The Fort Worth Press - L'astéroïde Dimorphos a tout d'un tas de débris

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L'astéroïde Dimorphos a tout d'un tas de débris
L'astéroïde Dimorphos a tout d'un tas de débris / Photo: © NASA/Jons Hopkins APL/AFP/Archives

L'astéroïde Dimorphos a tout d'un tas de débris

L'astéroïde Dimorphos, objet d'une expérience inédite pour dévier sa trajectoire, a tout d'un tas de débris, issus de l'astéroïde plus gros Didymos autour duquel il est en orbite, selon une étude parue lundi.

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Dimorphos a été percuté en septembre 2022 par le vaisseau DART de la Nasa pour expérimenter la capacité à dévier de sa trajectoire un astéroïde qui risquerait de heurter la Terre.

Le succès de la mission, survenue à quelque 11 millions de kilomètres de la Terre, ne pouvait se mesurer que par la conséquence de l'impact sur l'orbite de Dimorphos autour de Didymos.

Dans ce drôle de couple, le premier astre, mesurant environ 160 mètres de diamètre, faisait initialement le tour du deuxième et de ses 800 mètres de diamètre, en presque 12 heures. Un temps raccourci de plus d'une demi-heure après l'impact. Le détail a été saisi en images par un micro-satellite italien qui accompagnait la mission DART, et suivi de la Terre par des télescopes.

Selon l'équipe internationale menée par Sabina Raducan, spécialiste des petits corps célestes à l'université de Berne, ces données "suggèrent que Dimorphos est un tas de débris", résume son étude dans Nature Astronomy.

"D'après les simulations, les seules solutions qu'on trouve supposent qu'initialement, Dimorphos était un +être+ très fragile qui a opposé très peu de résistance" à l'impact de DART et de ses 610 kg, explique à l'AFP le co-auteur de l'étude Patrick Michel, astrophysicien à l'Observatoire de la Côte d'Azur.

Une fragilité telle que "l'impact, au lieu de ne faire qu'un cratère d'une dizaine de mètres de diamètre, aurait en fait abouti à une déformation entière du corps" de l'astre, ajoute ce co-responsable de l'équipe DART.

- Champ de galets -

L'usage du conditionnel s'impose en attendant que la sonde HERA de l'agence spatiale européenne (ESA), qui doit atteindre Dimorphos en 2026, vienne examiner l'astéroïde avec des moyens beaucoup plus conséquents.

Dimorphos serait constitué d'un assemblage hétéroclite à base de silice, mais pas du genre "champ de sable comme à Saint-Tropez, plutôt un champ de galets comme à la promenade des Anglais à Nice, avec des rochers partout", sourit Patrick Michel. Plutôt petits puisque moins de 40% font plus de 2,5 mètres, selon les simulations confortées par les dernières images prises par DART avant que le vaisseau ne s'écrase.

Et surtout la structure de l'astre, qu'un radar basse-fréquence d'HERA permettra d'ausculter, se caractériserait par une grande porosité, expliquant sa fragilité.

Ce qui milite en faveur d'une naissance, et d'une croissance, à base de débris éjectés par son grand frère Didymos, qui tourne sur lui-même comme une toupie, dont il a d'ailleurs un peu la forme. Avec une rapidité suffisante pour éjecter une partie de sa matière par effet centrifuge, qui s'est agglomérée pour former Dimorphos.

Ce serait en soi une "bonne nouvelle" pour Patrick Michel, en confirmant qu'un astéroïde silicaté comme Dimorphos a à peu près le même comportement que les plus courants qui sont carbonés, comme Bennu ou Ryugu, "c'est-à-dire très peu de résistance".

On saurait donc déjà à qui l'on a affaire, s'il fallait dans un futur lointain en dévier un pour sauver la Terre. Une avancée de taille car ces objets "ont un comportement qui défie notre intuition, du fait de leur environnement très différent de celui de la Terre", souligne l'expert.

En 2029, l'astéroïde Apophis va passer près de la Terre, à quelque 32.000 kilomètres, offrant un "laboratoire naturel" pour l'étude de ces astres, anticipe-t-il.

Une mission est en préparation pour aller étudier le comportement d'Apophis durant son passage, sans besoin d'aller le toucher puisqu'il sera, lui, visible du sol.

D.Ford--TFWP