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Les quelque 600.000 fidèles attendus commencent à affluer samedi sur les Champs-Elysées pour la messe géante que le pape Léon XIV va célébrer dans l'après-midi place de la Concorde à Paris, au deuxième jour d'une visite en France, qui soulève un large enthousiasme populaire.
Quatre heures avant le début du service religieux, des fidèles de tous âges convergent aux alentours de l'Arc de Triomphe, s’époumonant "Jésus, Jésus" pour certains ou chantant "Papa Leone" pour d'autres, souvent en agitant des fanions aux couleurs papales.
Federico Colombel, enseignant en école d'ingénieur, est arrivé tôt après avoir déjà assisté à la grande veillée, vendredi soir au Stade de France, à Saint-Denis. "C'était très beau, j'ai ressenti la présence de l'Esprit Saint, ce qui m'a porté. J'espère que ce sera encore mieux pour cette messe, un rassemblement de gens de la même foi, un mouvement qui crée un mouvement de communion très fort", a expliqué l'homme de 28 ans à l'AFP.
Dans les rues adjacentes aux Champs Élysées, des dizaines de cars déversaient des fidèles venus de province, souvent équipés de tabourets ou de chaises pliantes, prêts à attendre plusieurs heures l'arrivée du pape.
"Les cathos, on ne les entend pas beaucoup, là on va faire du bruit ! Mais pour annoncer l'amour, la paix, la joie", se réjouit Sylvie Leclerc, enseignante de 51 ans, en descendant de son car venu de Seine-Maritime.
Des chants religieux ont aussi résonné dans une rame du métro parisien, entonnés par certains fidèles, drapeaux à la main, sur la route des Champs-Elysées, a constaté une journaliste de l'AFP.
- Messe sans Emmanuel Macron -
Face à la foule attendue, les organisateurs de cette messe géante, point fort de cette deuxième journée de Léon XIV en France, ont élargi le périmètre des spectateurs à la place de l'Etoile et jusqu'à l'avenue de la Grande Armée, sur plus de deux kilomètres.
Une dizaine de stations de métro seront fermées pour la célébration, à laquelle assisteront de nombreuses figures politiques et candidats à la présidentielle du printemps 2027, dont Marine Le Pen, Gabriel Attal ou Edouard Philippe - mais pas le chef de l'Etat Emmanuel Macron, qui avait accueilli le pape vendredi dès son arrivée à l'aéroport.
La visite inédite de Léon XIV dans l'Hexagone, qui le mènera également à Lourdes dès samedi soir puis à Metz lundi, a lieu sous haute sécurité, mobilisant 17.000 bénévoles, 15.000 policiers et gendarmes pour un budget titanesque de 27 millions d'euros.
Lui-même petit-fils d'immigrés, Léon XIV a commencé sa deuxième journée en France en se rendant dans l'association diocésaine de soutien aux migrants la Maison Bakhita. "Une maison qui témoigne à toute la ville qu’il est possible de se rencontrer et de vivre ensemble dans la dignité et la paix", a-t-il déclaré, après avoir entendu des témoignages d'exilés afghan et nigérian dans cette association située dans un quartier populaire du nord de la capitale.
- Nouveaux baptisés -
"L'histoire de l'Église et de l'humanité (...) n'est pas écrite par ceux qui donnent l’impression de vaincre en s'imposant et en occupant l'espace, mais par ceux qui +font de la place+, instaurent des processus de paix, suscitent la confiance et encouragent la vie", a déclaré le souverain pontife, incitant également "à reconnaître le rôle fondamental des femmes dans la construction d’une civilisation de l’amour".
Depuis son élection en mai 2025, Robert Francis Prevost a régulièrement appelé à défendre la dignité des personnes exilées et des réfugiés, n'hésitant pas à critiquer la politique migratoire du président américain Donald Trump.
Le chef des 1,4 milliard de catholiques dans le monde a ensuite rencontré de nouveaux baptisés, témoins du dynamisme de l'Eglise chez une partie des jeunes qui intrigue le Vatican.
"Il peut sembler paradoxal que ce phénomène (...) se situe dans le contexte d’une société comme la société française, marquée par une culture fortement sécularisée", a souligné le pape lors de cet entretien au siège historique de la "Catho de Paris". Le sujet de la laïcité avait déjà été évoqué vendredi dans son discours à l'Elysée, dans lequel il avait considéré que "la juste laïcité ne consiste pas à exclure la religion de l’espace public".
Vendredi, au premier jour de visite, Léon XIV a pu mesurer la ferveur de 300.000 personnes, selon le Vatican, qui l'ont acclamé à son passage en papamobile dans le centre de la capitale, puis lors d'une veillée avec 80.000 jeunes au Stade de France, à Saint-Denis, au nord de Paris, dans une ambiance survoltée.
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J.P.Cortez--TFWP