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Un week-end dans la fournaise: 24 départements, dont ceux de la région parisienne, seront samedi en vigilance rouge en raison de la canicule, la troisième en deux mois, qui attise les incendies dans la moitié sud du pays.
Selon Météo-France, 59 autres départements passent en vigilance orange, et seuls les départements du Sud-Est et - pour les orages - la Corse restent en vigilance jaune, épargnés par les températures caniculaires.
Un total de 22,2 millions d'habitants - trois fois plus que vendredi - seront concernés par le plus haut niveau d'alerte défini par l'institut météorologique, selon un calcul de l'AFP à partir des données annuelles de l'Insee ne reflétant pas les déplacements des vacanciers.
Ce pic de chaleur coïncide justement avec le premier grand week-end de départs en congés.
La SNCF a indiqué assurer un service grande vitesse "normal" pendant le pont du 14-Juillet, avec 3.700 TGV prévus sur le week-end, mais compte supprimer un train Intercités sur trois aux heures chaudes de la journée tout en offrant des solutions de remplacement en autocar.
Jusqu'à 36°C sont attendus samedi à Paris et à Rennes, 38 à Bordeaux, 35 à Rouen ou encore 37 à Toulouse, et les températures pourront atteindre jusqu'à 39 voire 40°C "localement", a indiqué Météo-France.
"Une masse d'air très chaud stagne sur le pays pendant plusieurs jours, engendrant un épisode caniculaire durable", a expliqué le prévisionniste vendredi en fin d'après-midi.
Cet épisode de canicule va se prolonger "au moins jusqu'en milieu de semaine prochaine, avec néanmoins un probable début de baisse des températures par l'ouest du pays en début de semaine", ajoute l'Institut météorologique.
Les canicules à répétition sont un marqueur sans équivoque du changement climatique, principalement causé par la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, ont montré les climatologues.
Le gouvernement a déclenché vendredi un "plan Orsec chaleurs extrêmes" dans les départements en vigilance rouge, avec l'ouverture de "centres de protection" ou "de rafraîchissement" à destination des "personnes vulnérables", âgées, isolées ou sans-abri.
A Paris, placé en vigilance rouge "canicule extrême" à partir de midi, le Parti communiste a décidé d'ouvrir son siège de la place du Colonel-Fabien, climatisé, samedi et dimanche de 12H00 à 18H00.
L'exécutif a essuyé de nombreuses critiques mettant en cause une "impréparation" face aux chaleurs extrêmes. Une surmortalité a d'ores et déjà été enregistrée, en particulier chez les personnes âgées de plus de 75 ans.
- Pas de bals des pompiers -
Fortes chaleurs et sécheresse combinées créent aussi "une situation exceptionnelle de danger de feux de forêts sur l'ensemble du territoire", relève Météo-France. Plus de 25.000 hectares ont brûlé depuis le début de l'année, soit près du double de ce qui était mesuré en 2025 à la même date, d'après une estimation de la Sécurité civile.
Ces derniers jours, la France a affronté de multiples incendies, notamment dans les Pyrénées-Orientales (4.900 hectares parcourus), la Drôme (4.000 ha) et l'Indre (900 ha).
En Savoie, deux villages se retrouvent isolés par un feu de forêt. Si l'incendie, qui a parcouru 60 hectares, est désormais "stabilisé" selon la préfecture, plusieurs jours de travaux sont nécessaires pour sécuriser la seule route y menant.
Dans l'Ouest, en Loire-Atlantique, un camping et des habitations, soit 220 personnes, ont été évacués vendredi à La Plaine-sur-Mer en raison d'un incendie de végétation qui a parcouru 83 hectares avant d'être maîtrisé dans la soirée.
Autre conséquence des chaleurs extrêmes, l'augmentation conséquente du nombre de noyades: 131 personnes se sont noyées depuis le 19 juin, notamment des jeunes de moins de 18 ans et des personnes âgées de plus de 60 ans, selon les autorités.
"Les chiffres ne sont pas bons, on a une augmentation de près de 20% par rapport à l'année dernière", a déclaré vendredi la ministre des Sports et de la Jeunesse Marina Ferrari.
Les rendez-vous festifs eux aussi pâtissent de l'épisode caniculaire.
A Paris, le préfet de police a fait annuler les très populaires bals des pompiers traditionnellement organisés dans les casernes les 13 et 14 juillet, de même que des événements sportifs prévus en plein air ou dans des lieux non climatisés.
Et partout en France, de nombreuses villes ont d'ores et déjà renoncé aux feux d'artifice qui devaient être tirés pour la fête nationale.
T.Gilbert--TFWP