The Fort Worth Press - A Chambord, des jardins fragilisés par la sécheresse et à réinventer

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A Chambord, des jardins fragilisés par la sécheresse et à réinventer
A Chambord, des jardins fragilisés par la sécheresse et à réinventer / Photo: © AFP/Archives

A Chambord, des jardins fragilisés par la sécheresse et à réinventer

Le domaine national de Chambord subit les effets d'une sécheresse d'une intensité inédite, visibles autour du célèbre château, au point de remettre durablement en question la présence de certains végétaux qui y sont plantés.

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Dans le parc du château, qui a accueilli 1,22 million de visiteurs en 2025, les conséquences de la sécheresse sont partout : pelouses jaunies, voire complètement brûlées, arbustes desséchés... C'est désormais au tour des arbres de montrer des signes de faiblesse.

Frappée, comme la quasi-totalité du territoire, par une succession de vagues de chaleur et l'absence durable de pluie cet été, la nature autour du château a par endroits des couleurs d'automne.

"L'impact cette année est très, très fort: quand on commence à voir que les arbres peinent, on est vraiment à un stade élevé de stress hydrique", déclare à l'AFP Julien Billon, responsable du service des jardins de Chambord.

Des érables champêtres, des hêtres pourpres ou encore certains marronniers montrent des symptômes de stress avancé.

Non seulement les feuillages, mais aussi le système racinaire des arbres "sont désormais impactés", souligne-t-il, précisant que les végétaux aux racines peu profondes étaient jusqu'à présent les plus concernés.

Certains arbres "vont mettre deux ou trois ans à dépérir", prévoit M. Billon.

- "Année test" -

Cette canicule agit aussi comme un révélateur pour le jardin à l'anglaise créé en 2014 et pourtant pensé dès l'origine pour faire face au réchauffement climatique.

"Il y a peut-être 20 à 30% des végétaux qui étaient adaptés il y a dix ans et qui ne le sont plus aujourd'hui", estime M. Billon.

L'hiver prochain, les équipes devront dresser un inventaire précis des espèces ayant résisté et de celles condamnées à disparaître.

"C'est une grosse année test", résume-t-il.

Une adaptation indispensable, débutée il y a plusieurs années à Chambord mais aussi dans l'ensemble des châteaux de la Loire, joyaux inestimables et passages incontournables pour les touristes du monde entier, menacés par le changement climatique.

C'est le cas à Chenonceau ou encore au château d'Azay-le-Rideau, où "le parc conçu au XIXe siècle rassemble toute une variété de plantes et d'arbres qui supportent mal ces dérèglements climatiques", concédait son administrateur, Benoit Grécourt, auprès de l'AFP l'été dernier.

Un travail "sans trahir l'identité" d'origine des lieux : remplacer certaines essences de plantes par d'autres, moins gourmandes en eau, représente l'une des principales pistes.

A Chambord, certaines pratiques ont déjà été adaptées depuis plusieurs années mais vont encore être développées, comme le paillage, pratique qui consiste à recouvrir la terre autour des plantes d'une couche de matière.

- "S'habituer" -

Il a été étendu à de nombreuses zones pour limiter l'évaporation, tandis que la fauche des prairies est retardée afin de protéger les sols de la chaleur.

Les jardiniers ont aussi décidé de ne plus arroser les pelouses, malgré une dérogation liée au classement en "jardin remarquable", afin de concentrer la ressource sur les plantations récentes et les collections les plus précieuses.

Ainsi, les pelouses jaunies, voire brûlées par le soleil, sont devenues légion autour du château de François Ier, un spectacle qui pourrait devenir habituel dans les prochaines années.

"On ne peut pas arroser des zones comme ça, ce serait ridicule", estime Julien Billon, ajoutant que "les gens doivent s'habituer à voir des pelouses cramées en été".

A l'avenir, l'eau "ne doit plus être un élément prioritaire pour les jardins" de Chambord, "il faut essayer de les concevoir avec le plus petit volume d'eau possible", conclut-il.

C.Rojas--TFWP