The Fort Worth Press - Italie : Meloni reconnaît son échec au référendum mais reste Première ministre

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Italie : Meloni reconnaît son échec au référendum mais reste Première ministre
Italie : Meloni reconnaît son échec au référendum mais reste Première ministre / Photo: © AFP/Archives

Italie : Meloni reconnaît son échec au référendum mais reste Première ministre

La Première ministre italienne Giorgia Meloni a essuyé lundi un revers majeur avec la victoire du "non" au référendum sur la réforme judiciaire qu'elle avait portée, à l'issue duquel elle a confirmé ne pas avoir l'intention de démissionner.

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"Les Italiens ont tranché. Et nous respectons cette décision. (...) Mais cela ne change rien à notre engagement de continuer, avec sérieux et détermination, à œuvrer pour le bien de la nation et à honorer le mandat qui nous a été confié", a-t-elle déclaré dans une vidéo sur X.

Après le dépouillement des bulletins dans plus de 90% des bureaux de vote, le "non" obtenait près de 54%, contre 46% pour le "oui".

Ce résultat est un coup dur pour Mme Meloni, qui dirige depuis octobre 2022 un gouvernement de coalition d'une stabilité inhabituelle.

"C'est un très mauvais résultat. Cela signifie qu'elle a perdu le soutien de l'électorat italien sur un point majeur de son programme et sur l'une des propositions phares de la droite (...) depuis 30 ans", a déclaré à l'AFP Daniele Albertazzi, professeur de sciences politiques à l'université de Surrey, au Royaume-Uni.

"Les prochaines élections législatives (prévues pour l'automne 2027, ndlr) approchent à grands pas" et le centre gauche a ses chances s'il parvient à agir uni, selon l'expert.

Selon M. Albertazzi, "l'image d'invincibilité (de Mme Meloni, ndlr) n'est plus d'actualité", même si "cela ne veut pas dire, bien sûr, qu'elle perdra les élections."

Le référendum, qui s'est déroulé dimanche et lundi, visait à séparer les fonctions de juges et de procureurs et à modifier leur organe de contrôle. Le gouvernement a présenté ces mesures comme nécessaires pour garantir l'impartialité de la justice.

Plus de 58% des électeurs ont voté, une affluence nettement supérieure aux prédictions.

- "Avis d'expulsion" -

"Nous avons dit dès le début que le référendum n'aurait aucune incidence sur le sort du gouvernement", a répété Galeazzo Bignami, le chef du groupe Fratelli d'Italia (FdI), le parti de Mme Meloni, à la Chambre des députés, sur la chaîne de télévision La7.

"Nous l'avons fait ! Vive la Constitution !", a pour sa part écrit sur X Giuseppe Conte, qui est à la tête du Mouvement 5 Etoiles (M5S, opposition).

"Un vote aux répercussions politiques considérables. C'est un avis d'expulsion lancé à ce gouvernement, après quatre ans", a ajouté plus tard M. Conte pendant une conférence de presse, estimant que le M5S "a le droit de jouer un rôle de premier plan dans cette nouvelle saison politique, ce nouveau printemps".

La réforme, qui passait par une modification de la Constitution, entendait séparer les carrières des juges et des procureurs et modifier le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), l'organe qui supervise tous les magistrats.

Le gouvernement de Mme Meloni la jugeait indispensable pour garantir l'impartialité du système judiciaire.

L'opposition y voyait une tentative de mainmise du pouvoir sur les magistrats, regrettant qu'elle ne s'attaque pas aux problèmes de fond, comme les procès trop longs et les prisons surpeuplées.

"Le gouvernement devra essayer de tenir le coup face à cette situation et Meloni en ressortira certainement affaiblie", a dit à l'AFP le professeur Lorenzo Castellani, de l'université romaine Luiss.

"Je pense qu'elle tentera de modifier la loi électorale, comme elle essayait déjà de le faire, puis d'organiser des élections dès que possible, ce qui, d'un point de vue réaliste, pourrait signifier pour elle des élections début 2027".

S.Rocha--TFWP