The Fort Worth Press - Dans une Grèce endeuillée par les incendies, la maison du "miracle"

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Dans une Grèce endeuillée par les incendies, la maison du "miracle"
Dans une Grèce endeuillée par les incendies, la maison du "miracle" / Photo: © AFP

Dans une Grèce endeuillée par les incendies, la maison du "miracle"

Lianna Vergidi n'en revient toujours pas du "miracle". A Porto Germeno, cernée par l'incendie qui a ravagé ces cinq derniers jours la région nord-ouest d'Athènes, les flammes se sont arrêtées littéralement aux portes de sa villa.

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La maison cubique d'un blanc immaculé domine sur son rocher les eaux transparentes de cette baie du golfe de Corinthe, à quelque 60 km de la capitale grecque.

Des troncs calcinés, c'est tout ce qu'il reste des arbres qui ombrageaient l'escalier de pierre qui dégringole jusqu'à la mer.

Les carcasses en acier d'un fauteuil balançoire au fond du jardin et d'une mobylette devant la porte d'entrée témoignent du passage du feu.

- Arrosages et draps mouillés -

Au grand soulagement de Lianna Vergidi et de son mari, venus mardi constater les dégâts, la villa est intacte.

A mesure que l'incendie s'approchait dangereusement vendredi sur les montagnes dominant Porto Germeno, petite cité balnéaire et lieu de villégiature de nombreux Athéniens, "nous nous sommes dit qu'il valait mieux partir", raconte cette Athénienne qui travaille dans la finance.

"Mon neveu est resté jusqu'à la dernière minute. Il a ouvert tous les robinets pour arroser les terrasses, le jardin, posé des draps mouillés derrière portes et fenêtres(...), la maison a été sauvée!", s'émeut-elle.

"Je crois que c'est comme ça que des gens ont pu protéger leurs maisons des flammes" au moment où les autorités ordonnaient l'évacuation des habitations, assure-t-elle.

Comme beaucoup à Porto Germeno, cette quinquagénaire critique les secours pour, selon elle, "leur faible réaction" et "l'inexplicable négligence de l'Etat".

"La forêt ici était très dense, c'était le poumon de l'Attique", la région autour d'Athènes, victime chaque été ou presque d'incendies ravageurs portés ces derniers jours par des vents violents, poursuit-elle.

- Fumerolles et sanglier -

Le feu est aujourd'hui éteint sur ce front de l'incendie qui a ravagé près de 12.000 hectares de la région.

Dans le ciel immaculé, le ballet des hélicoptères bombardiers d'eau se poursuit à la recherche de possible reprise de feu alors que durant l'incendie, les opérations des pompiers ont été en partie entravées par des vents très forts qui empêchaient le décollage des appareils de largage d'eau.

La vallée est désormais nappée de noir.

Troncs pelés et noircis sont alignés, figés par le brasier. Au hasard des flammèches portées par les vents, le couvert végétal a survécu à de rares endroits, ainsi que quelques champs d'oliviers.

Un camion de pompiers calciné est abandonné au beau milieu de la route. La dépouille gonflée d'un énorme sanglier empestant la charogne git sur le bas-côté.

Le sol chauffe désagréablement les semelles.

- "Funérailles géantes" -

Les premières habitations brûlées apparaissent à l'approche de la petite localité. Des dizaines de maisons ont été détruites sur les hauteurs, a constaté l'AFP.

"Quand j'ai vu qu'il n'y avait plus rien à faire vendredi soir, j'ai balancé quelques affaires dans la voiture et j'ai décampé", raconte Manolis Martsoukakis.

La modeste maison de briques que cet agent de sécurité louait n'est plus que ruines.

Dans la courette, Rocky, le chat miaulant et visiblement blessé, refuse de se laisser approcher.

Au milieu d'une forêt devenue cendres, de rares maisons ont échappé aux flammes.

Spyros, architecte à Athènes, s'étonne d'ailleurs de retrouver sa "maison de vacances debout".

Tout le coin "est dévasté, les maisons, la forêt, les animaux, comme des funérailles géantes...", se désespère le quinquagénaire.

- Rendez-vous au Jimmy's -

Court-circuit sur des câbles électriques ou défaillances sur les éoliennes surplombant la vallée, comme l'évoquent les médias nationaux ? Il se refuse à polémiquer sur les origines du feu.

A Porto Germeno, le café Jimmy's est devenu le centre névralgique où l'on vient aux nouvelles après le désastre.

Sylvia Gudunas y raconte son malheur. Cette Californienne d'adoption vient chaque été se ressourcer dans le berceau familial. Sa maison est l'une des rares à avoir été détruite en plein cœur de Porto Germeno.

"On n'aurait jamais imaginé que le feu allait venir en quelques heures", raconte-t-elle.

"On espère maintenant des aides du gouvernement", poursuit-elle avant de lancer: "Mais on reconstruira, c'est sûr".

Avant d'éclater en sanglots au spectacle de l'olivier centenaire "planté par sa grand-mère", éventré sur sa terrasse par la fournaise.

X.Silva--TFWP