The Fort Worth Press - Transformer un avion en bombardier d'eau, la quête de deux start-up toulousaines

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Transformer un avion en bombardier d'eau, la quête de deux start-up toulousaines
Transformer un avion en bombardier d'eau, la quête de deux start-up toulousaines / Photo: © AFP

Transformer un avion en bombardier d'eau, la quête de deux start-up toulousaines

Deux start-up toulousaines sont lancées dans une course à la transformation en bombardier d'eau de l'ATR 72, un avion régional à hélices, afin de pouvoir renforcer les moyens aériens de lutte anti-incendie dès 2029 face à la multiplication des feux de forêt.

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Le constat ne date pas d'hier : avec l'arrêt de la production des Canadair en 2015 et la livraison en 2028 au plus tôt des modèles fabriqués par le nouveau propriétaire des droits, De Havilland Canada, la flotte française de bombardiers d'eau est vieillissante.

Maintenance et réparations obligent, il est rare que la France puisse compter en même temps sur ses 12 Canadair et 8 Dash, y compris contre le mégafeu de Gironde.

C'est ce constat qui a conduit les fondateurs de Kepplair Evolution et Positive Aviation, deux start-up installées à Blagnac, près de Toulouse, à se lancer dans la conception d'un nouveau bombardier d'eau.

Contrairement à une autre société française, Hynaero, basée à Istres (Bouches-du-Rhône), qui repart de zéro pour concevoir un hydravion similaire au Canadair, la frégate F-100, les deux entreprises toulousaines veulent transformer un avion existant, l'ATR 72, construit par l'alliance ATR (Airbus et l'Italien Leonardo).

- "Urgent" -

Pour Eric Delesalle, directeur des essais en vol chez ATR pendant 20 ans et conseiller de Kepplair Evolution, il est "urgent" et "crucial" de développer une nouvelle génération d'appareils. "Aujourd'hui, on achète à prix d'or des avions dépassés", regrette-t-il.

Un nouveau Canadair, "c'est sympa sur le papier mais inabordable, ça coûte plusieurs milliards" de développement, abonde Laurent Schmitt, président de Positive Aviation.

Transformer un ATR présente plusieurs avantages, assurent M. Schmitt et son concurrent David Joubert, le patron de Kepplair Evolution : elle permet de sauter la longue et coûteuse phase de conception d'un nouvel avion et de bénéficier de la popularité de l'ATR 72 dans le monde, donc notamment d'une grande disponibilité des pièces détachées.

Tous deux estiment à 1.200 le nombre d'ATR 72 au total. "Un peu plus de 1.000" sont actuellement "en opération", précise ATR à l'AFP.

La France n'est pas le seul pays à avoir besoin de davantage de moyens aériens pour lutter contre les incendies, souvent d'origine humaine mais dont le dérèglement climatique favorise fortement l'apparition (températures, sécheresse). Kepplair Evolution et Positive Aviation estiment les besoins mondiaux à 400 bombardiers d'eau lors des dix prochaines années.

"Evidemment, pour un grand avionneur comme Airbus, Boeing ou Dassault, c'est ce qu'on appelle un marché de niche. Mais c'est quelque chose d'important", juge Laurent Schmitt, qui estime qu'en matière de lutte anti-incendie, "l'aéronautique n'est pas au rendez-vous de ses devoirs".

Les deux start-up ambitionnent d'être présentes à l'édition 2027 du Salon international de l'aéronautique et de l'espace du Bourget, près de Paris, mais n'ont pas encore atteint le stade du prototype.

- "Boîte à outils" -

Si la démarche est semblable, les deux hommes ont un positionnement aux antipodes. Laurent Schmitt, ancien ingénieur d'Airbus, revendique de chercher à "remplacer" le Canadair quand David Joubert veut ajouter un nouvel avion à la "boîte à outils géante" de la lutte anti-incendie.

Les deux projets diffèrent d'ailleurs sur un point clé : si le Kepplair 72 devra se poser pour être ravitaillé en eau ou en retardant --4 minutes de remplissage pour 10 minutes au sol au total, assure David Joubert--, le FF72 de Positive Aviation pourra se remplir en survolant un plan d'eau une douzaine de secondes, selon Laurent Schmitt.

Pour y parvenir, les équipes de Positive Aviation doivent équiper leur appareil d'un système d'écopage et de deux flotteurs géants (18 m de long pour 2 m de hauteur), fixés à la carlingue à l'aide de 8.000 rivets, qui lui permettront de se poser sur l'eau en cas de panne.

Pour le reste, les deux appareils accueilleront de grands réservoirs, d'une capacité de 7.500 tonnes d'eau pour le Kepplair 72 et de 8.000 pour le FF72 (contre 6.000 pour le Canadair), et des trappes permettant de larguer cette eau d'un seul coup pour exercer un effet de souffle sur les flammes.

Positive Aviation revendique une commande ferme de 10 FF72 de la part de l'entreprise américaine Briger Aerospace, tandis que Kepplair Evolution assure avoir reçu des lettres d'intention pour 18 appareils, ainsi que de la part de la Direction générale de la sécurité civile en 2024.

L.Davila--TFWP