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La flambée des cours du pétrole avec la guerre au Moyen-Orient exacerbe l'anxiété des automobilistes et motocyclistes à travers l'Asie, nombreux à faire la queue aux stations-service, parfois dans un climat de grande tension qui a conduit le Bangladesh à déployer l'armée et la police.
- Le Bangladesh rationne, l'armée déployée
Le Bangladesh, pays de 170 millions d'habitants qui importe 95% de ses hydrocarbures, rationne depuis dimanche le plein d'essence, limité à deux litres pour les deux-roues. L'afflux aux stations-service, avec des clients prêts à tout pour rouler, a conduit mardi les autorités à déployer l'armée autour des principaux dépôts pétroliers et des patrouilles de police aux abords des pompes à essence.
Un homme de 25 ans est mort dans la nuit de samedi à dimanche lors d'une violente altercation entre des clients et des employés d'une station du district de Jhenaidaha (sud), qui a été ensuite vandalisée.
"Nous n'avons pas été approvisionnés par le dépôt, mais les conducteurs de motos n'étaient pas convaincus et ont vandalisé la station", raconte à l'AFP Ashrafuzzaman Dulal, employé de Shahjahan Traders, l'une des plus anciennes stations-service de Dacca.
Mardi, la station déployait une banderole s'excusant d'être hors service pour stocks épuisés. Des files d'attente s'étendaient sur 1,5 kilomètre.
Kamrul Hasan a dû patienter des heures dans la voiture de son employeur: "Mon patron a laissé la voiture ici et pris un pousse-pousse pour arriver à destination."
"Même pendant la guerre du Golfe, nous n'avions pas connu telle affluence", souffle Akhtar Hossain, un employé.
- Vietnam: attente et exaspération
Au Vietnam, des milliers de motocyclistes patientaient mardi aux stations-service: le prix de l'essence sans plomb a grimpé de quelque 20% en 10 jours et la population anticipe de nouvelles hausses, malgré la suppression des taxes douanières sur des produits pétroliers importés.
Le Vietnam a jusqu'à présent évité les pénuries massives, mais selon les médias d'État, des dizaines de petites stations-service ont dû fermer ou réduire leurs horaires, faute de stocks.
"Je travaille la journée, je n'ai que le soir pour faire la queue pour ma moto. Cette guerre est folle. Tout va renchérir", mais "nos revenus restent les mêmes", soupire Tuan Hung, Vietnamien de 33 ans, patientant en pleine nuit.
"On est épuisés. (Les clients) vont continuer à faire la queue toute la nuit", observe Thuy, employée de station-service.
- Philippines, Pakistan: longues files
De longues files de motos, taxis et voitures s'étaient formées lundi devant les stations-service philippines sous une chaleur accablante, les habitants se précipitant pour faire le plein avant des augmentations de prix.
Enrico Guda, 31 ans, pompiste, a assuré à l'AFP que sa station accueillait deux fois plus de véhicules qu'à l'ordinaire.
"Je prévois d'utiliser la moitié de mon allocation carburant hebdomadaire pour ne pas avoir à m'inquiéter les prochains jours", confie à l'AFP Francis Aranda, étudiant de 25 ans.
Le Pakistan a, lui, augmenté ses prix à la pompe d'environ 20% vendredi, provoquant de longues files aux stations-service. Des queues aussi survenues la semaine dernière au Sri Lanka avant de se résorber.
- Birmanie: circulation restreinte
La Birmanie impose depuis samedi des restrictions de circulation afin de préserver ses réserves d'essence: seuls les véhicules dont les plaques d'immatriculation commencent par des nombres pairs peuvent rouler les jours pairs et inversement.
Une mesure respectée à Rangoun. "Mais c'est un vrai défi pour certains conducteurs qui dépendent de leur véhicule pour leur travail et leurs déplacements essentiels", constate Hla Htay, 56 ans, responsable d'un loueur de voitures.
- Corée du Sud: nervosité malgré le plafonnement des prix
Séoul a annoncé un plafonnement des prix du carburant, appliqué d'ici la fin de semaine.
La nervosité gagne cependant certains automobilistes: "Je suis venu rapidement faire le plein, il semble probable que le prix du pétrole continuera d'augmenter", indique mardi à l'AFP Kim Tae-hoon, homme d'affaires de 36 ans.
- Chine, Japon, Indonésie, Inde, Taïwan: pas de bouleversements
En Chine, des queues sporadiques ont été observées lundi dans des stations-service de Nankin (est) ou Shenyang (nord-est), mais l'AFP n'a rien constaté de semblable à Pékin et Shanghai.
Aucune file non plus au Japon, ni en Indonésie, où le carburant est subventionné et vendu à prix fixe, ni à Taïwan, où les autorités promettent un mécanisme d'ajustement des prix et une réduction accrue des taxes.
En dépit de quelques queues isolées à Delhi, rien ne laisse présager d'achats paniques en Inde.
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C.Dean--TFWP