans réouverture totale et inconditionnelle de ce détroit stratégique pour l'approvisionnement mondial en hydrocarbures, les Etats-Unis "frapperont et anéantiront" les centrales électriques iraniennes "EN COMMENÇANT PAR LA PLUS GRANDE !", a mis en garde le président américain sur sa plateforme Truth Social samedi soir.
L'Iran a répliqué à cette sommation sans attendre: si Washington met sa menace à exécution, l'armée iranienne visera alors les infrastructures "énergétiques, de technologie de l'information et de dessalement d'eau" dans la région.
Au 23e jour de la guerre, déclenchée le 28 février par l'offensive conjointe des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran, les attaques se poursuivent au Moyen-Orient.
Dimanche aux premières heures, l'armée israélienne a dit mener des frappes "au coeur de Téhéran", sans plus de détails.
Dans des attaques spectaculaires par l'ampleur des dégâts causés et le nombre de blessés - plus d'une centaine -, l'Iran a frappé deux fois le sud d'Israël samedi.
Une première fois sur une zone résidentielle de Dimona, ville abritant un centre stratégique de recherche nucléaire dans le désert du Néguev, faisant une trentaine de blessés, dont un grave.
Une seconde fois sur la ville d'Arad, faisant 84 blessés dont 10 graves. "Il y a eu un +boum, boum+! Ma mère a crié", a raconté à l'AFP Ido Franky 17 ans. "C'est effrayant (...) Cette ville n'avait jamais connu ça."
"C'est une soirée très difficile dans la bataille pour notre futur", a déclaré le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans un communiqué. "Nous sommes déterminés à continuer de frapper nos ennemis sur tous les fronts."
- Infrastructures nucléaires -
Le début de la quatrième semaine de conflit au Moyen-Orient a montré un virage des attaques sur les infrastructures nucléaires. En visant Dimona, à près de cinq kilomètres du centre de recherche nucléaire israélien, l'Iran a dit riposter à une frappe "ennemie" contre un de ses complexes nucléaires à Natanz, au sud de Téhéran.
L'armée israélienne a assuré ne "pas être au courant" d'une telle frappe, la télévision publique Kan rapportant qu'il s'agissait d'une action américaine.
D'après l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, "aucune fuite de matières radioactives n'a été signalée" sur ce site déjà bombardé début mars.
Mais son directeur, Rafael Grossi, a appelé "à la retenue militaire maximale" afin d'éviter tout risque d'accident nucléaire.
Israël est considéré comme le seul pays doté de l'arme nucléaire au Moyen-Orient mais entretient l'ambiguïté sur le sujet.
En lançant, avec Israël, l'offensive militaire contre l'Iran le 28 février, Donald Trump avait dit notamment vouloir éliminer la menace nucléaire iranienne, déjà visée par la guerre de douze jours en juin 2025.
Les Occidentaux soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de la bombe atomique, ce qu'il dément. Des pourparlers sur le sujet avaient justement eu lieu en février avant d'être brutalement stoppés par le début de la guerre.
- Missiles visant Ryad -
Les frappes de riposte iranienne se poursuivent aussi dans les pays du Golfe, Téhéran cherchant ainsi à déstabiliser l'approvisionnement mondial en hydrocarbures.
Dimanche, trois missiles balistiques ont visé la région de Ryad, capitale de l'Arabie saoudite. Un a été intercepté et deux sont tombés dans des zones inhabitées, a précisé le ministère saoudien de la Défense, qui a également, comme les jours précédents, fait état de la destruction de plusieurs drones.
Les Emirats arabes unis ont aussi dit répondre à des attaques de missiles et de drones de l'Iran.
Le blocage de fait par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie commerciale cruciale, aggrave la flambée des cours du pétrole et du gaz, source d'inquiétude pour l'économie mondiale.
A proximité du détroit, un "projectile inconnu" a explosé dimanche à proximité d'un vraquier naviguant dans le Golfe au nord de la ville émiratie de Charjah, a indiqué l'agence maritime britannique UKMTO précisant que l'équipage était sauf.
Une vingtaine de pays, Emirats arabes unis, Royaume-Uni, France ou encore Japon, se sont dit "prêts à contribuer aux efforts" nécessaires à la réouverture du détroit.
La Commission européenne a appelé les Etats membres à réduire leurs objectifs de remplissage de gaz pour l'hiver prochain, afin d'atténuer la pression sur les prix.
burx-maj/roc
T.Harrison--TFWP