The Fort Worth Press - Un mois après, Ceuta déchiré entre drame des migrants et lassitude des habitants

USD -
AED 3.672498
AFN 65.000131
ALL 79.649525
AMD 362.762219
ANG 1.790365
AOA 917.99959
ARS 1509.765009
AUD 1.404189
AWG 1.8
AZN 1.681732
BAM 1.702398
BBD 2.012707
BDT 122.644384
BGN 1.683441
BHD 0.376691
BIF 3004.472393
BMD 1
BND 1.277028
BOB 9.818446
BRL 5.143699
BSD 0.999342
BTN 95.757903
BWP 13.552177
BYN 3.022937
BYR 19600
BZD 2.009833
CAD 1.40038
CDF 2310.999867
CHF 0.823185
CLF 0.024321
CLP 960.329653
CNY 6.69765
CNH 6.695015
COP 3177.79
CRC 447.065074
CUC 1
CUP 26.5
CVE 96.038358
CZK 21.229024
DJF 177.955067
DKK 6.514345
DOP 58.981583
DZD 134.149156
EGP 52.112402
ERN 15
ETB 163.231619
EUR 0.871429
FJD 2.215901
FKP 0.746534
GBP 0.747265
GEL 2.613261
GGP 0.746534
GHS 11.512483
GIP 0.746534
GMD 73.500304
GNF 8785.628743
GTQ 7.626281
GYD 209.07638
HKD 7.845335
HNL 26.826517
HRK 6.564699
HTG 130.611818
HUF 317.388498
IDR 17803
ILS 3.03663
IMP 0.746534
INR 95.88785
IQD 1309.155203
IRR 1374600.000289
ISK 121.303875
JEP 0.746534
JMD 157.800994
JOD 0.709036
JPY 156.926983
KES 129.520284
KGS 87.449707
KHR 4050.04638
KMF 428.000275
KPW 900.000318
KRW 1383.129947
KWD 0.30816
KYD 0.832814
KZT 446.786366
LAK 22393.317975
LBP 89489.13692
LKR 330.779917
LRD 172.889077
LSL 16.246848
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.347575
MAD 9.468403
MDL 17.56296
MGA 4332.167695
MKD 53.591726
MMK 2099.833711
MNT 3597.142387
MOP 8.074938
MRU 40.20276
MUR 47.579949
MVR 15.449723
MWK 1732.867078
MXN 17.223145
MYR 4.079503
MZN 63.910346
NAD 16.246848
NGN 1330.660229
NIO 36.772039
NOK 9.426885
NPR 153.21015
NZD 1.74928
OMR 0.385593
PAB 0.999369
PEN 3.37024
PGK 4.448122
PHP 62.80701
PKR 276.986731
PLN 3.802525
PYG 5924.287226
QAR 3.652793
RON 4.586803
RSD 102.243184
RUB 84.182273
RWF 1468.007368
SAR 3.755068
SBD 8.000512
SCR 14.075993
SDG 601.528417
SEK 9.841875
SGD 1.275855
SHP 0.747524
SLE 24.650046
SLL 20969.491881
SOS 571.09014
SRD 37.945503
STD 20697.981008
STN 21.33914
SVC 8.74454
SYP 13002.000254
SZL 16.24171
THB 33.310273
TJS 9.21794
TMT 3.51
TND 2.939724
TOP 2.40776
TRY 48.799704
TTD 6.783927
TWD 31.7758
TZS 2648.350093
UAH 44.64824
UGX 3942.010809
UYU 40.182887
UZS 11832.129217
VES 847.485102
VND 26022
VUV 117.955747
WST 2.750287
XAF 571.620256
XAG 0.015079
XAU 0.000229
XCD 2.70255
XCG 1.801079
XDR 0.707052
XOF 571.620256
XPF 103.873707
YER 236.549685
ZAR 16.243605
ZMK 9001.201471
ZMW 19.641947
ZWL 321.999592
SSP 5712.013969
MXV 1.952623
  • AEX

    -5.7200

    1095.09

    -0.52%

  • BEL20

    -64.1300

    5713.16

    -1.11%

  • PX1

    -121.9900

    8065.02

    -1.49%

  • ISEQ

    -114.6100

    14211.37

    -0.8%

  • OSEBX

    -19.2300

    2117.33

    -0.9%

  • PSI20

    -128.6200

    9542.21

    -1.33%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -10.7300

    4652.42

    -0.23%

  • N150

    -46.8600

    4252.11

    -1.09%

Un mois après, Ceuta déchiré entre drame des migrants et lassitude des habitants
Un mois après, Ceuta déchiré entre drame des migrants et lassitude des habitants / Photo: © AFP

Un mois après, Ceuta déchiré entre drame des migrants et lassitude des habitants

Un mois après l'afflux illégal de milliers de migrants, le territoire espagnol de Ceuta vit déchiré entre le drame de ceux qui sont restés, vivant souvent encore dans la rue, et les tiraillements de ses habitants, partagés entre solidarité et exaspération.

Taille du texte:

Otman Ianaya, 40 ans, s'est jeté à l'eau fin juillet avec sa femme et leurs deux petites filles pour rejoindre Ceuta à la nage, depuis la ville voisine marocaine de Castillejos, parce qu'il n'y a "pas de travail au Maroc".

"Je veux construire un avenir dans ma vie", explique-t-il à des journalistes de l'AFP.

Ils dorment tous les quatre dehors. Leur quotidien s'est légèrement amélioré il y a quelques jours quand des bénévoles leur ont apporté des couvertures et une bâche, qui leur sert de toit de fortune.

Plus de 70.000 migrants sont entrés illégalement, à pied ou à la nage, les 30 et 31 juillet à Ceuta, une des deux seules frontières terrestres de l'Europe avec l'Afrique, avec l'autre territoire espagnol de Melilla. Un afflux qui a fait des dizaines de morts et de disparus.

La plupart sont repartis dans la foulée, mais plusieurs milliers - 5.000, selon le gouvernement du Premier ministre Pedro Sánchez, ou au moins 10.000, d'après les autorités de Ceuta - sont encore présents aujourd'hui, dormant pour beaucoup dans les rues et sur les plages.

"J'ai un sentiment partagé. Je suis espagnol et de religion musulmane. (Cet afflux), je le vois comme une invasion", déclare à l'AFP Nabil Abdeselam, un des quelque 80.000 habitants du petit territoire de 18,5 km2.

Mais quand "je sors devant ma porte, et que je croise" un migrant, "je lui donne un morceau de pain", poursuit-il. "Des papiers, du travail et un avenir pour tous, il n'y en a pas", déplore ce Ceutien de 50 ans.

- Situation tendue -

Un mois après cette arrivée massive, des migrants errent dans les rues à la recherche de nourriture, couvertures sous le bras, des campements sont encore sur les plages.

Le gouvernement prépare des centres, où il prévoit d'héberger tous les migrants d'ici deux ou trois semaines, afin d'examiner leur statut avant d'éventuellement les expulser.

La situation, souvent tendue, a donné lieu à plusieurs poussées de violence, caillassage de patrouilles militaires, rixes ou agressions sexuelles. Des affrontements ont aussi opposé la police à des manifestants réclamant l'expulsion des migrants, dont des affaires ont été incendiées un soir sur une plage.

Mercredi, jour de la fête officielle du territoire, des milliers de personnes ont défilé dans la ville autonome nord-africaine. Scandant "Envahisseurs, expulsion" ou "Ceuta n'est pas à vendre, Ceuta se défend", les manifestants brandissaient de nombreux drapeaux espagnols. Sur une pancarte, un message directement adressé au gouvernement de Pedro Sanchez: "Ceuta ne lâche jamais. C'est le gouvernement central qui lâche".

"Je veux défendre ma terre, défendre ma ville, là où je suis née, où j'ai grandi, et surtout je veux que l'on nous écoute" sur la péninsule, explique à l'AFP Miriam Delgado, 32 ans, vendeuse.

"Je suis fille de mère musulmane, mon père est chrétien, ici nous avons toujours vécu ensemble. La plus belle chose que possède notre terre, en plus d'être espagnole, c'est sa multiculturalité et le fait que nous nous entendons tous très bien", assure-t-elle.

Des manifestations ont également eu lieu dans de nombreuses autres villes d'Espagne, en solidarité avec Ceuta, mais aussi à l'appel de partis d'opposition de droite ou d'extrême droite, dénonçant le gouvernement de Pedro Sanchez pour sa gestion de la crise.

A Madrid, où plusieurs rassemblements étaient organisés, des dizaines de milliers de personnes y ont participé, ont constaté des journalistes de l'AFP.

- "Faire preuve d'empathie" -

La grande majorité des migrants arrivés il y a un mois à Ceuta sont marocains, a priori voués à être expulsés en tant que migrants économiques. Mais d'autres viennent de plus loin, comme Hibbane Saifi, qui entend demander l'asile.

Opposant au régime autoritaire des Comores, ce jeune homme de 32 ans explique avoir quitté son pays en 2024 via la Tanzanie, avant de remonter l'Afrique jusqu'au Maroc, et de profiter de l'"avalanche" migratoire des 30 et 31 juillet pour entrer à Ceuta.

Disant avoir "peur de retourner" dans son pays, où il est "menacé de mort", Hibbane a demandé la protection internationale en Espagne.

"Ce sont des personnes en situation de vulnérabilité, il faut faire preuve d'un peu d'empathie", souligne Halima Ahmed, porte-parole de l'association Luna Blanca, qui cuisine et distribue chaque jour des centaines de repas aux migrants.

Halima dit comprendre les manifestations, parce que "les gens sont fatigués, les gens en ont assez, les gens sont dépassés et ont peur". Mais cela ne légitime "aucune forme de violence" contre les migrants qui "sont des êtres humains avec une histoire très souvent très dramatique", conclut-elle.

H.M.Hernandez--TFWP