The Fort Worth Press - Cinq ans après le début du Covid et le confinement, des traces dans les mémoires de Français

USD -
AED 3.672498
AFN 65.99991
ALL 81.873378
AMD 378.439802
ANG 1.79008
AOA 917.000148
ARS 1448.487698
AUD 1.429899
AWG 1.8
AZN 1.712449
BAM 1.658498
BBD 2.01317
BDT 122.152876
BGN 1.67937
BHD 0.377029
BIF 2961.725511
BMD 1
BND 1.270543
BOB 6.906845
BRL 5.229803
BSD 0.999546
BTN 90.307481
BWP 13.806116
BYN 2.86383
BYR 19600
BZD 2.010235
CAD 1.36624
CDF 2154.999626
CHF 0.776945
CLF 0.02185
CLP 862.749928
CNY 6.9465
CNH 6.934635
COP 3630.63
CRC 496.408795
CUC 1
CUP 26.5
CVE 93.503553
CZK 20.62655
DJF 177.998262
DKK 6.33157
DOP 62.937775
DZD 129.991046
EGP 46.951301
ERN 15
ETB 155.042675
EUR 0.84772
FJD 2.20415
FKP 0.732491
GBP 0.73095
GEL 2.695043
GGP 0.732491
GHS 10.950041
GIP 0.732491
GMD 73.501068
GNF 8769.058562
GTQ 7.666672
GYD 209.120397
HKD 7.81214
HNL 26.408086
HRK 6.3869
HTG 131.107644
HUF 322.772002
IDR 16766.9
ILS 3.09203
IMP 0.732491
INR 90.26235
IQD 1309.380459
IRR 42125.000158
ISK 122.920095
JEP 0.732491
JMD 156.640605
JOD 0.708964
JPY 155.856028
KES 129.000283
KGS 87.450297
KHR 4033.037668
KMF 417.999918
KPW 899.987247
KRW 1449.489768
KWD 0.30732
KYD 0.83298
KZT 501.119346
LAK 21499.832523
LBP 89508.041026
LKR 309.380459
LRD 185.911623
LSL 16.009531
LTL 2.95274
LVL 0.60489
LYD 6.319217
MAD 9.168716
MDL 16.926717
MGA 4429.877932
MKD 52.274308
MMK 2100.119929
MNT 3568.429082
MOP 8.04357
MRU 39.901294
MUR 45.889749
MVR 15.449674
MWK 1733.257012
MXN 17.286645
MYR 3.932499
MZN 63.749886
NAD 16.009531
NGN 1390.639711
NIO 36.785781
NOK 9.664365
NPR 144.492309
NZD 1.658525
OMR 0.384522
PAB 0.999521
PEN 3.364907
PGK 4.282347
PHP 59.127012
PKR 279.545138
PLN 3.57944
PYG 6631.277242
QAR 3.634567
RON 4.321031
RSD 99.548006
RUB 77.018176
RWF 1458.783824
SAR 3.750085
SBD 8.058101
SCR 13.790532
SDG 601.496925
SEK 8.91905
SGD 1.27107
SHP 0.750259
SLE 24.47503
SLL 20969.499267
SOS 570.272883
SRD 38.114498
STD 20697.981008
STN 20.775741
SVC 8.746163
SYP 11059.574895
SZL 16.015332
THB 31.573496
TJS 9.340767
TMT 3.51
TND 2.890372
TOP 2.40776
TRY 43.480601
TTD 6.770319
TWD 31.604497
TZS 2584.039658
UAH 43.256279
UGX 3563.251531
UYU 38.49872
UZS 12236.487289
VES 371.640565
VND 26002
VUV 119.537583
WST 2.726316
XAF 556.244594
XAG 0.011336
XAU 0.000202
XCD 2.70255
XCG 1.801384
XDR 0.691072
XOF 556.244594
XPF 101.131218
YER 238.374986
ZAR 15.97435
ZMK 9001.1992
ZMW 19.615608
ZWL 321.999592
  • AEX

    -15.5500

    993.99

    -1.54%

  • BEL20

    40.4000

    5499.51

    +0.74%

  • PX1

    -1.6400

    8179.5

    -0.02%

  • ISEQ

    -5.3500

    13374.17

    -0.04%

  • OSEBX

    2.6400

    1759.71

    +0.15%

  • PSI20

    121.8900

    8828.16

    +1.4%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    42.3400

    4113.69

    +1.04%

  • N150

    11.8400

    3959.8

    +0.3%

Cinq ans après le début du Covid et le confinement, des traces dans les mémoires de Français
Cinq ans après le début du Covid et le confinement, des traces dans les mémoires de Français / Photo: © AFP/Archives

Cinq ans après le début du Covid et le confinement, des traces dans les mémoires de Français

Anthropologue à l'université Paris-Cité, ancienne membre du conseil scientifique créé pendant la pandémie de Covid-19, Laëtitia Atlani-Duault travaille sur l'impact de diverses crises sur les mémoires.

Taille du texte:

Dans son livre "Covid-19 Ad Memoriam, Fragments pour les mémoires" (La Documentation française), elle éclaire plusieurs traces d'un "moment de basculement" par des témoignages anonymes récoltés de 2020 à 2024, des photographies d'objets quotidiens de l'ère Covid entrés au MuCem à Marseille, et des dessins de presse de Plantu.

Q. Vous évoquez des "traces profondes" du "moment de basculement individuel et collectif", voire de "rupture anthropologique", de la pandémie de Covid-19. Lesquelles vous paraissent significatives?

R. "Beaucoup ont perdu des proches, sans parfois pouvoir leur dire adieu ni voir une dernière fois leur visage, une expérience qui reste très marquante. Une naissance dans un pays confiné, des enfants à la maison avec des parents qui télétravaillent, des couples qui se déchirent, des familles séparées dans des pays différents, la douleur autour des Ehpad, et, parfois, le bonheur de cette période sont aussi dans les mémoires.

En même temps, la pandémie a accentué les lignes de fracture, comme le racontent les témoignages. Le virus, discriminant par nature, a frappé plus durement les plus vulnérables, en raison de leur âge, leurs conditions socio-économiques ou leurs origines étrangères. On voit également que les règles de gestion de crise, uniformes au nom de l’égalité, ont souvent aggravé des disparités existantes".

Q. La page Covid n'est pas vraiment refermée?

R. "Les effets de la crise ne sont pas tous derrière nous et nous vivons encore ses effets différés. Si nous avons appris à vivre avec le virus, si nos services hospitaliers ne sont plus débordés, si les principales mesures prises durant la pandémie font partie du passé, s’expriment encore des formes de désespérance et de souffrance sociale qui ne concernent pas que les familles endeuillées, voire de souffrance physique pour les personnes atteintes de Covid long.

Cette crise a laissé des marques profondes, elle a fait des morts, creusé les inégalités, sacrifié des étudiants, des professionnels et des malades, elle a parfois laissé un arrière-goût amer à tous ceux qui, applaudis tous les soirs au printemps 2020, se sont ensuite retrouvés rejetés dans l’anonymat et des conditions de travail plus difficiles qu’avant.

Il y a aussi un rapport aux vaccins affecté très fortement, une défiance plus forte dans les autorités".

Q. Pourquoi défendez-vous, à l'unisson d'associations et d'acteurs sanitaires, un devoir de mémoire pour la pandémie?

R. "Pour transmettre aux générations futures mais aussi tirer des enseignements pour se préparer aux crises à venir, pas seulement sanitaires. Les mémoires de la pandémie seront plurielles, mais l'important est d'imaginer collectivement des rituels de passage.

Depuis plusieurs années, des mairies ont organisé des hommages, tous les 17 mars. Pourquoi n'y a-t-il pas, du côté de l’État, de volonté d'une journée d'hommage inscrite au calendrier national, possiblement le 17 mars? Certains demandent des hommages aux victimes du Covid, d'autres aux endeuillés, d'autres encore aux soignants, ma proposition est d'un hommage à la société française tout entière. Ce serait une forme de contre-don du gouvernement, d'autant plus important qu'on parle beaucoup de défiance envers l’État et envers la science mais aussi de se préparer à d'autres crises majeures.

Plusieurs propositions de loi ont été déposées depuis 2021, sans succès, pour créer une journée d’hommage national inscrite au calendrier national. Une nouvelle, portée par un groupe transpartisan de députés et à laquelle j’ai contribué, vient d’être déposée le 11 mars pour relancer ce débat à l'Assemblée nationale.

Certaines mairies ont aussi créé des monuments en mémoire du Covid, mais il n'y a pas de lieu national. Comme il ne s’agit pas de tout attendre de l’État, je crée un lieu de mémoire de la pandémie: il ouvrira en septembre rue de l’École de médecine, au sein de l'université Paris-Cité, et sera un espace dédié avec des expositions permanentes et temporaires, des conférences et des événements".

H.M.Hernandez--TFWP