The Fort Worth Press - L'union fait la force des femelles bonobos

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L'union fait la force des femelles bonobos
L'union fait la force des femelles bonobos / Photo: © DPA/AFP/Archives

L'union fait la force des femelles bonobos

Elles ont moins de force que les mâles et pourtant les femelles bonobos ont un statut social plus élevé dans ces communautés de primates, qu'une nouvelle étude explique par leur capacité à former des coalitions.

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Avec les chimpanzés, les bonobos sont nos plus proches cousins dans l'ordre des primates. Mais ils se "distinguent de toutes les autres espèces de grands singes par le fait que les femelles occupent un rang élevé dans leur communauté", rappelle l'étude parue jeudi dans Nature Communications Biology.

Pour preuve, ce sont les femelles "qui décident quand et avec qui s'accoupler", décrit un communiqué de l'Institut Max Planck sur le comportement animal, auquel est affilié une superviseure de l'étude, Barbara Fruth.

Ce sont elles aussi qui ont priorité d'accès aux nourritures les plus prisées, "pendant que les mâles traînent dans les arbres en attendant leur tour".

Pourtant, un dimorphisme sexuel marqué fournit un avantage physique aux mâles, qui explique par exemple la domination incontestée de ces derniers chez les chimpanzés.

L'étude interroge le mécanisme d'évolution menant des femelles à dominer largement un groupe, "un phénomène rare chez les animaux sociaux", et propre à certaines espèces. Comme les hyènes tachetées, où les femelles ont la même dimension, et la même force, que les mâles.

Plusieurs hypothèses pouvaient expliquer le phénomène, mais "aucune n'avait été testée chez des bonobos sauvages vivant dans leur jungle", selon Barbara Fruth.

Une équipe internationale de chercheurs a fouillé, sous la direction de Martin Surbeck à l'Université d'Harvard, trente ans de données collectées sur six communautés de bonobos de la République démocratique du Congo, leur seul pays d'habitat sauvage.

Avec pour résultat qu'"autant que l'on sache, c'est la première preuve que la solidarité entre femelles peut inverser la structure de pouvoir favorisant les mâles, qui caractérise de nombreuses communautés de mammifères", selon Martin Surbeck, cité dans le communiqué.

- En quelques secondes -

En étudiant près de 1.800 situations de conflit, dont plus de la moitié a été remportée par des femelles, ils ont écarté deux hypothèses.

Celle de l'auto-organisation, où une forte proportion de mâles débouche sur un grand nombre de conflits entre eux, qui laisse un espace à des femelles pour s'affirmer. Et celle du contrôle sur la reproduction, où l'absence de signes extérieurs de la période de fertilité d'une femelle incite les mâles à en rabattre.

Restait celle de la coalition, déjà décrite épisodiquement dans des communautés de bonobos, où les femelles se liguent contre un mâle agressant une de leurs congénères ou son petit.

Une situation "qui n'est pas la règle", selon Barbara Fruth, mais qui fait que "les femelles bénéficient d'un statut élevé plutôt que d'une domination incontestée".

Statut qu'elles peuvent défendre férocement, avec d'abord des concerts de hurlements si puissants qu'"on s'en bouche les oreilles", selon la chercheuse. Et au besoin une véritable poursuite du mâle jugé fautif, avec une correction dont les séquelles peuvent être fatales.

Cette coalition, qui se forme en quelques secondes, est suffisamment dissuasive pour que les mâles "n'essaient pas de dépasser les bornes", selon Barbara Fruth.

Elle est d’autant plus surprenante que chez les bonobos, ce sont les femelles qui migrent le plus souvent d'une communauté vers une autre. Ce qui exclut l'explication de formation de bandes liées par une même origine.

pcl/grd/hdz

G.George--TFWP