The Fort Worth Press - Une guerre de l’eau menace

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Une guerre de l’eau menace




Depuis l’intensification des hostilités entre les États‑Unis, Israël et l’Iran, un front inattendu fait frémir les diplomates et les marchés : l’eau. Téhéran a promis de riposter à l’attaque de ses installations énergétiques en détruisant les usines de dessalement des monarchies du Golfe, menaçant de plonger des millions de civils dans la soif et le chaos. Dans ces États désertiques, le dessalement fournit l’essentiel de l’eau potable ; le Koweït et Bahreïn dépendent respectivement à plus de 70 % et 90 % de ces installations. Leur destruction, comme les frappes qui ont déjà touché Bahreïn et l’Iran, créerait une pénurie en quelques jours, paralyserait hôpitaux et industries et risquerait de provoquer un exode massif.

La vulnérabilité est accentuée par la concentration des usines : une cinquantaine de sites produit l’essentiel de l’eau dessalée dans le Golfe. La région, qui fournit 40 % de l’eau dessalée mondiale, investit pourtant des milliards pour sécuriser ces infrastructures. Les frappes récentes soulignent toutefois que drones et missiles rendent la protection aléatoire. L’Iran, en proie à sa cinquième année de sécheresse, peine lui-même à développer ses capacités de dessalement. Les experts préviennent qu’une « guerre de l’eau » amplifierait les crises alimentaires et énergétiques et qu’attaquer une ressource indispensable à la vie civile constitue une violation du droit humanitaire.

Cette menace a des répercussions économiques immédiates. Les investisseurs se détournent des actifs risqués, les primes de crédit européen montent en flèche et les fonds de crédit privé — un secteur qui pèse quelque deux mille milliards de dollars — sont confrontés à des demandes de retraits massives. Des géants du secteur ont dû limiter les remboursements ou mobiliser leurs propres capitaux pour satisfaire les épargnants, tandis que les défauts de paiement s’envolent. Les marchés craignent que la hausse durable des prix de l’énergie, conséquence probable d’une escalade, ne réduise la trésorerie des entreprises emprunteuses et ne provoque une récession.

Dans les forums en ligne et les réseaux sociaux, l’inquiétude est palpable. Certains commentateurs rappellent qu’on s’attendait à ce que les guerres soient menées pour le pétrole, pas pour l’eau, et que l’on franchit un « point de non‑retour » en visant des dessalinisateurs. D’autres dénoncent l’absurdité de normaliser ce type de conflit et la responsabilité des puissances occidentales accusées de jouer avec le feu. Ces échanges révèlent une crainte partagée : si l’eau devient une arme, l’impact humanitaire et financier dépassera largement les frontières du Moyen‑Orient. En attendant une désescalade, les marchés restent nerveux et le monde retient son souffle.