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Intouchable en montagne, Jonas Vingegaard a décroché mardi sa quatrième victoire en solitaire en autant d'arrivées au sommet dans le Tour d'Italie pour agrandir encore le gouffre avec la concurrence.
La brève incursion en Suisse lors de cette 16e étape entre Bellinzona et la station de Cari n'y aura rien changé: le Danois évolue dans une autre ligue dans ce Giro et ses premiers poursuivants au général, Felix Gall et Thymen Arensman, pointent désormais à plus de quatre minutes à cinq jours de l'arrivée finale à Rome.
"Il a montré une nouvelle fois qui était le patron, il fait juste son truc", a constaté Felix Gall, qui finit pour la quatrième fois à la deuxième place derrière Vingegaard, à plus d'une minute du boss, après avoir devancé Jai Hindley, Thymen Arensman et Derek Gee-West dans la dernière rampe menant à l'arrivée.
"Mes coéquipiers et moi-même étions très motivés à l'idée de gagner avec le maillot rose. On a choisi la première occasion de le faire car si ça ne marchait pas aujourd'hui on aurait d'autres opportunités", a commenté le vainqueur du jour qui avait pris les commandes du Giro samedi dernier à Pila.
Avec ce nouveau cavalier seul, Vingegaard poursuit une razzia plutôt inhabituelle pour ses standards en décrochant sa dixième victoire de la saison déjà, plus qu'aucun autre coureur du peloton, y compris Tadej Pogacar, qui en est à neuf.
Avant de venir au Giro, le Danois, pur coureur de courses par étapes, a gagné Paris-Nice et le Tour de Catalogne avec à chaque fois deux victoires d'étapes à la clé.
Sur le Tour d'Italie, privé de ses plus grands rivaux, il continue sur sa lancée et peut faire aussi bien que Pogacar qui avait remporté six étapes lors de l'édition 2024 avant de s'imposer également au Tour de France deux mois plus tard.
- Narvaez fait les points -
"Bien sûr, j'adorerais gagner encore une étape, a-t-il déclaré en conférence de presse. Mais je serais aussi très heureux de voir Davide Piganzoli terminer soit avec une étape soit avec le maillot blanc (de meilleur jeune, ndlr). C'est un équipier extrêmement précieux, un bon gars qui fera absolument tout pour moi. Si je peux l'aider un peu, ça me rendrait très fier."
La veille, lors de la journée de repos, il avait dit qu'il n'allait pas se contenter de courir défensivement et qu'il allait choisir ses jours pour garnir un peu plus son palmarès.
Mardi, au départ de l'étape, il a annoncé que le grand jour était déjà arrivé et qu'il visait bien la victoire en Suisse.
En conséquence, le Danois a fait rouler son équipe pour n'accorder pas plus de deux minutes d'avance à l'échappée dans laquelle avaient pris place Giulio Ciccone, parti à la chasse aux points de la montagne, et, malheureusement pour Paul Magnier, Jhonatan Narvaez, intéressé par le maillot cyclamen.
L'Equatorien, meilleur grimpeur que les purs sprinteurs, en a profité pour faire le plein au sprint intermédiaire pour revenir à deux unités de Magnier au classement par points.
Les agitations de Narvaez et Ciccone, très nerveux au point de rabrouer un de ses soigneurs coupable de lui avoir donné le mauvais bidon, ont permis d'animer les trois-quarts de l'étape courue sous un beau cagnard, avant l'explication finale dans la montée vers Cari.
Le jeu d'élimination a commencé directement: Giulio Pellizzari, à l'agonie, Afonso Eulalio et Ben O'Connor ont lâche dès le pied. Puis ce fut au tour de Mathys Rondel et Micheal Storer de reculer.
A 6,5 km de l'arrivée, ils n'étaient plus que six lorsque le sherpa de Vingegaard, Davide Piganzoli, après un dernier relais appuyé, s'est rangé pour laisser son leader s'envoler.
Comme d'habitude, Gall a été le seul à vraiment réagir avant d'attendre le retour des autres prétendants au podium pour tenter de limiter ensemble la casse sur l'inaccessible fusée rose partie à l'avant.
H.Carroll--TFWP