The Fort Worth Press - Poutine profite du chaos

USD -
AED 3.672505
AFN 62.498444
ALL 82.527553
AMD 368.44994
ANG 1.79046
AOA 917.999994
ARS 1441.905096
AUD 1.423761
AWG 1.8025
AZN 1.697417
BAM 1.690457
BBD 2.018247
BDT 122.882912
BGN 1.66992
BHD 0.377927
BIF 2990.556229
BMD 1
BND 1.288338
BOB 6.907788
BRL 5.175196
BSD 1.002019
BTN 95.321771
BWP 13.55427
BYN 2.767703
BYR 19600
BZD 2.015388
CAD 1.394125
CDF 2275.999954
CHF 0.79796
CLF 0.023296
CLP 916.860026
CNY 6.77275
CNH 6.77572
COP 3576.68
CRC 462.400201
CUC 1
CUP 26.5
CVE 95.649822
CZK 20.90355
DJF 178.439918
DKK 6.46817
DOP 58.361022
DZD 133.61903
EGP 51.718502
ERN 15
ETB 161.549911
EUR 0.86539
FJD 2.219798
FKP 0.749189
GBP 0.746585
GEL 2.650109
GGP 0.749189
GHS 11.709813
GIP 0.749189
GMD 72.999971
GNF 8777.58428
GTQ 7.620003
GYD 209.14383
HKD 7.836895
HNL 26.795647
HRK 6.521298
HTG 131.017722
HUF 307.708502
IDR 17945
ILS 2.965398
IMP 0.749189
INR 95.16055
IQD 1310
IRR 1375174.999867
ISK 124.090119
JEP 0.749189
JMD 158.237664
JOD 0.709002
JPY 160.364499
KES 129.450078
KGS 87.449695
KHR 4025.298908
KMF 426.999643
KPW 899.855249
KRW 1525.255022
KWD 0.30919
KYD 0.833049
KZT 488.143446
LAK 22002.50177
LBP 89734.701127
LKR 337.385637
LRD 182.499452
LSL 16.520062
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.386408
MAD 9.25698
MDL 17.383563
MGA 4203.868564
MKD 53.342392
MMK 2099.173167
MNT 3578.677969
MOP 8.06868
MRU 40.01161
MUR 47.869982
MVR 15.460209
MWK 1737.604783
MXN 17.43251
MYR 4.063099
MZN 63.894795
NAD 16.510091
NGN 1359.859779
NIO 36.874025
NOK 9.50565
NPR 152.879713
NZD 1.718848
OMR 0.38451
PAB 0.999693
PEN 3.43075
PGK 4.385703
PHP 61.409504
PKR 278.851286
PLN 3.67026
PYG 6172.400946
QAR 3.645497
RON 4.533398
RSD 101.577007
RUB 71.9775
RWF 1467.281825
SAR 3.753948
SBD 8.045573
SCR 13.205996
SDG 600.513701
SEK 9.45875
SGD 1.286915
SHP 0.746601
SLE 24.649473
SLL 20969.502105
SOS 572.715851
SRD 37.473983
STD 20697.981008
STN 21.226732
SVC 8.747099
SYP 110.532098
SZL 16.480384
THB 32.898985
TJS 9.326724
TMT 3.51
TND 2.90875
TOP 2.40776
TRY 46.137199
TTD 6.78073
TWD 31.610501
TZS 2624.998024
UAH 45.015444
UGX 3771.10605
UYU 40.468298
UZS 12024.999869
VES 566.973195
VND 26314
VUV 119.284637
WST 2.746352
XAF 568.334091
XAG 0.015395
XAU 0.000237
XCD 2.70255
XCG 1.801626
XDR 0.706825
XOF 568.336554
XPF 103.749947
YER 238.649801
ZAR 16.531402
ZMK 9001.199098
ZMW 17.797205
ZWL 321.999592
  • AEX

    2.3000

    1049.2

    +0.22%

  • BEL20

    15.0300

    5579.92

    +0.27%

  • PX1

    12.3000

    8215.55

    +0.15%

  • ISEQ

    45.8100

    13135.5

    +0.35%

  • OSEBX

    1.7900

    1991.92

    +0.09%

  • PSI20

    -28.5800

    8902.89

    -0.32%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -53.7700

    4180.4

    -1.27%

  • N150

    9.6200

    4190.3

    +0.23%


Poutine profite du chaos




L’escalade actuelle au Moyen‑Orient a bouleversé l’ordre énergétique et géopolitique mondial. Lorsque les États‑Unis et Israël ont décidé d’attaquer l’Iran, la communauté internationale pensait qu’il s’agirait d’une opération rapide. La fermeture du détroit d’Ormuz et les frappes contre les infrastructures pétrolières ont toutefois paralysé le transport maritime et déclenché une flambée des prix. Cette situation a révélé un acteur qui, sans être directement impliqué, tire un profit considérable de ce chaos : la Russie.

À Moscou, le pouvoir s’est empressé de souligner que la hausse des cours du pétrole et du gaz renforce ses finances publiques. À l’heure où l’Europe et l’Amérique tentent de réduire la capacité de la Russie à financer sa guerre en Ukraine, plus de 30 % du budget fédéral russe provient des taxes sur les hydrocarbures et près de 40 % de ce budget est consacré aux dépenses militaires et de sécurité. Quand les États du Golfe ont vu leurs livraisons diminuer et que le brut international a dépassé les 100 dollars le baril, la variété russe Urals est montée au‑dessus de la référence mondiale, atteignant parfois 100 dollars le baril. Les nouvelles sanctions occidentales n’ont pas suffi : des dérogations temporaires ont permis à l’Inde d’acheter des cargaisons russes déjà en mer, doublant presque les exportations vers ce pays. Au fil des livraisons clandestines et des contournements de sanctions, le Kremlin engrange des revenus estimés à plus de 150 millions de dollars supplémentaires par jour.

La guerre iranienne a également fracturé la solidarité occidentale. Confrontée au risque de pénurie et à l’inflation, l’Europe a accepté de lever temporairement certains freins à la vente de pétrole russe afin de prévenir une nouvelle crise énergétique. Cette décision illustre la dépendance du continent : même sous sanctions, Moscou reste indispensable pour stabiliser les marchés. Des voix critiques en Europe soulignent que ce pragmatisme reviendra à financer la machine de guerre russe et affaiblit les efforts visant à soutenir l’Ukraine. L’Union Européenne a pourtant adopté un vingtième paquet de sanctions en mars, tout en constatant que son influence sur les cours est limitée par la fermeture d’Ormuz. Vladimir Poutine n’a pas manqué de rappeler, devant des caméras complaisantes, que la Russie demeurerait un fournisseur fiable mais qu’elle pourrait abandonner le marché européen pour des clients prêts à payer plus cher. La menace est claire : la guerre du Golfe pourrait pousser l’Europe dans une récession, ce qui forcerait Bruxelles à revoir sa stratégie et, implicitement, à relâcher la pression sur Moscou.

L’issue est d’autant plus paradoxale que les États‑Unis eux‑mêmes ont facilité cette situation. Pour éviter une explosion des prix domestiques, Washington a accordé une dérogation de 30 jours aux raffineurs indiens afin qu’ils puissent importer du brut russe déjà chargé. Officiellement limitée dans le temps, cette mesure a été saluée par les milieux d’affaires russes comme la reconnaissance que l’isolement de Moscou était impossible. En même temps, l’administration Trump a promis des escortes navales dans le détroit d’Ormuz afin de sécuriser les cargaisons, mais l’approvisionnement reste fragile et contribue à la volatilité des prix.

En toile de fond, la stratégie du Kremlin s’étend bien au‑delà des pipelines. Les récents événements montrent que Moscou tire parti de l’isolement international d’Israël et de la polarisation américaine pour gagner en influence. Alors que les gouvernements occidentaux dénoncent le bombardement iranien, les diplomates russes se posent en défenseurs du droit international. Cette posture gagne en crédibilité auprès des opinions publiques du Moyen‑Orient et même de certains pays du Sud global, qui voient dans la campagne occidentale contre l’Iran une manifestation de deux poids deux mesures. Poutine entretient également une entente tacite avec le premier ministre israélien ; tous deux partagent un intérêt à voir Washington affaibli sur plusieurs fronts. En suspendant les négociations avec Kiev et en intensifiant ses opérations militaires, la Russie profite de la diversion géopolitique pour consolider ses gains sur le terrain.

Dans les rues de Russie et d’Europe, le débat est électrique. Beaucoup rappellent que derrière chaque fluctuation du baril se trouvent des vies brisées et que le vrai gagnant n’est peut‑être ni un pays ni un chef d’État. Des voix citoyennes soulignent que les principaux bénéficiaires sont les marchands d’armes et certains conglomérats énergétiques, loin de la lumière médiatique. D’autres relèvent que la crise actuelle démontre à quel point l’économie mondiale reste dépendante des hydrocarbures et que toute tentative de réduction de cette dépendance déclenche des spasmes sur les marchés. Enfin, certains s’interrogent : l’Occident n’est‑il pas en train de sacrifier ses principes en jouant avec les sanctions au gré des intérêts économiques ? Les dirigeants européens insistent sur le fait que ces mesures sont transitoires et qu’il faut continuer à soutenir l’Ukraine, mais leurs citoyens voient la logique financière l’emporter sur la solidarité.

L’expression « grand gagnant » est donc trompeuse. Elle cache la complexité des intérêts en jeu et la fragilité des positions acquises. À court terme, la Russie profite indéniablement de la fermeture d’Ormuz et de l’augmentation des prix pour renflouer ses caisses et poursuivre sa guerre. Mais cette rente est précaire : elle dépend de la durée du conflit, des décisions américaines et européennes et de la capacité des pays du Golfe à rétablir leurs exportations. Dans un monde saturé d’incertitudes, chaque jour de chaos au Moyen‑Orient renforce le pouvoir de Moscou. Pour combien de temps ?