The Fort Worth Press - A Delhi, les dernières librairies en langue ourdou font de la résistance

USD -
AED 3.672504
AFN 65.000368
ALL 81.757752
AMD 361.930403
ANG 1.790365
AOA 918.000367
ARS 1517.834304
AUD 1.435544
AWG 1.8
AZN 1.70397
BAM 1.745081
BBD 2.014187
BDT 123.310283
BGN 1.683441
BHD 0.377783
BIF 2992.192728
BMD 1
BND 1.280571
BOB 11.844107
BRL 4.990804
BSD 1.000045
BTN 96.679902
BWP 13.757752
BYN 3.042248
BYR 19600
BZD 2.011332
CAD 1.426204
CDF 2310.000362
CHF 0.829664
CLF 0.024742
CLP 976.970396
CNY 6.69215
CNH 6.687704
COP 3195.29
CRC 456.301584
CUC 1
CUP 24.001785
CVE 98.750394
CZK 21.763304
DJF 178.086103
DKK 6.672604
DOP 60.611198
DZD 134.724069
EGP 52.403301
ERN 15
ETB 162.480749
EUR 0.892504
FJD 2.24725
FKP 0.755993
GBP 0.755201
GEL 2.590391
GGP 0.755993
GHS 11.77039
GIP 0.755993
GMD 73.503851
GNF 8797.680125
GTQ 7.644716
GYD 209.141639
HKD 7.848504
HNL 26.843631
HRK 6.725604
HTG 130.956948
HUF 325.760388
IDR 17891.4
ILS 3.06346
IMP 0.755993
INR 96.775504
IQD 1515.056882
IRR 1779470.000352
ISK 122.150386
JEP 0.755993
JMD 158.724069
JOD 0.70904
JPY 158.28504
KES 129.698862
KGS 87.450384
KHR 4060.673656
KMF 440.00035
KPW 900.000318
KRW 1340.440383
KWD 0.31096
KYD 0.833371
KZT 454.436761
LAK 22426.053982
LBP 89555.476244
LKR 330.885568
LRD 171.010484
LSL 16.545706
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.430515
MAD 9.833504
MDL 17.93085
MGA 4459.513718
MKD 54.940888
MMK 2100.103005
MNT 3599.666808
MOP 8.083426
MRU 39.963417
MUR 47.460378
MVR 15.450378
MWK 1734.106625
MXN 18.414104
MYR 4.085504
MZN 63.910377
NAD 16.545706
NGN 1329.000344
NIO 36.80571
NOK 9.561404
NPR 154.687486
NZD 1.783644
OMR 0.384742
PAB 1.000045
PEN 3.429668
PGK 4.534464
PHP 62.745038
PKR 276.931162
PLN 3.916904
PYG 5688.155253
QAR 3.640374
RON 4.766038
RSD 104.733437
RUB 85.159581
RWF 1474.102164
SAR 3.751874
SBD 8.078071
SCR 14.675038
SDG 601.503676
SEK 9.999204
SGD 1.279404
SHP 0.755572
SLE 24.670371
SLL 20969.491881
SOS 571.492304
SRD 37.692504
STD 20697.981008
STN 21.860361
SVC 8.75039
SYP 13002.000254
SZL 16.542494
THB 33.553038
TJS 9.200535
TMT 3.51
TND 3.009508
TOP 2.40776
TRY 49.221304
TTD 6.793665
TWD 31.961404
TZS 2640.285523
UAH 44.916529
UGX 4088.733456
UYU 40.164333
UZS 11900.959179
VES 875.701604
VND 25899.5
VUV 120.010419
WST 2.78551
XAF 585.444314
XAG 0.016442
XAU 0.000238418806
XCD 2.70255
XCG 1.802364
XDR 0.707052
XOF 585.444314
XPF 106.410886
YER 236.203589
ZAR 16.52005
ZMK 9001.203584
ZMW 19.875976
ZWL 321.999592
SSP 5757.531856
MXV 2.08033
  • AEX

    3.2000

    1105.55

    +0.29%

  • BEL20

    -25.9400

    5737.76

    -0.45%

  • PX1

    -7.3300

    8131.86

    -0.09%

  • ISEQ

    5.7300

    14337.15

    +0.04%

  • OSEBX

    1.2600

    2108.79

    +0.06%

  • PSI20

    21.1600

    9638.63

    +0.22%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -20.9400

    4631.6

    -0.45%

  • N150

    -6.4200

    4271.03

    -0.15%

A Delhi, les dernières librairies en langue ourdou font de la résistance
A Delhi, les dernières librairies en langue ourdou font de la résistance / Photo: © AFP

A Delhi, les dernières librairies en langue ourdou font de la résistance

A 52 ans, Mohammed Mahfooz Alam sait que l'heure où il mettra la clé sous la porte est proche. Dans sa librairie du centre historique de la capitale indienne New Delhi, il est l'un des derniers à vendre encore des ouvrages en langue ourdou.

Taille du texte:

Célébrée pendant des siècles par les poètes de toute l'Asie du Sud, langue nationale du Pakistan voisin, le ourdou fait partie intégrante de la culture riche et tourmentée de l'Inde.

Mais depuis l'indépendance du géant à majorité hindoue (1947), sa littérature n'a pas résisté longtemps au raz-de-marée du hindi.

D'autant moins que son élégante calligraphie d'inspiration arabo-persique la fait passer aux yeux de nombreux Indiens pour une langue importée, voire musulmane, communauté stigmatisée par le pouvoir.

"Il fut un temps où une centaine de livres (en ourdou) étaient publiés chaque année", regrette, dépité, Mohammed Mahfooz Alam. "Cette littérature meurt désormais à petit feu".

"Je suis assis là depuis ce matin et à peine quatre personnes ont poussé ma porte", se désole-t-il. "Et ce n'étaient que des étudiants ou des élèves à la recherche d'ouvrages scolaires".

A l'ombre des hauts minarets de la fameuse mosquée Jama Masjid, les rues étroites du Bazar ourdou ont longtemps abrité le cœur battant du petit monde littéraire qui la célébrait, avec ses imprimeries, ses éditeurs et ses écrivains.

Les conversations enflammées qui agitaient les librairies du quartier ont désormais laissé la place à l'odeur entêtante des kebabs. Seule une poignée de librairies ont réussi à survivre.

"C'est maintenant devenu un marché alimentaire", se désespère Mohammed Mahfooz Alam.

Protégé par la Constitution, le ourdou n'est plus aujourd'hui parlé en Inde que par 50 millions d'habitants du pays le plus peuple de la planète.

Mais pendant des siècles, il fut l'un des langages privilégiés des maîtres du pays.

La librairie Maktaba Jamia a vendu ses premiers livres il y a un siècle. Mohammed Mahfooz Alam en a pris la destinée en main il y a quelques mois, par amour de la langue.

- Concurrences -

Ses prédécesseurs se sont installés à "Old Delhi" dans les années 1920, proposant aussi bien des ouvrages en ourdou qu'en arabe ou en perse.

Mais dès les années 1980, ils ont vu éclore autour d'eux les premiers restaurants de fast-food, bien plus lucratifs, et ont commencé à fermer leurs portes. Plus d'une douzaine ont définitivement tiré leur rideau de fer depuis.

"Avec l'avènement de l'internet, tout est devenu facilement disponible sur son téléphone mobile", note Sikander Mirza Changezi, à la tête d'une des librairies qui a résisté à la tempête.

"Les gens ont commencé à penser qu'acheter des livres ne servait plus à rien", poursuit-il, "cela à fait baisser le revenu des libraires qui ont préféré se replier sur d'autres commerces".

Et à partir de 2014, le ourdou s'est retrouvé dans la ligne de mire du parti et du gouvernement ultranationalistes hindous du Premier ministre Narendra Modi, rapidement considérée comme une langue de la minorité musulmane.

Elle partage des racines avec l'hindi et s'est enrichie au fil des siècles de mots issus de l'arabe et du perse, à la faveur des conquêtes et d'échanges commerciaux qui ont déferlé sur l'Inde.

Tout à leur oeuvre de réécriture de l'histoire indienne dans un sens exclusivement hindou, les partisans du Bharatiya Janata Party (Parti du peuple indien, BJP) se sont largement mobilisés contre l'utilisation de l'ourdou.

"Le ourdou a été associé aux musulmans (...) mais c'est faux", insiste Mohammed Mahfooz Alam, "tout le monde le parle (...) c'est un langage très doux, avec de la paix en lui".

Déterminé à enrayer son déclin, Sikander Mirza Changezi, dont la librairie abrite des milliers d'ouvrages et quelques rares manuscrits, multiplie initiatives et promotions.

Etudiante en ourdou, Adeeba Tanveer, 27 ans, se réjouit de l'existence de ce sanctuaire.

"L'amour de l'ourdou revient doucement", veut-elle croire. "C'est un si beau langage. Et vous sentez cette beauté quand vous le parlez".

J.P.Estrada--TFWP