The Fort Worth Press - Comment la Nasa a investi dans les images pour ressusciter l'enthousiasme spatial

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Comment la Nasa a investi dans les images pour ressusciter l'enthousiasme spatial
Comment la Nasa a investi dans les images pour ressusciter l'enthousiasme spatial / Photo: © NASA/AFP

Comment la Nasa a investi dans les images pour ressusciter l'enthousiasme spatial

Pendant la première mission d'Artémis en 2022, un directeur de vol de la Nasa, Zebulon Scoville, s'est rendu compte que l'agence ne transmettait pas d'images en direct depuis le vaisseau Orion.

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"Ils disaient qu'ils n'avaient pas assez de bande passante, qu'il fallait prioriser les données sur le vaisseau et l'ingénierie", a raconté cette semaine à l'AFP Zebulon Scoville, à Houston au centre de contrôle Johnson, coeur du programme américain d'exploration spatiale habitée.

"Je leur ai répondu qu'ils avaient tort", dit-il. "Ce programme s'éteindra si on ne suscite pas l'adhésion des gens".

La Nasa s'est donc débrouillée pour trouver un flux à faible bande passante pour diffuser en direct pendant la mission. Et ses chefs lui ont confié toute l'image d'Artémis, avec comme mission d'embarquer le grand public avec la Nasa vers la Lune.

Orion, le vaisseau qui a emmené les quatre astronautes d'Artémis autour de la Lune, a donc été équipé d'une liaison de communication optique vers la Terre, un laser capable de transmettre vers des stations terrestres des vidéos en meilleure résolution.

Le monde a pu suivre la mission non seulement sur la chaîne YouTube de la Nasa, jusqu'en qualité 4K, mais aussi sur Netflix ou Twitch, avec des millions de vues sur l'ensemble des plateformes.

- Le Twitch de la Nasa -

Les vidéos des astronautes à bord ont proliféré sur les réseaux sociaux, parfois pour du trivial - la saga des problèmes d'évacuation des toilettes d'Orion - mais surtout pour les photos à couper le souffle d'un croissant de Terre derrière la Lune, ou celles de l'éclipse solaire.

Certains enseignants américains ont fait suivre le périple à leurs élèves pour rendre les leçons plus réalistes, comme Alex Roethler, professeur de physique dans le Wisconsin.

"Toute l'école était enthousiaste", assure-t-il à l'AFP. Collègues comme élèves passaient régulièrement une tête dans sa classe pour prendre des nouvelles, "c'était marrant".

"C'était génial d'avoir le streaming, et assez cool qu'ils aient aussi utilisé Twitch", dit-il. "La plupart de nos étudiants sont dessus".

- Joie lunaire? -

Les descriptions ciselées des cratères, des reliefs et du sol lunaire par l'équipage a aussi fourni des séquences captivantes pendant les sept heures de survol de la Lune, lundi.

Les astronautes d'Apollo n'avaient pas la perspective élevée dont ont bénéficié ceux d'Artémis II. A 6.500 km de la surface, leur regard a pu embrasser l'ensemble du globe lunaire; ils ont pu décrire en direct des bassins entiers, des suites de cratères, et de brefs points lumineux: des impacts de météorites en temps réel, trop éphémères pour être photographiés.

Le tout sous le thème de la "joie lunaire", "moon joy", répété de manière appuyée par les contrôleurs de la Nasa.

Avec Artémis II, l'agence a montré "des sourires et de l'émotion, alors qu'on a plutôt été assez secs historiquement", résume Zebulon Scoville.

"On a le droit de sauter de joie et de crier à la Lune".

- Parallèles Apollo-Artémis -

Une partie du public de 2026 a pu sembler blasé face à une redite des exploits Apollo.

La concurrence médiatique est plus rude que dans les années 1960, quand les Etats-Unis n'avaient que trois chaînes de télévision.

Jack Kiraly, de l'organisation Planetary Society, nuance le mythe Apollo. La nostalgie de Neil Armstrong "cache certains des problèmes du programme à l'époque", qui était assez "impopulaire dans l'électorat américain et le grand public", selon lui.

Quoiqu'il en soit, l'intérêt pour Artémis "n'est pas à la hauteur" des missions Apollo, observe-t-il. Il souhaite à la Nasa de continuer à améliorer sa communication.

"Avec les guerres, les divisions, tout le monde a envie de bonnes nouvelles", poursuit Zebulan Scoville.

Fidèle à la réserve des astronautes, l'équipage n'a pas parlé de politique ou de la guerre en Iran.

Mais depuis l'espace, le commandant américain, Reid Wiseman, y a fait allusion. De là haut, la planète bleue dans son hublot, il a confié espérer que le périple lunaire "fasse faire une pause au monde".

Quelques heures après son retour dans le Pacifique, l'une des plus hautes responsables de la Nasa, Lori Glaze, a crié victoire, lançant: "A tous nos nouveaux abonnés, restez branchés".

L.Holland--TFWP