The Fort Worth Press - Submergée par les déplacés fuyant la guerre, Aden au bord du gouffre

USD -
AED 3.672499
AFN 65.000072
ALL 81.600054
AMD 377.015652
ANG 1.79008
AOA 916.999718
ARS 1445.012302
AUD 1.424349
AWG 1.8025
AZN 1.699016
BAM 1.652954
BBD 2.006406
BDT 121.744569
BGN 1.67937
BHD 0.377037
BIF 2951.80061
BMD 1
BND 1.266301
BOB 6.883642
BRL 5.237897
BSD 0.996188
BTN 90.006001
BWP 13.760026
BYN 2.854269
BYR 19600
BZD 2.003533
CAD 1.36639
CDF 2200.000413
CHF 0.776435
CLF 0.021734
CLP 858.140033
CNY 6.938203
CNH 6.939565
COP 3629.58
CRC 494.755791
CUC 1
CUP 26.5
CVE 93.18904
CZK 20.62225
DJF 177.398771
DKK 6.322301
DOP 62.727665
DZD 129.897011
EGP 46.939934
ERN 15
ETB 154.525739
EUR 0.84665
FJD 2.200801
FKP 0.729917
GBP 0.72957
GEL 2.694949
GGP 0.729917
GHS 10.913255
GIP 0.729917
GMD 73.000151
GNF 8739.784147
GTQ 7.640884
GYD 208.410804
HKD 7.812065
HNL 26.319926
HRK 6.379101
HTG 130.669957
HUF 322.320154
IDR 16799.45
ILS 3.085695
IMP 0.729917
INR 90.446496
IQD 1305.009254
IRR 42125.000158
ISK 122.759735
JEP 0.729917
JMD 156.11768
JOD 0.709059
JPY 156.801011
KES 128.949633
KGS 87.450259
KHR 4019.573871
KMF 417.999729
KPW 899.945137
KRW 1456.804971
KWD 0.30742
KYD 0.830199
KZT 499.446421
LAK 21428.148849
LBP 89209.607762
LKR 308.347631
LRD 185.292552
LSL 15.956086
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.298121
MAD 9.137876
MDL 16.870209
MGA 4415.108054
MKD 52.183079
MMK 2099.936125
MNT 3569.846682
MOP 8.016683
MRU 39.768089
MUR 45.879772
MVR 15.45009
MWK 1727.419478
MXN 17.269205
MYR 3.931996
MZN 63.750101
NAD 15.956086
NGN 1379.590392
NIO 36.662976
NOK 9.64985
NPR 144.009939
NZD 1.661085
OMR 0.384488
PAB 0.996163
PEN 3.353659
PGK 4.26805
PHP 58.996032
PKR 278.611912
PLN 3.57692
PYG 6609.139544
QAR 3.622342
RON 4.313702
RSD 99.398038
RUB 76.703228
RWF 1453.926184
SAR 3.750116
SBD 8.058101
SCR 13.590449
SDG 601.49594
SEK 8.95008
SGD 1.27203
SHP 0.750259
SLE 24.474981
SLL 20969.499267
SOS 568.369098
SRD 38.114502
STD 20697.981008
STN 20.706383
SVC 8.716965
SYP 11059.574895
SZL 15.961664
THB 31.611496
TJS 9.309427
TMT 3.51
TND 2.88065
TOP 2.40776
TRY 43.504989
TTD 6.747746
TWD 31.581499
TZS 2586.540272
UAH 43.111874
UGX 3551.266015
UYU 38.369223
UZS 12195.585756
VES 371.640565
VND 25982
VUV 119.556789
WST 2.72617
XAF 554.38764
XAG 0.011125
XAU 0.000198
XCD 2.70255
XCG 1.79537
XDR 0.68948
XOF 554.38764
XPF 100.793178
YER 238.374999
ZAR 15.97505
ZMK 9001.202765
ZMW 19.550207
ZWL 321.999592
  • AEX

    4.6700

    998.64

    +0.47%

  • BEL20

    64.3400

    5563.9

    +1.17%

  • PX1

    80.9800

    8260.74

    +0.99%

  • ISEQ

    183.2200

    13556.96

    +1.37%

  • OSEBX

    6.8600

    1766.57

    +0.39%

  • PSI20

    97.1000

    8924.08

    +1.1%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    42.3400

    4113.69

    +1.04%

  • N150

    40.7900

    4000.62

    +1.03%

Submergée par les déplacés fuyant la guerre, Aden au bord du gouffre
Submergée par les déplacés fuyant la guerre, Aden au bord du gouffre / Photo: © AFP

Submergée par les déplacés fuyant la guerre, Aden au bord du gouffre

Suffoquant sous l'afflux massif des déplacés fuyant la guerre, l'ancienne cité prospère d'Aden, dans le sud du Yémen, s'enfonce dans la crise: les coupures d'électricité sont constantes, l'eau courante manque et les maigres services publics encore debout menacent de s'effondrer.

Taille du texte:

Aden, devenue la capitale provisoire du gouvernement yéménite après la prise de Sanaa en 2014 par les rebelles houthis pro-iraniens, porte les stigmates de plus d'une décennie de guerre: immeubles éventrés, façades mitraillées, quartiers entiers en ruines.

Des centaines de milliers de personnes venant des zones contrôlées par les insurgés y ont afflué, en quête de sécurité et de travail.

Dans cette ville saturée, qui a doublé sa population en 20 ans, les habitants sont à bout.

Sous l'éclairage brûlant de projecteurs chargés au préalable pour faire face aux coupures de courant, Mohammed s'agace de la dernière panne qui a mis à l'arrêt pendant plusieurs heures les réseaux téléphonique et internet.

Ce fonctionnaire regrette que les services publics, déjà fragiles avant la guerre, ne cessent de se dégrader.

On doit "partager avec les déplacés les faibles réserves d'eau, l'électricité et les réseaux de télécommunications", relate cet homme de 37 ans qui refuse de donner son nom de famille.

En octobre, la ville a été plongée dans le noir pendant cinq jours, la troisième panne générale de l'année, faute de carburant.

- Camps de fortune -

Le conflit entre les rebelles et la coalition internationale menée par l'Arabie saoudite a engendré l'une des pires crises humanitaires actuelles et, malgré une trêve en vigueur depuis 2022, la majorité de la population dépend toujours de l'aide humanitaire pour survivre.

Dans ce qui fut un port pittoresque, visité par la reine Elizabeth II, générateurs, camions-citernes et checkpoints militaires font désormais partie du paysage.

Aden est aussi le point de chute de nombreux migrants venus de la Corne de l'Afrique, qui débarquent sur des bateaux de passeurs, espérant rejoindre les riches monarchies du Golfe mais se retrouvent bloqués dans le pays le plus pauvre de la péninsule arabique.

Dans ce chaos, difficile d'avoir des données précises.

Selon le ministre yéménite des Affaires sociales et du Travail, Mohammed Saeed al-Zaouri, 755.000 déplacés sont officiellement recensés, sans compter un nombre indéterminé de non-enregistrés.

Il estime la population à environ 3,5 millions d'habitants, contre 1,5 million il y a vingt ans. "Ce nombre dépasse les capacités d'Aden", dit-il à l'AFP.

A ces difficultés s'ajoute une flambée des loyers.

Avec un salaire mensuel de 130.000 rials yéménites (80 dollars), Mohammed n'a pas les moyens de se loger et habite dans l'appartement familial, les loyers les plus bas atteignant la centaine de dollars. Il a même dû reporter son mariage.

De nombreux déplacés ne peuvent plus louer et se retrouvent dans des camps de fortune en périphérie de la ville.

- "Eaux usées" -

Abdulrahman Mohyiddin, qui a fui en 2018 Hodeida, dans l'ouest du Yémen, avec ses huit enfants, vit désormais dans une tente où il manque de tout: eau, électricité, lits.

A côté de récipients en plastique pour stocker l'eau et de vieilles casseroles, il raconte: "toute la ville souffre du manque d'eau. Nous marchons deux kilomètres pour remplir nos bidons. Les enfants sont extrêmement fatigués".

Ses deux filles grelottent de froid. Il se plaint de vivre avec 5.000 rials par jour, soit trois dollars, et de "l'absence de vêtements chauds, d'éducation et de nourriture".

Selon Farea al-Muslimi, spécialiste du Yémen du groupe de réflexion Chatham House à Londres, l'effondrement total des services "n'est qu'une question de temps".

"La ville est noyée dans les eaux usées, en proie à des coupures d'électricité constantes et, pire encore, à une mauvaise gouvernance", dit-il à l'AFP.

Dans le pays coupé en deux, entre les zones tenues par les Houthis et celles contrôlées par le gouvernement, des centaines de milliers de personnes sont mortes du fait du conflit ou de ses conséquences comme la malnutrition.

Même si les combats ont diminué, l'économie locale s'est effondrée en 2024 en raison de la chute de la monnaie, de l'arrêt des exportations de pétrole et du manque de fonds publics.

Des habitants ont confié à l'AFP que leurs enfants dépendaient des paquets de biscuits fortifiés distribués dans les écoles par les Nations unies.

En 2025, environ 19,5 millions de Yéménites, plus de la moitié de la population, ont eu besoin d'aide humanitaire, dont 4,8 millions de déplacés, selon l'ONU.

La pauvreté a même gagné les quartiers aisés d'Aden.

A l'entrée de l'hôtel Coral Aden, qui accueille missions diplomatiques et réunions politiques, un chien policier amaigri est incapable d'aboyer.

Le garde chargé de contrôler les véhicules avoue qu'il n'y a plus de budget pour nourrir l'animal. "Il est épuisé, tout comme nous", dit-il.

"Il partage notre pauvreté et nos restes".

S.Weaver--TFWP