The Fort Worth Press - Seul sur un atoll polynésien pendant 240 jours pour repenser notre lien au vivant

USD -
AED 3.672504
AFN 63.000368
ALL 82.776172
AMD 376.396497
ANG 1.790083
AOA 917.000367
ARS 1391.503978
AUD 1.422273
AWG 1.8025
AZN 1.70397
BAM 1.687271
BBD 2.010611
BDT 122.494932
BGN 1.709309
BHD 0.377087
BIF 2954.923867
BMD 1
BND 1.276711
BOB 6.898158
BRL 5.313404
BSD 0.998318
BTN 93.32787
BWP 13.612561
BYN 3.028771
BYR 19600
BZD 2.007764
CAD 1.37265
CDF 2275.000362
CHF 0.78844
CLF 0.023504
CLP 928.050396
CNY 6.886404
CNH 6.906095
COP 3669.412932
CRC 466.289954
CUC 1
CUP 26.5
CVE 95.125739
CZK 21.149204
DJF 177.768192
DKK 6.457504
DOP 59.25894
DZD 132.24804
EGP 51.758616
ERN 15
ETB 157.330889
EUR 0.862704
FJD 2.21445
FKP 0.75164
GBP 0.749681
GEL 2.71504
GGP 0.75164
GHS 10.882112
GIP 0.75164
GMD 73.503851
GNF 8750.377432
GTQ 7.646983
GYD 208.85994
HKD 7.83525
HNL 26.423673
HRK 6.511304
HTG 130.966657
HUF 339.680388
IDR 16956.2
ILS 3.109125
IMP 0.75164
INR 94.01055
IQD 1307.768624
IRR 1315625.000352
ISK 124.270386
JEP 0.75164
JMD 156.839063
JOD 0.70904
JPY 159.240385
KES 129.327524
KGS 87.447904
KHR 3989.129966
KMF 427.00035
KPW 899.870128
KRW 1505.310383
KWD 0.30657
KYD 0.831903
KZT 479.946513
LAK 21437.260061
LBP 89404.995039
LKR 311.417849
LRD 182.685589
LSL 16.84053
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.39089
MAD 9.328473
MDL 17.385153
MGA 4162.53289
MKD 53.176897
MMK 2099.940821
MNT 3585.542519
MOP 8.05806
MRU 39.961178
MUR 46.510378
MVR 15.460378
MWK 1731.096062
MXN 17.898204
MYR 3.939039
MZN 63.903729
NAD 16.84053
NGN 1356.250377
NIO 36.733814
NOK 9.569995
NPR 149.324936
NZD 1.712622
OMR 0.384504
PAB 0.998318
PEN 3.451408
PGK 4.309192
PHP 60.150375
PKR 278.721304
PLN 3.69475
PYG 6520.295044
QAR 3.65052
RON 4.401504
RSD 101.324246
RUB 82.822413
RWF 1452.529871
SAR 3.754657
SBD 8.05166
SCR 13.69771
SDG 601.000339
SEK 9.344038
SGD 1.282504
SHP 0.750259
SLE 24.575038
SLL 20969.510825
SOS 570.504249
SRD 37.487504
STD 20697.981008
STN 21.136177
SVC 8.734849
SYP 110.536894
SZL 16.845965
THB 32.908038
TJS 9.588492
TMT 3.51
TND 2.948367
TOP 2.40776
TRY 44.252504
TTD 6.773066
TWD 32.036704
TZS 2595.522581
UAH 43.73308
UGX 3773.454687
UYU 40.227753
UZS 12170.987361
VES 454.69063
VND 26312
VUV 119.352434
WST 2.727514
XAF 565.894837
XAG 0.01471
XAU 0.000222
XCD 2.70255
XCG 1.799163
XDR 0.703792
XOF 565.894837
XPF 102.885735
YER 238.603589
ZAR 17.12748
ZMK 9001.203584
ZMW 19.491869
ZWL 321.999592
  • AEX

    -16.0300

    961.62

    -1.64%

  • BEL20

    -88.0900

    4916.79

    -1.76%

  • PX1

    -142.1000

    7665.62

    -1.82%

  • ISEQ

    -203.0200

    11881.24

    -1.68%

  • OSEBX

    -31.9800

    1966.5

    -1.6%

  • PSI20

    -190.5700

    8756.26

    -2.13%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -27.8400

    3634.93

    -0.76%

  • N150

    -58.3500

    3755.58

    -1.53%

Seul sur un atoll polynésien pendant 240 jours pour repenser notre lien au vivant
Seul sur un atoll polynésien pendant 240 jours pour repenser notre lien au vivant / Photo: © AFP/Archives

Seul sur un atoll polynésien pendant 240 jours pour repenser notre lien au vivant

Il est biologiste marin et a vécu près de huit mois sur un atoll isolé de l'archipel des Tuamotu, en Polynésie française. Une expérience scientifique et humaine inédite, en autonomie complète, par laquelle Matthieu Juncker a voulu réconcilier rigueur des données et vécu émotionnel.

Taille du texte:

De retour depuis fin février en Nouvelle-Calédonie, où il vit, le quadragénaire partage son aventure à travers des conférences, tout en travaillant sur des articles scientifiques. Un film est également en cours de montage à Paris.

"La donnée est une chose, mais voir les coraux mourir sous mes yeux a provoqué une émotion que je n'avais jamais ressentie", confie à l'AFP M. Juncker.

Cette immersion prolongée lui a permis d'observer de près les bouleversements écologiques à l'oeuvre dans cette partie du Pacifique Sud. Son premier article portera sur l'état de santé du récif corallien, affecté par une vague de chaleur marine d'une ampleur inédite dans cet océan.

"Un tiers du récif est mort. La température de l'eau est restée à 30,5 degrés pendant plus de cinq semaines, jusqu'à six mètres de profondeur", témoigne-t-il.

Deux autres publications porteront sur le titi, ou chevalier des Tuamotu, un oiseau endémique. L'une analysera l'effondrement de sa population, tombée d'environ 185 individus en 2003 à une soixantaine en 2024. L'autre détaillera des comportements jusque-là méconnus, parfois en contradiction avec la littérature scientifique.

"Ce que j'ai appris, c'est que beaucoup de choses que je pensais savoir étaient fausses", observe-t-il.

- "Tellement insignifiant" -

Pour le scientifique, ce type de voyage au long cours permet une observation fine, impossible lors des missions scientifiques classiques où le temps est compté.

Il a ainsi enrichi les connaissances sur les crabes de cocotiers, en observant des comportements en mer jusque-là insoupçonnés, alors qu'on pensait qu'ils ne s'y rendaient que pour se reproduire.

Mais au-delà des résultats, cette expédition fut aussi une traversée intérieure. La durée, l'isolement, l'environnement mouvant - où les tempêtes déplacent en une nuit des centaines de mètres cubes de sable, modifiant la physionomie du motu (îlot) - l'ont confronté à une forme de vertige.

"On se sent tellement insignifiant au milieu du lagon, la nuit, sous le ciel étoilé." Il évoque une solitude parfois violente, ressentie "comme un poignard dans le ventre", mais aussi un fort sentiment d'appartenance au vivant. "J'étais hypersensible à mon environnement", souligne le naturaliste, motivé par le désir, à son échelle, de contribuer à la préservation du milieu.

L'expérience a toutefois été interrompue par l'insurrection en Nouvelle-Calédonie en mai 2024. Incapable de joindre ses proches par téléphone satellite, il décide de quitter l'atoll pour les retrouver. Mais y retourne après un mois et demi d'interruption, pour achever sa mission.

Depuis, il raconte cette aventure dans des conférences, défendant une approche sensible de la recherche, convaincu qu'"une exploration ne vaut que si elle est partagée".

Son passage a suscité un élan local: une association dédiée à la protection de ces écosystèmes fragiles a été créée le 15 janvier. Elle regroupe déjà 180 membres issus des motus voisins.

Le grand public devrait découvrir bientôt son histoire au cinéma. Un documentaire, tiré de près de 300 heures de rushs, coproduit par Galatée Films - qui a notamment produit "Microcosmos" -, France Télévisions et Ushuaïa, est attendu à l'automne.

W.Knight--TFWP