The Fort Worth Press - Pourquoi changer la Carte?

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Pourquoi changer la Carte?




De l’Amazonie à l’Indo-Pacifique, la carte politique du monde est redevenue un champ de bataille. Plusieurs gouvernements cherchent à modifier des lignes tracées parfois il y a plus d’un siècle — sur terre comme en mer. Derrière ces offensives cartographiques se mêlent hydrocarbures, accès portuaire, sécurité, influence et calculs de politique intérieure. Le tout sous arbitrage incertain d’un droit international mis à rude épreuve.

L’or et le pétrole reconfigurent la Guyane et le Venezuela. En 2023, Caracas a consulté sa population sur l’annexion de l’Essequibo, un territoire représentant près des deux tiers du Guyana. Malgré des mesures conservatoires internationales rappelées le 2 mai 2025, des « élections » locales ont ensuite été organisées côté vénézuélien fin mai, dénoncées par Georgetown et ses partenaires. L’enjeu est colossal : l’Essequibo et son large offshore abritent d’importantes ressources — dont une production pétrolière en plein essor — qui peuvent rebattre la carte économique du continent.

La quête d’un accès à la mer ravive la tension dans la Corne de l’Afrique. Le 1–2 janvier 2024, un protocole d’accord entre l’Éthiopie (pays enclavé) et le Somaliland a promis un point d’appui côtier contre une reconnaissance politique fortement contestée par la Somalie, qui a rapidement légiféré pour l’annuler. Sous médiation, Addis-Abeba et Mogadiscio ont accepté d’ouvrir des « discussions techniques » en 2025, mais l’épisode a rappelé combien la simple perspective de modifier une carte peut embraser une région stratégique.

Caucase : du gel du conflit au redessin des frontières. Après la reconquête éclair de 2023 à Nagorny-Karabakh, l’Azerbaïdjan et l’Arménie ont enclenché en avril-mai 2024 une délimitation sensible de leur frontière, avec la restitution de quatre villages à Bakou et la pose de premiers jalons frontaliers. Si ce processus rapproche d’un traité de paix, il reste inflammable politiquement à Erevan comme à Bakou, où chaque mètre carré est chargé d’histoire et de sécurité.

Indo-Pacifique : la « carte-diplomatie » gagne la mer. Pékin use d’outils symboliques (cartes « standard », toponymie) et juridiques (lignes de base) pour appuyer ses vues, notamment vis-à-vis de l’Arunachal Pradesh ou en mer de Chine méridionale. New Delhi rejette ces prétentions, tandis que Manille a modernisé fin 2024 son cadre légal maritime et que Hanoï a déposé en 2025 de nouvelles coordonnées de ligne de base dans le golfe du Tonkin. Dans les Spratleys, le rythme d’extension insulaire vietnamien s’est encore accéléré en 2025, alimentant une compétition d’aménagements et d’incidents en mer.

Sahara occidental : bataille de soutiens et d’atlas. En 2025, de nouveaux acteurs ont appuyé le plan d’autonomie proposé par Rabat, consolidant une tendance diplomatique engagée depuis 2020. Cette dynamique se reflète déjà dans certaines cartes officielles et fiches pays, tout en heurtant la position du Front Polisario et de ses soutiens, qui continuent de plaider pour un référendum d’autodétermination.

Arctique : la carte des fonds marins se précise. Au-delà des 200 milles, ce sont les droits sur le plateau continental étendu qui se jouent. Des recommandations onusiennes rendues en 2023 sur la soumission de la Russie ont clarifié une partie du puzzle, pendant que les États-Unis ont publié en décembre 2023 les limites extérieures de leur propre plateau. Le résultat n’est pas une « annexion » des eaux, mais l’attribution de droits sur le sous-sol marin — une cartographie précieuse pour les ressources et les câbles.

Le droit international comme garde-fou… et terrain d’influence. La Charte des Nations unies proscrit l’acquisition de territoire par la force ; la Convention sur le droit de la mer encadre les lignes de base, ZEE et plateaux continentaux ; la Cour internationale de Justice et la Commission des limites du plateau continental arbitrent des volets clés. Mais l’« arme de la carte » — référendums domestiques, toponymie, cartes officielles, infrastructures, élections locales — sert de levier politique et médiatique pour créer des « faits accomplis ».

Ce qui vient. Attendez-vous à davantage de « géo-administration » (lois maritimes, dépôts de coordonnées), de contentieux (CIJ, arbitrages) et de gestes symboliques (cartes mises à jour, renamings) autour de points névralgiques : couloirs logistiques, façades maritimes riches en hydrocarbures, frontières issues de l’ex-URSS, dorsales arctiques. La carte change rarement d’un coup de crayon ; elle se retouche par couches — juridiques, économiques, militaires — jusqu’à ce qu’un nouveau tracé s’impose.