The Fort Worth Press - Pakistan: les morts ne reposent jamais en paix dans les cimetières engorgés de Karachi

USD -
AED 3.672498
AFN 66.000037
ALL 81.915831
AMD 380.151858
ANG 1.79008
AOA 917.000343
ARS 1451.993897
AUD 1.426605
AWG 1.8
AZN 1.696692
BAM 1.655536
BBD 2.022821
BDT 122.831966
BGN 1.67937
BHD 0.377009
BIF 2987.661537
BMD 1
BND 1.276711
BOB 6.964795
BRL 5.261804
BSD 1.004342
BTN 91.842522
BWP 13.228461
BYN 2.875814
BYR 19600
BZD 2.019858
CAD 1.36614
CDF 2154.999851
CHF 0.778198
CLF 0.021907
CLP 865.000194
CNY 6.946499
CNH 6.93573
COP 3629
CRC 498.70812
CUC 1
CUP 26.5
CVE 93.33655
CZK 20.57685
DJF 178.843207
DKK 6.323803
DOP 63.484264
DZD 129.884
EGP 47.110302
ERN 15
ETB 156.676691
EUR 0.84679
FJD 2.200301
FKP 0.729754
GBP 0.73029
GEL 2.695
GGP 0.729754
GHS 11.012638
GIP 0.729754
GMD 73.497835
GNF 8819.592694
GTQ 7.706307
GYD 210.120453
HKD 7.81365
HNL 26.532255
HRK 6.378898
HTG 131.728867
HUF 322.652002
IDR 16773
ILS 3.09245
IMP 0.729754
INR 90.42375
IQD 1315.670299
IRR 42125.000158
ISK 122.959549
JEP 0.729754
JMD 157.811362
JOD 0.709035
JPY 155.446502
KES 129.549946
KGS 87.450357
KHR 4046.744687
KMF 417.999856
KPW 900
KRW 1449.169755
KWD 0.30725
KYD 0.836906
KZT 507.178168
LAK 21598.652412
LBP 89531.701448
LKR 311.010475
LRD 186.300651
LSL 16.079552
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.345176
MAD 9.158604
MDL 17.00314
MGA 4482.056104
MKD 52.191104
MMK 2099.986463
MNT 3564.625242
MOP 8.079484
MRU 39.911729
MUR 45.889885
MVR 15.45017
MWK 1742.758273
MXN 17.345904
MYR 3.939502
MZN 63.750038
NAD 16.079688
NGN 1400.539715
NIO 36.985739
NOK 9.678155
NPR 147.062561
NZD 1.656635
OMR 0.384501
PAB 1.004342
PEN 3.382683
PGK 4.306869
PHP 58.897503
PKR 281.341223
PLN 3.572885
PYG 6677.840135
QAR 3.671415
RON 4.314696
RSD 99.463976
RUB 76.46361
RWF 1469.427172
SAR 3.750148
SBD 8.058101
SCR 14.856833
SDG 601.515223
SEK 8.93992
SGD 1.270125
SHP 0.750259
SLE 24.474991
SLL 20969.499267
SOS 574.437084
SRD 38.024958
STD 20697.981008
STN 20.754973
SVC 8.788065
SYP 11059.574895
SZL 16.083999
THB 31.487986
TJS 9.380296
TMT 3.51
TND 2.897568
TOP 2.40776
TRY 43.496835
TTD 6.79979
TWD 31.579502
TZS 2579.039813
UAH 43.28509
UGX 3587.360437
UYU 38.963238
UZS 12278.117779
VES 371.640565
VND 26019.5
VUV 119.156711
WST 2.710781
XAF 555.683849
XAG 0.011992
XAU 0.000207
XCD 2.70255
XCG 1.81001
XDR 0.691072
XOF 555.251107
XPF 100.950591
YER 238.374977
ZAR 15.984975
ZMK 9001.201218
ZMW 19.709321
ZWL 321.999592
  • AEX

    -2.6200

    1006.9

    -0.26%

  • BEL20

    8.7400

    5468.32

    +0.16%

  • PX1

    9.0000

    8190.39

    +0.11%

  • ISEQ

    -72.2500

    13306.71

    -0.54%

  • OSEBX

    -0.7000

    1756.41

    -0.04%

  • PSI20

    60.9400

    8767.06

    +0.7%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    43.1000

    4071.19

    +1.07%

  • N150

    6.7100

    3954.48

    +0.17%

Pakistan: les morts ne reposent jamais en paix dans les cimetières engorgés de Karachi
Pakistan: les morts ne reposent jamais en paix dans les cimetières engorgés de Karachi / Photo: © AFP

Pakistan: les morts ne reposent jamais en paix dans les cimetières engorgés de Karachi

Dans la grouillante mégalopole de Karachi, la plus grande ville du Pakistan, les cimetières sont pleins à craquer et les morts manquent d'espace pour reposer en paix.

Taille du texte:

Mais pour une bonne somme d'argent, donnée à la bonne personne, une concession peut être "trouvée" pour un être cher par des gangs véreux qui démolissent de vieilles tombes pour faire place à de nouvelles.

Dans la tentaculaire cité côtière (Sud), qui abrite 20 millions d'habitants, le cimetière du quartier privilégié de Pechs est officiellement complet depuis cinq ans.

Ce grand cimetière urbain est encombré de tombes. Petites ou grandes, elles sont encastrées les unes dans les autres, dans chaque recoin, semblables à des pièces de Tetris; certaines sont creusées à même le sol, d'autres surélevées sur un socle en pierre.

Malgré le manque de place, de nouvelles tombes apparaissent sans cesse, érigées sur d'anciennes sépultures démolies par des individus peu scrupuleux facturant des montants faramineux .

Des journalistes de l'AFP ont vu un groupe concassant une tombe et transportant furtivement dans des paniers les débris, jusqu'à ce qu'un espace suffisant pour en bâtir une nouvelle eût été dégagé.

"Il n'y a aucune place dans tout Karachi", explique l'un de ces hommes, Khalil Ahmed. "Nous devons détruire d'anciennes tombes si nous voulons en construire de nouvelles".

Le tarif fixé par l'administration pour un enterrement est de 7.900 roupies (40 euros). Mais deux résidents ont rapporté avoir payé l'an passé 55.000 et 175.000 roupies pour mettre en terre des proches, dans ce même cimetière.

Selon Khalil, l'argent est partagé entre une quarantaine d'hommes et d'adolescents qui, quand ils ne travaillent pas, se prélassent sur des banquettes à l'ombre.

- 'La mafia des fossoyeurs' -

Avec ses comparses, il fait partie de ce que la classe politique et les médias appellent la "mafia des fossoyeurs".

Le mot mafia est employé à toutes les sauces au Pakistan. On se plaint de la "mafia du lait" qui mélange de l'eau au lait, de la "mafia du sucre" qui fait monter les prix, de la "mafia de la terre" qui accapare les terres.

Les fossoyeurs profitent de la croissance démographique du pays. Le Pakistan est le 5e plus peuplé au monde, avec 220 millions d'habitants, et sa population augmente de quatre millions de personnes chaque année. Cette hausse s'accompagne d'un fort exode rural.

Muhammad Aslam, 72 ans, a vu la mafia des fossoyeurs prospérer avec l'essor de la population de Karachi. Quand il s'est installé juste à côté du cimetière de Pechs en 1953, ce n'était encore qu'un "endroit déserté".

Mais "la place a vite manqué" et le prix des funérailles n'a cessé d'augmenter au fil des ans.

En 1967, sa famille avait payé 50 roupies pour enterrer son grand-père. Un parent inhumé par la mafia en 2020 en a coûté 33.000.

"Le problème de base, c'est que l'infrastructure est insuffisante", reconnaît Ali Hassan Sajid, un porte-parole de la municipalité.

Celle-ci gère 39 des quelque 250 cimetières de Karachi, dont celui de Pechs. Six d'entre eux sont fermés et les autres sont "presque pleins".

"En certains endroits de la ville, les infrastructures sont les mêmes qui existaient quand le Pakistan a été fondé" en 1947, avoue M. Sajid.

Il admet que la mafia continue à procéder à des inhumations dans des cimetières normalement fermés, mais assure que la municipalité s'efforce de mettre fin à cette pratique.

- 'La dernière trace' -

La pègre fait aussi régner sa loi sur les cimetières de Rawalpindi, Peshawar ou Lahore, selon la presse locale.

Le point de vue sur la mafia varie selon à qui vous parlez. Pour M. Sajid, les familles qui veulent à tout prix enterrer leurs proches auprès de leurs aînés sont prêtes à payer des sommes qui "appâtent le fossoyeur pour le faire succomber à sa cupidité".

Khalil, lui, estime fournir un service indispensable et n'en retirer qu'un maigre revenu.

Si certains s'accommodent de cette pratique, considérant qu'il en va ainsi de la vie dans une telle ville, elle est pour d'autres source d'angoisse.

Le père de Muhammad Abdullah Saif a été enterré au cimetière de Pechs il y a des décennies. Aujourd'hui, la tombe décatie est entourée de sacs de ciment vides et d'éclats de pierre tombale.

La mafia s'en prend généralement aux tombes non entretenues. "Nous devons venir régulièrement, sinon la tombe sera détruite", souligne M Saif.

Muzammil Asif doit marcher sur un terrain tout bosselé, au risque de se faire une entorse, pour atteindre la sépulture de sa jeune soeur, décédée l'été dernier. "Les tombes sont profanées quand on marche dessus", se désespère-t-il.

Au cimetière proche de Korangi, Muhammad Munir a connu la plus cruelle des pertes. Chaque année, il vient dans ce lieu où son père avait été enterré: un amphithéâtre de tombes en ruines, bordé de drapeaux élimés.

Mais la tombe de son père a disparu depuis bien longtemps. Elle a été démolie il y a plus de 20 ans et remplacée par une autre, qui a elle-même disparu pour faire place à une nouvelle.

Certaines années, quand M. Munir se rend sur place, il découvre des tombes récentes, portant des noms inconnus. Maintenant, il ne sait pas très bien où son père repose. "C'est douloureux", dit-il. "Sa tombe était la dernière trace de lui".

M.T.Smith--TFWP